Des tags antimusulmans sur un centre culturel provoquent l'indignation

Des croix chrétiennes ou une fleur de lys ont été également tagués sur les murs du centre culturel islamique d'Avicenne à Rennes (Ille-et-Vilaine).

DÉGRADATION - Une dizaine d'inscriptions injurieuses ont été retrouvées ce dimanche par les fidèles du centre culturel islamique Avicenne à Rennes. "Les actes antimusulmans sont des actes contre la République", a déclaré Gérald Darmanin arrivé sur place.

Le choc et la stupeur. Les fidèles du centre islamique Avicenne de Rennes (Ille-et-Vilaine) ont découvert, pour la prière du matin de 6 heures, une dizaine de tags antimusulmans sur les murs extérieurs et les fenêtres de leur lieu culturel, qui fait aussi office de salle de prière. "À deux jours du mois de ramadan, les fidèles retrouvent leur mosquée taguée avec des phrases obscènes", a déploré Mohammed Zaidouni, le président du conseil régional du culte musulman.

Le ministre de l'Intérieur a témoigné, sur Twitter, de sa "solidarité". Gérald Darmanin s'est ensuite rendu à Rennes "pour témoigner de la solidarité du gouvernement". "Il n'y a pas de petits faits. Les actes antimusulmans sont des actes contre la République", a-t-il défendu. Le ministre a précisé avoir demandé à tous les préfets de renforcer "la vigilance" près des lieux de culte musulmans. Le parquet de Rennes a lui ouvert une enquête pour "dégradations à raison de l’appartenance à une religion", confiée à la sûreté départementale de Rennes.

Outre les "non à l'islamisation", d'autres inscriptions infamantes comme "Mahomet prophète pédophile" ont été constatées, ainsi que des signes en rapport avec la sphère monarchiste, "Charles Martel sauve nous", "France éternelle", "catholicisme religion d'Etat" accompagnés de fleurs de Lys et de croix rouges de croisés. "Nous sommes les enfants de la République et nous nous retrouvons avec la haine la violence et la barbarie", a estimé Mohammed Zaidouni.

"Le parquet de Rennes [...] portera une attention toute particulière à l’enquête tendant à identifier et sanctionner le ou les auteurs de ces faits", a assuré le procureur de Rennes Philippe Astruc, dans un communiqué de presse. La maire socialiste de Rennes, Nathalie Appéré, s'est également émue, sur Twitter, de la découverte de ces inscriptions : "Ces actes n'ont pas leur place en France, ils n'ont pas leur place à Rennes. Tout mon soutien aux Rennais, et particulièrement aux fidèles choqués par ces actes indignes."

La France insoumise pointe une "ambiance détestable"

Le député LFI de la Seine-Saint-Denis Alexis Corbière a soulevé la question des dernières polémique autour de l'islam. Selon lui, les "dégradations (incendies, tags racistes, etc.) des mosquées [qui] se multiplient. C'est le résultat d'une ambiance détestable produite par certains. La liberté de conscience garantie la liberté de culte, attaquer un lieu de culte, c'est agresser la République".

Le président de l'Observatoire national de lutte contre l'islamophobie a lui mise en garde contre un "climat antimusulman en France que nous dénonçons avec force. Malheureusement, les déclarations de certains hommes politiques ne font qu'attiser ce climat", selon Abdallah Zekri. Les auteurs des faits risquent jusqu'à 4 ans de prison et 30.000 euros d’amende.

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