Attentat déjoué avant l'Euro-2016 : Reda Kriket prévoyait "une tuerie de masse particulièrement sanglante et organisée"

Attentat déjoué avant l'Euro-2016 : Reda Kriket prévoyait "une tuerie de masse particulièrement sanglante et organisée"

JUSTICE – Deux enquêteurs de la DGSI et un témoin anonymisé, spécialiste du déminage, ont témoigné ce mardi au procès de Reda Kriket et de six autres accusés poursuivis pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Selon eux, l'objectif des suspects était de "tuer un maximum de gens".

Lors de sa conférence de presse le 30 mars 2016, quatre jours après l'interpellation de Reda Kriket  et alors que des perquisitions venaient d'être réalisées dans l'appartement conspiratif d'Argenteuil, le procureur de la République François Molins avait été catégorique : le suspect préparait "une action terroriste imminente".

Les deux enquêteurs de la DGSI ainsi qu'un témoin anonymisé, spécialiste du déminage, entendus ce mardi dans le cadre du procès de Reda Kriket et de six autres accusés ont conclu la même chose. "Ils préparaient une action ultraviolente", raconte l'enquêteur 562SI, entendu en premier sans pouvoir confirmer la cible des terroristes présumés. À l'époque, le procureur de la République de Paris avait très vite parlé lui d'un attentat déjoué à l'Euro-2016, attaque qui devait être menée en juin. 

"Le chien ne doit pas rentrer"

L'enquêtrice SE572 de la DGSI, entendue peu après son collègue, n'a pu non plus confirmé la cible. Elle est toutefois certaine qu'"une tuerie de masse particulièrement sanglante et organisée" était prévue. En référence aux armes et explosifs retrouvés dans le studio loué depuis par Reda Kriket depuis août 2015 à Argenteuil, la policière fait état de "marqueurs clairs" attestant d'une volonté de "tuer un maximum de gens". 

Dans ce logement, ont notamment été retrouvés cinq Kalachnikov, sept armes de poing, de nombreuses munitions, 105 g de TATP (substance prisée des djihadistes du groupe État islamique), 1,3 kg d'explosif industriel, des milliers de billes métalliques...

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L'enquêtrice les avait d'ailleurs vus de près. De fait, c'est elle, accompagnée de ses équipes, que Reda Kriket a emmenée jusqu'à sa planque. "En arrivant devant l'immeuble du 185 boulevard Delambre à Argenteuil, je vois très bien qu'il se crispe", relate-t-elle à la cour ce mardi. "À 18h30, ce jour-là, Reda Kriket s'est tourné vers moi et m'a dit : 'Le chien ne doit pas rentrer dans l'appartement sinon il va croquer dans quelque chose et mourir'." 

Ce dont parle alors Reda Kriket est un contenant rempli d'explosifs qui, s'il avait été manipulé sans précaution, aurait pu faire de gros dégâts matériels et humains.  

Kriket conteste toujours tout projet terroriste

Au total, la perquisition durera plus de 14 heures, avec des démineurs de pointe venus en nombre. L'un d'eux, qui a travaillé dans l'armée et qui travaille depuis 2009 à la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion de crise, affirme à la barre n'avoir "jamais vu" un tel arsenal en France. Des armes et explosifs qu'il assure n'avoir retrouvé que sur des missions à l'étranger. 

Depuis son interpellation pourtant, Reda Kriket a toujours soutenu qu'il n'avait pas de projet terroriste. Il a également toujours contesté s'être radicalisé et s'être rendu en Syrie, comme le pensent les enquêteurs. 

L'accusé devrait s'exprimer demain matin après les témoignages des enquêteurs de la DGSI ce mardi.

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