Paris : une infirmière suspectée de trafic de QR Codes dans un centre de vaccination

QR Code, attention aux falsifications

COVID-19 - Une infirmière travaillant au sein du centre de vaccination de l'hôpital Sainte-Anne à Paris a été suspendue, soupçonnée d'avoir établi de fausses attestations à des personnes n'ayant pas reçu d'injection.

C'est son brusque changement de comportement qui a alerté le personnel du centre de vaccination anti-Covid de l'hôpital Sainte-Anne à Paris. Une infirmière, venue en renfort dans ce centre depuis le mois de janvier, est soupçonnée par sa direction d’avoir "établi des certificats vaccinaux à des individus n’ayant pas reçu d’injections", a révélé France Inter ce mardi.

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"Ce qui a intrigué le personnel, c'est lorsqu'une de leurs collègues infirmières a soudainement souhaité s'occuper elle-même de certaines personnes et voulait les prendre en charge sans la présence d'un tiers. Ces personnes avaient toutes en commun d'avoir déjà eu le Covid, ce qui plaidait pour une seule injection avant d'obtenir le fameux QR Code attestant que vous êtes vacciné, mis en place très récemment", précise auprès de LCI la direction du GHU Paris, le Groupement Hospitalier Universitaire de Paris qui regroupe plusieurs hôpitaux, dont Sainte-Anne.

Prise en "flagrant délit"

Un membre du personnel, qui a souhaité rester anonyme, a donné les détails de la supercherie à France Inter : "Elle disait aux autres infirmières : 'C'est pour moi... il y a des gens qui vont arriver, c'est pour moi !'. Elle les faisait venir dans son box. Normalement, il y a deux infirmières par box (...). Mais là, elle demandait à sa collègue de sortir. Elle faisait ça avec au moins une dizaine de personnes par journée travaillée", raconte-t-il. 

Il y a une dizaine de jours, ses chefs de service sont informés du stratagème, mais ils veulent en avoir le cœur net. Alors, mercredi 2 juin, quand l’infirmière demande à se charger personnellement d’un couple en faisant sortir, une nouvelle fois, sa collègue, un médecin intervient. Il ne trouve aucune trace de pansement, ni de produit désinfectant. 

"Elle a été prise en flagrant délit. Ça a été un choc.... Et ça pose un problème de santé publique parce que les personnes qui ont obtenu un faux certificat de vaccination courent un risque... et elles font courir un risque aux autres", poursuit le membre du personnel. Faisait-elle cela contre rémunération ? La direction dit ne pas avoir recueilli d'éléments en ce sens pour le moment. À l'enquête de le déterminer.

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Au vu de tous ces éléments douteux, l'infirmière a aussitôt été suspendue. Une secrétaire en intérim "potentiellement impliquée puisqu'elle était a priori au courant de la situation" a vu également son contrat s’interrompre, a ajouté la direction du GHU de Paris, qui estime que ces cas "sont isolés et circonscrits, car très récents". "La mise en place d'attestations a apparemment créé un phénomène d'opportunité individuelle", reconnaît le GHU de Paris

Un signalement a par ailleurs été effectué auprès du procureur de la République, "ce qui pour un hôpital est l'équivalent d'un dépôt de plainte", souligne la direction. Mais aussi auprès de l'employeur principal de l'infirmière, de l’ordre infirmier et de l’ARS. La direction tient également à spécifier que "cette situation ne reflète en rien l'engagement de toutes les équipes alors que le cap du dix-millième vacciné vient d'être dépassé dans ce centre". 

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