Deux mois après la disparition de Delphine Jubillar, l'enquête est au point mort, ou presque...

Deux mois après la disparition de Delphine Jubillar, l'enquête est au point mort, ou presque...

FAIT DIVERS - Delphine Jubillar, infirmière âgée de 33 ans et mère de deux jeunes enfants a disparu depuis deux mois. Outre les activations mystérieuses des comptes de la jeune femme sur Facebook, aucun élément ne permet pour l'instant d'avoir du nouveau.

De l'inquiétude, des rumeurs, des accusations. Lundi 15 février, cela fait deux mois exactement que Delphine Jubillar a disparu, vêtue d'une doudoune blanche, son portable dans la poche. Depuis, ni le vêtement, ni l'appareil, ni la trentenaire n'ont réapparu. Les auditions, les battues, les perquisitions, les fouilles multiples et la mobilisation de dix gendarmes de la section de recherche de la gendarmerie de Toulouse n'ont toujours pas permis de la retrouver. 

Tout le monde se demande donc ce qui a pu arriver à cette femme âgée de 33 ans, infirmière de profession, mère de deux enfants, en instance de divorce. Sur les réseaux, les anonymes se déchainent : les uns font de son futur ex-mari Cédric Jubillar un coupable idéal, quand d'autres évoquent ce voisin un peu trop proche et insistant et les derniers, une mauvaise rencontre. 

Lire aussi

Bien sûr qu'il y a des mères qui abandonnent leurs enfants- Me Philippe Pressecq

Me Philippe Pressecq, qui représente deux cousines, trois amies et la nourrice des enfants de Delphine Jubillar, toutes parties civiles dans l'enquête, a le sentiment que la "disparition volontaire" est tout à fait envisageable. "Mes clients rejettent totalement cette hypothèse car selon eux, cela ne correspond pas à sa personnalité… Je crois personnellement cela tout à fait possible", explique l'avocat, qui ne ferme pas pour autant la porte aux autres pistes. "L'opinion est un peu dans cette doxa bien pensante selon laquelle une mère n'abandonnerait jamais ces enfants, mais c'est faux. Bien sûr qu'il y a des mères qui abandonnent leurs enfants ! Pourquoi est-ce qu'une mère n'abandonnerait pas ses enfants quand d'autres font bien pire que cela ?"

S'il ne l'exclut pas, l'avocat de Cédric Jubillar ne privilégie pas cette thèse. "On a présenté Delphine comme la maman parfaite, l'amie joviale, la voisine très gentille, l'infirmière dévouée. Puis tout d'un coup on découvre que peut-être elle avait un amant. Et alors? Ça ne fait pas d'elle une plus mauvaise personne, une femme légère, ou quelqu'un qui disparaît volontairement. Mais comme il y avait cette image d'Epinal de la maman, l'idée [qui a circulé] était : 'Une maman si parfaite ne peut pas disparaître volontairement à quelques jours de Noël en laissant ses enfants'. Si, elle peut. Avant d'être une maman, Delphine Jubillar reste une femme et elle est totalement libre de faire ce qu'elle veut. Après, de mon propre avis, je ne pense pas que cette femme ait disparu volontairement. Ça ne fait pour autant de Cédric Jubillar un coupable !"

Un compte Facebook et de nombreuses questions

Une information judiciaire pour "arrestation, enlèvement, détention ou séquestration arbitraire" a été ouverte le 23 décembre dernier contre X après la disparition de la trentenaire. "Rien n'indique" que cette disparition "a pu être volontaire" et "ces faits se poursuivant depuis plus de sept jours accomplis revêtent désormais une qualification de nature criminelle", avait commenté le procureur de la République de Toulouse.

 Depuis, rien... ou presque. Le 13 janvier dernier, selon des proches, un message  "vide" a été posté sur un groupe Facebook en provenance du profil de la jeune femme, avant d'être supprimé quelques minutes plus tard. L'information a été donnée dans la foulée aux enquêteurs mais l'origine du message n'a jamais été confirmée. Bug ? Accès au compte de la jeune femme par une tierce personne ? Pas de réponse officielle sur la question. 

