Une usine de masques subventionnée par la Guadeloupe visée par une enquête

Une enquête préliminaire a été ouverte début mars 2021 pour "prise illégale d'intérêt, détournement de fonds publics, escroquerie aggravée et corruption".

ESCROQUERIE - Alors que la région Guadeloupe a versé 450.000 euros de subventions à la société Respire pour qu'elle fabrique des masques anti-Covid, des enquêteurs sont chargés de vérifier les conditions dans lesquelles ce montant a été octroyé.

Une enquête préliminaire a été ouverte début mars 2021 pour "prise illégale d'intérêt, détournement de fonds publics, escroquerie aggravée et corruption" à l'encontre d'une usine de masques chirurgicaux basée en Guadeloupe, a rapporté le procureur de Pointe-à-Pitre Patrick Desjardins ce mercredi 27 avril, confirmant une information du Canard Enchaîné.

L'entreprise Respire basée à Baie-Mahault, commune de la Basse-Terre, qui a créé cette usine, avait pour projet de procéder à la fabrication de masques anti-Covid. "Susceptible de bénéficier de subventions", a-t-il précisé, la région Guadeloupe lui aurait bel et bien versé "un montant de 450.000 euros".

Objectif de l'enquête ? "Vérifier les conditions dans lesquelles la subvention a été accordée et si les subventions ont été utilisées à bon escient", a ajouté le procureur. "Des investigations sont à mener" à Saint-Domingue, où une société du même nom serait domiciliée avec comme "actionnaires un Burkinabé et deux Guadeloupéens".

Les soupçons des enquêteurs portent notamment sur "la mise sur pied d'une usine bis chargée de fabriquer les masques à prix écrasés tandis que l'usine guadeloupéenne empochait les subventions", explique-t-il.

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L'ancien chef de cabinet du président de région soupçonné

Cité par l'hebdomadaire satirique comme actionnaire de cette société, Rodrigue Solitude - l'ancien chef de cabinet d'Ary Chalus, le président de région - a réagi en disant qu'il "(n'était) pas actionnaire", et qu'il "se (réservait) aussi le droit de porter plainte contre le Canard Enchaîné" et "quiconque qui aurait imité, qui aurait utilisé (son) nom et (sa) signature".

Ary Chalus a quant à lui déclaré avoir "la conscience tranquille" dans cette affaire et a dénoncé des manœuvres pour "essayer de salir (son) image" en période électorale. 

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La région Guadeloupe, elle, avait indiqué ce mardi soir qu'"elle se (réservait) le droit de se constituer partie civile", et que "l'accompagnement régional (avait) été porté dans les règles de l'art et dans un respect strict de la réglementation".

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