Crack à Paris : le préfet de police règle ses comptes avec Anne Hidalgo

Crack à Paris : le préfet de police règle ses comptes avec Anne Hidalgo

SOCIÉTÉ - Dans une interview ce mardi matin, la maire PS de Paris estime que Didier Lallement " abandonne" certains quartiers en proie à la drogue, notamment la rue Riquet. Outré par ces accusations, ce dernier n'a pas tardé à réagir, recadrant l'édile.

Ce n'est pas leur première prise de bec sur le sujet. Déjà au début de l'été, le préfet de police et la maire de Paris s'étaient écharpés au sujet de l'évacuation du jardin d'Éole. Anne Hidalgo souhaitait en effet restituer le parc aux riverains  au plus tard le 30 juin, en en faisant sortir les toxicomanes. Ce fut chose faite. Seul hic et pas des moindres, les consommateurs se sont alors retrouvés sur le bitume, au niveau du pont Riquet.  Depuis, ils sont une centaine chaque jour à snifer, à se piquer, à se battre ou à dealer en pleine rue, contraignant les riverains à contourner la zone. Et si mercredi dernier le premier ministre Jean Castex a donné son feu vert pour aménager de nouvelles salles, dont des "salles de shoot" dans la capitale, la bataille entre gouvernement et municipalité ne semble pas terminée. 

Ainsi, ce mardi 21 septembre, Anne Hidalgo s'en est pris une nouvelle fois aux représentants du gouvernement et de la préfecture de police de Paris. "Ce qui va pas du tout aujourd'hui, c'est quand le ministère de l'Intérieur, le préfet de police de Paris ne jouent pas leur rôle, quand ils abandonnent. Lorsqu'ils laissent des quartiers entiers, je pense à la rue Riquet, j'y serai ce soir, où il y a là un énorme espace de deal, un marché de la drogue et du crack sous les yeux de tout le monde avec un préfet de police qui regarde, qui n'intervient pas. C'est scandaleux (…) Je dis au ministre de l'Intérieur, puisque je n'arrive pas à obtenir du préfet de police qu'il joue son rôle, je veux qu'on règle ce problème aussi. Qu'il vienne avec moi, avec la population rue Riquet" a critiqué l'édile sur BFM

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La situation ne peur "rester en l'état"

Le préfet de police Didier Lallement n'a pas tardé à réagir indiquant avoir "pris connaissance avec étonnement des critiques publiques de la maire de Paris . Dans un communiqué publié ce mardi midi, il rappelle "que c’est la maire de Paris et elle seule qui a décidé de fermer aux toxicomanes le jardin d’Éole sans lieu alternatif, les installant ainsi rues Riquet et d'Aubervilliers, et cela malgré son avis défavorable. Ce sont ses agents qui interdisent aux toxicomanes l'entrée du parc et qui créent le point de fixation dans ces rues étroites et densément habitées, à proximité d'écoles."

Dès la fin juin dans des courriers et devant le Conseil de Paris, la préfecture de police avait estimé "que cette situation était intenable, et avait appelé la maire à organiser avec lui une évacuation des toxicomanes au voisinage de la place Auguste Baron, porte de la Villette". Pour le préfet de police, "il y a urgence à le faire à cet endroit ou à tout autre que la maire

proposerait, la situation ne pouvant rester en l’état."

"Il n'est pas acceptable de dire que la police serait inactive"

Didier Lallement précise que  "le secteur de Stalingrad et d’Éole continue plus que jamais de faire l'objet d'une action policière très soutenue conformément aux directives données par le ministre de l’Intérieur, pour lutter à la fois contre le trafic de crack et sa consommation". Il ajoute que :"cette année, 20 affaires de passeurs ont été réalisées, impliquant 26 mis en cause. 18.5 kilogrammes de cocaïne étaient saisis ". Et que  "depuis le début de l’année, 8 "cuisines" de crack alimentant les réseaux de vendeurs à Stalingrad ont été démantelées". Au total, dans ce secteur, 88 personnes ont été interpellées dont 79 présentées à la justice.

"Il n’est donc pas acceptable de dire que la police serait inactive face à une situation dont la solution est avant tout sociale et médicale, constat fait collectivement lors du dernier Conseil de Paris" conclut le préfet de police qui "tend à nouveau la main aux autorités municipales" pour trouver "ensemble", une solution pérenne "dans l’intérêt de toutes et tous".

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