Idem pour l'évènement survenu mardi 9 février. Ce jour-là, dès 21h et pendant un moment, le voyant vert de l'application Messenger, sur la messagerie Facebook de Delphine Jubillar, s'est allumé. "Certains ont affirmé que cette activation venait du téléphone mais sincèrement, je ne vois pas très bien comment on peut savoir si un compte Facebook est activé d'un ordinateur ou d'un téléphone. Peut-être que la police arrive à le savoir, mais moi je n'en sais rien", indique Me Pressecq. "Si jamais il était avéré que c'était le téléphone de Delphine Jubillar qui était allumé, ça rouvre un abyme d'interrogations et de craintes. Soit c'est elle, soit c'est la personne qui a récupéré son téléphone, en d'autres mots son ravisseur, soit c'est un bug, soit c'est la police. Donc effectivement, ce mouvement sur ce compte Facebook, quel qu'en soit l'auteur, c'est assez inquiétant."

"L'activation de Messenger ? Moi, je ne vois pas d'explication plus plausible que l'exploitation des comptes par les services enquêteurs. Plusieurs comptes ont été activés en même temps et sont restés actifs pendant plusieurs heures. Et, à ma connaissance, aucune des personnes qui ont envoyé un message n'ont reçu de réponse. Le bug informatique, je n'y crois pas. Une fois à la rigueur mais deux fois en quelques semaines, non", estime pour sa part Me Jean-Baptiste Alary. 

Un SMS qui fait couler beaucoup d'encre

Début février également, la presse s'est fait l'écho d'un message SMS envoyé par Cédric Jubillar à la cousine de Delphine à 4h du matin la nuit de la disparition de sa femme disant: "Dis à Delphine de rentrer à la maison". "J'ai parlé de ce SMS dans une interview à Paris Match mais l'information n'avait rien de nouveau", commente Me Pressecq, étonné de l'ampleur qu'a pris son propos. 

"Ce n'est pas du tout contesté. Imaginez : votre moitié n'est pas là à 4h du matin. Vous la cherchez, vous faites le tour de la maison, vous regardez dehors. Toujours rien. Vous essayez de l'appeler, non ?" appuis Me Alary. "Cédric Jubillar a effectivement essayé de joindre sa femme dans la nuit du 15 au 16 décembre et, voyant qu'elle ne répondait pas, il a essayé de contacter les personnes qui étaient affichées avec le statut "en ligne", notamment sur Messenger. Le peu de réponses qu'il a eu c'était : "Non, elle n'est pas avec nous'.  Alors, Cédric Jubillar a contacté très rapidement les enquêteurs. Je ne vois pas ce qu'il y a d'étonnant là-dedans".

L'hypothèse d'une dispute le soir des faits

Il y a quelques jours également, certains médias, dont La Dépêche, ont indiqué que le couple, qui avait prévu de divorcer, se serait disputé le soir des faits. "Je ne confirme pas cet événement et je ne sais pas qui a évoqué cela auprès de vos confrères. Mais on se demande qui est la source d'une telle information. Le soir des faits, le couple était avec leurs deux enfants de 6 ans et 18 mois. Si tant est que ce soit l'aîné qui ait rapporté cet événement aux enquêteurs, on peut s'interroger sur les repères temporels d'un enfant de 6 ans surtout dans un tel contexte", relatvise Me Alary. 

Le parquet de Toulouse se refuse à tout commentaire sur cette affaire pour le moment. Les enquêteurs de la section de recherches de Toulouse et de la brigade de recherches d'Albi poursuivent leurs investigations. 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid-19 : au moins 220.000 personnes vaccinées ce samedi en France, annonce Olivier Véran

Patrick J. Adams, le mari de Meghan dans "Suits", dénonce l'attitude "obscène" de Buckingham

Affaire des "écoutes" : après Nicolas Sarkozy, le Parquet national financier fait appel de la décision

"Le succès attire la rage" : le rappeur The Vivi répond à son éviction de "The Voice" en musique

Comportement, climat, géographie... pourquoi les chiffres du Covid font-ils le yoyo d'une région à une autre ?

Lire et commenter