Attentat déjoué avant l'Euro-2016 : "Je ne reconnais que les lois de mon Tout-Puissant", lance Reda Kriket

Attentat déjoué avant l'Euro-2016 : "Je ne reconnais que les lois de mon Tout-Puissant", lance Reda Kriket

JUSTICE - Le procès de Reda Kriket et de six autres accusés s'est ouvert ce lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris. Il doit se poursuivre jusqu'au 9 avril 2021.

"Je suis présent dans ce tribunal contre ma volonté. Je n'accepte et ne reconnais que les lois de mon Tout-Puissant, seule loi légitime à laquelle je me soumets dans ce bas monde comme dans l'au-delà, a déclaré Reda Kriket à l'ouverture de son procès devant la cour d'assises spéciale de Paris ce lundi matin. Au président qui lui demandait si, finalement, il avait des avocats, il a répondu en parlant de Me Nogueras et Me Bouzrou qui le représentent :"Je ne souhaite pas qu'ils me défendent, mais qu'ils défendent les articles de la loi qui n'est pas la mienne, avec une loi qui est votre loi. Je souhaite qu'ils me défendent uniquement sur les faits". 

Polo noir, cheveux courts noirs, barbe de trois jours, l'accusé, aujourd'hui âgé de 39 ans, comparait aux côtés de six hommes accusés d'avoir projeté un attentat djihadiste à quelques semaines de l'Euro-2016 de football. L'un d'eux, Anis Bahri, a refusé de comparaître. Celui-ci ayant signifié son refus, malgré une sommation à comparaître délivré par un huissier. "L'audience va se poursuivre en son absence", a indiqué le président, Laurent Raviot.

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Arsenal de guerre "d'une ampleur inédite"

Le 24 mars 2016, deux jours après les attentats de Bruxelles, les enquêteurs avaient découvert un arsenal de guerre "d'une ampleur inédite" dans un appartement d'Argenteuil (Val-d'Oise), loué sous une fausse identité par Reda Kriket. Des fusils d'assaut, des armes de poing et du TATP, avaient notamment été saisis. Reda Kriket a "depuis le début contesté tout projet d'attaque terroriste sur le sol français", a rappelé à la presse l'un de ses avocats, Me Yassine Bouzrou.  Au cours des interrogatoires qui ont suivi son interpellation au printemps 2016,  Reda Kriket  s'était également décrit comme musulman pratiquant mais pas extrémiste ou radical et avait contesté avoir séjourné en Syrie fin 2014-début 2015. 

Sur l'appartement conspiratif d'Argenteuil, il avait dans un premier temps indiqué que ce logement avait été loué par un certain "Abou Badr" qu'il côtoyait à l'époque mais dont il ignorait les intentions.  L'arsenal retrouvé ? Selon Reda Kriket, il avait été déposé là par ce fameux "Abou Badr" en son absence dans le logement.  

Dans un autre interrogatoire, le 28 mai 2019, Reda Kriket était finalement revenu sur cette version. Il avait ainsi soutenu que celui qu'il appelait "Abou Badr" n'existait pas, qu'il avait lui-même acheté une partie des armes découvertes dans l'appartement. Il avait déclaré que ces armes étaient destinées à l'interception de transport de stupéfiants et que les 11 000 billes métalliques saisies étaient destinées à un entraînement de Airsoft, cette activité dans laquelle sont utilisées des répliques d'armes à feu.

Condamné par défaut en juillet 2015

Délinquant multirécidiviste, condamné notamment pour vols et violences, Reda Kriket a également écopé en juillet 2015 de dix ans d'emprisonnement par le tribunal de Bruxelles Belgique, au procès d'une filière jihadiste vers la Syrie. Avec ses six co- accusés, Reda Kriket doit être jugé jusqu'au 9 avril pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, certains en état de récidive légale.   

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