Une vingtaine de faux pass sanitaires en une semaine : 18 mois de prison avec sursis pour une Bordelaise

Une vingtaine de faux pass sanitaires en une semaine : 18 mois de prison avec sursis pour une Bordelaise

ESCROQUERIE - Née en 2000, cette employée du plus grand centre de vaccination de Bordeaux, a été condamnée à 18 mois de prison avec sursis pour "escroqueries par une personne chargée d’une mission de service public", après avoir fourni de faux pass sanitaire.

Une vingtaine de faux pass sanitaire "pour "dépanner" ses amis et sa famille. Une jeune femme de 19 ans, employée du plus grand centre de vaccination de Bordeaux, Bordeaux-Lac, a été condamnée ce mercredi à 18 mois de prison avec sursis pour escroquerie.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux, qui la jugeait pour "escroqueries par personne chargée d'une mission de service public et modifications de données résultant d'un accès ou maintien frauduleux dans un système automatique de traitement des données", l'a également condamnée à une inéligibilité de 2 ans et à 5 ans d'interdiction d'exercer un emploi public.

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Le pass sanitaire, nouvel outil du quotidien

Interpellée lundi après le signalement d'un médecin pompier et une enquête de la police judiciaire, la jeune contractuelle, au casier judiciaire vierge, a reconnu avoir participé à la contrefaçon de 24 faux pass sanitaires au bénéfice de 16 personnes alors qu'elle était employée au vaccinodrome depuis le 1er septembre. 

Je voulais sortir avec mes amis au ciné, au resto- L'accusée

"J'ai fait n'importe quoi", a admis la jeune femme, un peu déboussolée, à la barre, en réfutant avoir agi pour de l'argent. "Je ne crois pas que cela a été fait sans contrepartie financière", a estimé au contraire le procureur de la République en requérant à son encontre une sanction d'"une particulière sévérité" : 18 mois d'emprisonnement dont 12 avec sursis avec placement sous mandat de dépôt ainsi que 3.000 euros d'amende. 

En exploitant le téléphone de la jeune femme, les policiers ont retrouvé des cartes vitales, des cartes d'identité et une quinzaine de QR codes, fabriqués sans grande précaution, parfois avec de grossières incohérences comme des dates de prescription qui pouvaient être postérieures aux dates d'injection.

Devant les juges, Samia G. a expliqué avoir seulement voulu rendre service à des amis, à sa famille ou à des proches d'amis, des personnes "qui ne voulaient pas se faire vacciner", d'après elle. "Je voulais sortir avec eux [ses amis] au ciné, au resto", a-t-elle justifié.

L'alerte donnée par un médecin pompier du centre

L'alerte avait été donnée dimanche par un médecin pompier du centre de vaccination qui avait notamment remarqué des connexions alors que le centre était vide de tout patient. Des certificats au nom de personnes non inscrites sur Doctolib avaient aussi été retrouvés dans la poubelle de l'ordinateur, explique le parquet.

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Faux pass sanitaires : le trafic s’organise

L'enquête confiée à la PJ de Bordeaux se poursuit concernant les bénéficiaires des faux documents, mais aussi pour vérifier l'existence d'éventuelles autres fraudes.

5 procédures en cours similaires à Bordeaux

Le parquet précise que cinq procédures sont actuellement suivies à Bordeaux pour des faits de ce type, trois confiées à la police judiciaire et deux à la gendarmerie. L'une d'elle a donné lieu à l'ouverture d'une information judiciaire qui a débouché à ce jour sur deux mises en examen dont une avec placement en détention provisoire.

Deux autres jeunes vacataires au mégacentre de vaccination de Bordeaux-Lac, âgées de 18 et 20 ans, seront jugées en correctionnelle en janvier à Bordeaux après avoir été interpellées en août pour avoir établi et délivré de faux certificats de vaccination, avec un bénéfice global dépassant le millier d'euros.

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