Clip de rap tourné à Oradour-sur-Glane : le chanteur s'excuse, le maire ne porte finalement pas plainte

Clip de rap tourné à Oradour-sur-Glane : le chanteur s'excuse, le maire ne porte finalement pas plainte

ENQUÊTE – Un rappeur prénommé Arafat a publié vendredi 22 janvier sur son compte Twitter le teaser d'un clip où l'on distingue les ruines du village martyr en Haute-Vienne. De quoi provoquer la colère du maire et des familles qui voulaient porter plainte mais qui ont finalement renoncé après les excuses du chanteur.

Quel pouvait être le but d'une telle démarche, aussi connotée ? C'est la question que tout le monde se pose. En fin de semaine dernière, Philippe Lacroix, le maire d'Oradour-Glane, avait annoncé, comme l'Association des familles des martyrs, son intention de porter plainte  à l'encontre d'un rappeur prénommé Arafat après avoir été informé de la diffusion d'images de son village apparaissant dans le clip de ce dernier. 

Le chanteur a en effet choisi le village de Haute-Vienne où, le 10 juin 1944, 642 villageois, hommes, femmes, enfants ont été massacrés par les nazis pour illustrer son dernier morceau.  Certaines séquences ont ainsi été tournées devant des ruines à l’intérieur du village martyr et ce, sans aucune demande ou autorisation de la mairie. 

Contacté par LCI ce lundi 25 janvier, le maire annonce que la plainte, qui devait être déposée ce lundi matin, ne le sera finalement pas. "Nous avons reçu un courrier dans la nuit de dimanche à lundi un mail auquel ce rappeur de Limoges a joint une lettre", explique-t-il. "Dans cette missive de deux pages, il nous présente ses excuses et indique qu'il regrette son geste, geste dont il n'avait pas mesuré les conséquences. Il précise qu'il avait visité le village d'Oradour-sur-Glane, qu'il a voulu faire ces images pour son clip dénonçant les violences faites aux femmes, et qu'il n'a jamais voulu heurter qui que ce soit". 

"Pas un espace pour exercer sa liberté d'expression" rappelle le maire

"Je n'ai vu que six à sept secondes de ce clip. On voit un jeune homme appuyé contre un mur du village, semblant exprimer un sentiment de douleur. Pas assez pour juger d'un rapport entre le morceau et le contexte", avait expliqué l'édile ce week-end au journal Le Populaire. "Le village martyr est un lieu mémoriel, ce n'est pas un espace pour exercer sa liberté d'expression", rappelait-il. "Nous nous devons, la commune, la Drac, le centre mémoriel d'être sans cesse vigilants et de réagir à chaque fois que le lieu, même s'il n'y a pas d'intention malveillante, n'est pas respecté comme il doit l'être", avait-il déclaré à nos confrères. "Un lieu qui (...) symbolise une forme de continuité républicaine, avec toujours une grande attention des gouvernements et présidents, quelle que soit leur tendance politique". 

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Le teaser retiré, le clip pas diffusé

Face aux réactions scandalisées, le rappeur fait profil bas. Après la polémique, le clip qui était prévu pour arriver sur les réseaux sociaux dimanche 24 janvier dans la soirée n'a pas été diffusé. De même, le teaser qui avait été publié en fin de semaine a été retiré et n'est désormais plus visible. 

Arafat n'a pas répondu aux médias qui l'ont contacté pour tenter de comprendre son choix et ses intentions. Il n'avait pas justifié non plus sur les réseaux ce lundi pourquoi il avait fait le choix de retirer le teaser. 

Le maire Philippe Lacroix insiste sur le fait que si le rappeur avait tourné des images choquantes ou s'il ne s'était pas excusé, il y aurait bien sûr eu plainte. "Nous gardons précieusement la lettre. Nous croyons ce jeune homme sincère dans son propos. Tout le monde peut faire des erreurs et a le droit à une seconde chance", conclut l'élu.

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