Violences sexuelles : Georges Tron se pourvoit en cassation, après sa condamnation à de la prison ferme

Violences sexuelles : Georges Tron se pourvoit en cassation, après sa condamnation à de la prison ferme

JUSTICE - Le maire de Draveil va se pourvoir en cassation et demander sa remsie en liberté, annonce ce jeudi son avocat. Georges Tron a été condamné, en appel ce jeudi, pour viol et agression sexuelle, à cinq ans de prison, dont trois ans ferme. Son adjointe à la culture de l'époque a, elle, écopé de deux ans avec sursis.

La cour d'assises de Paris s'était retirée ce mercredi matin vers 10h pour délibérer. Le verdict est tombé quelques heures plus tard, peu après 22h. L'ex-secrétaire d'État Georges Tron a été condamné en appel à cinq ans de prison, dont trois ans ferme, pour viol et agression sexuelle en réunion sur une collaboratrice de sa mairie de Draveil en 2009-2010. Sa coaccusée Brigitte Gruel, alors son adjointe à la Culture, a de son côté écopé de deux ans avec sursis. Le maire a également écopé d'une peine d'inéligibilité de six ans.

Ce verdict va au-delà des réquisitions du ministère public en ce qui concerne Georges Tron. L'avocat général avait requis cinq ans de prison, dont trois avec sursis, contre l'édile de 63 ans et demandé que la peine ferme soit plutôt effectuée sous bracelet électronique. La cour a en revanche acquitté les deux accusés de faits similaires que leur reprochait une deuxième plaignante, Eva Loubrieu. À la lecture du verdict, elle a éclaté en larmes et est sortie en trombe de la salle. Georges Tron, lui, a écouté la sentence sans laisser transparaître la moindre émotion. Il a remis sa montre à son avocat Antoine Vey, passé un appel téléphonique, puis est allé se placer dans le box vitré des accusés. Escorté par des gendarmes, il a été placé en détention.

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"Ces quatre semaines ont été extrêmement dures"

D'après deux anciennes employées de la commune de Draveil (Essonne), le maire LR de 63 ans leur a imposé des attouchements et pénétrations digitales entre 2007 et 2010, généralement lors de scènes de triolisme avec son adjointe à la Culture d'alors, Brigitte Gruel.

Les deux accusés, qui clament leur innocence - Georges Tron mettait en avant sa pratique de la réflexologie plantaire, se défendant de toute connotation sexuelle -, avaient été acquittés en première instance en 2018. Ils nient toute relation sexuelle avec les plaignantes ou même entre eux. "Quelle que soit la décision que la cour prendra, ces quatre semaines ont été extrêmement dures. Elles ont d'abord été physiquement dures et parce qu'elles ont obligé à aller au fin fond de soi-même", avait déclaré Georges Tron ce matin, vêtu d'un costume sombre, dans ses derniers mots à la cour.

Massages de pieds, mensonges, enregistrements...

Rendu public quelques jours après l'éclatement de l'affaire Dominique Strauss-Kahn en mai 2011, ce dossier en appel s'inscrit en plein débat sociétal sur les violences sexuelles et les rapports de pouvoir entre hommes et femmes. Un contexte que les parties civiles n'auront pas manqué d'invoquer durant les trois semaines de débats.

Massages de pieds, mensonges, retournements de veste, enregistrements clandestins, "omerta", descriptions crues de scènes sexuelles trioliques... Pendant quatre semaines aux longues journées, la cour s'est plongée dans le microcosme de la mairie de Draveil, commune de banlieue parisienne que Georges Tron dirige depuis 1995.  Cette affaire l'avait contraint à démissionner du gouvernement Fillon en 2011.

L'accusation et les parties civiles ont essayé de convaincre la cour que Georges Tron a exploité une "emprise" sur ses accusatrices Virginie Ettel et Eva Loubrieu. Selon eux, cet ascendant moral constitue une forme de contrainte - l'une des caractéristiques du viol et de l'agression sexuelle dans le code pénal.

En 2018, bien que jugeant crédible l'existence de scènes sexuelles, la cour d'assises de Seine-Saint-Denis avait estimé qu'il n'y avait cependant pas de contrainte, arguant notamment de contradictions et de mensonges de la part des plaignantes.

Pourvoi en cassation

 "On va faire un pourvoi en cassation", a déclaré jeudi soir son avocat Me Antoine Vey. "Toute le monde parle de ce procès comme s'il était terminé" mais "c'est une injustice" pour  Georges Tron car avec ce pourvoi, il reste "présumé innocent", a-t-il souligné alors qu'il était interrogé sur France 5.

"Il va faire une demande de mise en liberté", a ajouté l'avocat, en évoquant la possibilité que son client soit libéré sous bracelet électronique. "En matière criminelle, le doute doit profiter à l'accusé. Mais il y a une pression forte exercée par l'opinion publique" et par l'actualité nourrie par les affaires de violences sexuelles, qui font que "le doute ne profite plus à l'accusé", a-t-il regretté.

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