Fête sauvage sur les quais de Saône à Lyon : prison avec sursis pour les organisateurs

Une fête improvisée a eu lieu mardi sur les bords de la Saône. Une enquête a été ouverte pour trouver les organisateurs.

CONSÉQUENCES – Deux frères, âgés de 23 et 26 ans, ont été condamnés mardi 27 avril à trois mois d'emprisonnement avec sursis et trois cents euros d'amende, pour avoir été à l’origine d’une fête ayant rassemblé près de 300 personnes à Lyon le 30 mars dernier, malgré la crise sanitaire. Au tribunal correctionnel, les deux jeunes hommes ont fait profil bas.

Près de 300 personnes rassemblées sur les quais de Saône, dansant, sans masque : largement partagées sur les réseaux sociaux, les images de la fête sauvage s’étant tenue à Lyon le mardi 30 mars dernier avaient suscité un vif émoi. Un mois plus tard, ce mardi 27 avril, les deux frères à l’origine de cet événement ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Lyon à trois mois de prison avec sursis et trois cents euros d'amende. 

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"On a été dépassés par l'engouement des personnes, on a été pris par ce mouvement, par ce phénomène, on s'est laissé emporter", ont déclaré les deux frères, âgés de 23 et 26 ans, faisant profil bas à la barre. Arthur et Léo M. avaient provoqué le rassemblement en appelant à un "apéritif sonore" sur le compte Instagram de leur association,  nommée "Ex.Terre". Une association créée six mois auparavant, destinée à promouvoir la création musicale, et condamnée mardi à 1500 euros d’amende.

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"Un moment de folie et de liberté"

"On espère vous voir nombreux à venir profiter des dernières lueurs du jour avec nous", disait leur message posté dans l'après-midi. Leur appel avait attiré près de trois cents personnes en moins de deux heures. "On avait déjà fait ça dans des parcs à Lyon, on avait rarement passé la vingtaine", a assuré Léo, qui suit des études de régisseur de spectacle. "On a été pris dans un moment de folie et de liberté. Des gens ont été très heureux de danser pendant deux heures", a ajouté Arthur. 

Impressionné par les questions insistantes de la procureure, l'étudiant en master "qualité, hygiène, sécurité, environnement", a affirmé qu'il n'avait pas imaginé l'ampleur qu'allait prendre leur initiative, qui leur a valu d'être jugés pour mise en danger d'autrui, et rassemblement interdit sur la voie publique en état d'urgence sanitaire.

La procureure a requis de quatre à six mois d'emprisonnement avec sursis contre chacun des frères, et une amende de 7000 euros contre l'association. "Ils ont utilisé les réseaux sociaux pour cibler le plus de monde possible", a estimé Dominique Sauves, rappelant les risques inhérents à la situation sanitaire. La procureure a qualifié "d'immorale" l'organisation de leur rencontre musicale, méprisant "ceux qui sont décédés, les victimes, les personnels soignants".

"Qu'il est difficile d'avoir 20 ans en 2021. Notre jeunesse n'est-elle pas en train de craquer ? Elle n'a plus de vie sociale. Ses années d'insouciance ne sont plus rattrapables", a plaidé Me Mélanie Sanzoni. "Ces jeunes gens ne sont pas des rebelles", a fait valoir l'avocate de la défense, estimant qu'ils n'avaient "pas eu le cœur d'éteindre les enceintes".

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Les deux frères s’étaient rendus à la police dès le 2 avril. "Il est important pour nous d’assumer nos actes et leurs conséquences", avaient-ils déclaré alors. Au moment des faits, le préfet du Rhône avait dénoncé un rassemblement "irresponsable et inacceptable". Compte tenu de la proximité de la Saône et du danger qu’aurait créé une intervention, la police était restée en retrait. 

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