Cédric Jubillar "avait organisé une véritable surveillance de son épouse"

Cédric Jubillar "avait organisé une véritable surveillance de son épouse"

JUSTICE – Mis en examen pour le "meurtre aggravé" de Delphine Jubillar, son époux Cédric se montrait particulièrement intrusif dans sa volonté de faire revenir sa compagne à lui, a indiqué le procureur de la République de Toulouse lors d'un point presse ce vendredi.

Depuis le début de cette affaire, les enquêteurs ont de forts soupçons sur lui. Après six mois d'enquête, Cédric Jubillar a finalement été mis en examen pour meurtre aggravé à l'issue de sa garde à vue qui a duré 48 heures. L'artisan peintre continue de contester les faits qui lui sont reprochés, tandis que son avocat Me Alary met déjà en garde contre des risques "d'erreur judiciaire", après la conférence de presse du procureur de la République de Toulouse. Au cœur des éléments livrés par Dominique Alzeari, le mobile supposé : une dispute au sein du couple le mardi 15 décembre au soir conséquente à la volonté de Delphine Jubillar de quitter son mari et de partir vivre avec son amant. Un mobile qui complète le profil d'un homme qui ne supporte par la séparation, jusqu'à être le principal suspect du féminicide de sa compagne.

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"Brutal, grossier et agressif"

Rien de tout ça, à en croire le principal suspect. Durant les premières heures de sa garde à vue, il a expliqué "que cette séparation [qu'il avait pourtant nié dans les premières semaines après la disparition, ndlr] se passait de manière non conflictuelle, qu'ils s'étaient même rapprochés récemment, qu'ils faisaient chambre à part, mais que cela n'empêchait pas des échanges réguliers entre eux et que d'autre part, il ignorait que son épouse voulait le quitter pour un autre homme." Un tableau de séparation idyllique que "les éléments réunis, les témoignages et les investigations" se sont chargés de démentir "entièrement", a aussitôt renvoyé le procureur, qui est revenu peu après sur "la prégnance du conflit qui peut-être relevé presque de l'ordre du mobile". 

Ainsi, les investigations ont démontré que le "contexte de séparation était très conflictuel et donnait lieu à de fréquentes disputes". Plusieurs témoignages ont montré "qu'en réalité Cédric Jubillar avait une très grande difficulté affective et matérielle [par rapport à la maison qu'il ne pouvait entretenir seul, ndlr] à accepter la séparation. Il la vivait très mal. Il tentait même de reconquérir son épouse, mais d'une manière particulièrement intrusive et agressive puisqu'il pouvait se montrer brutal, grossier, agressif, y compris envers ses enfants. Il avait organisé une véritable surveillance de son épouse". Les éléments réunis par l'enquête démontrent que Cédric Jubillar a notamment vérifié ses déplacements, épluché son compte bancaire, tenté de la géolocaliser. "Il était très intrusif dans la façon dont son épouse organisait progressivement leur séparation", a ajouté Dominique Alzeari.

Le fils parle d'une "violente dispute"

Alors, après l'avoir nié, face aux éléments que lui ont formulés les enquêteurs, Cédric Jubillar a fini par convenir qu'il  était "parfaitement au courant que sa femme avait un amant". Le procureur a insisté sur les "contradictions, voire les mensonges" du suspect et a mis en avant les indices qui mettaient à mal sa version : la couette de Delphine qu'il venait de mettre dans la machine à laver quand les gendarmes sont arrivés au domicile l'aube le 16 décembre, la voiture de son épouse qui avait été déplacée et le témoignage du fils du couple qui a confié avoir entendu, le mardi 15 décembre 2020 au soir après être allé se coucher, "une violente dispute". 

Face aux gendarmes, Cédric Jubillar a contesté. Son enfant s'est trompé de soir, assure-t-il. Mais il ne dément pas la dispute. Et finit par concéder que, "pour une séparation qui se passait très bien il a pu être brutal, grossier et qu'il a pu bousculer son épouse dans le cadre de leurs fréquentes disputes". Confronté aux déclarations des autres témoins de cette dispute, deux voisines qui ont entendu "des cris stridents et détresse d'une femme", Cédric Jubillar ne parviendra pas à donner de "réponses crédibles".

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