Trois gendarmes tués lors d'une intervention pour violences conjugales : que s'est-il passé ?

Trois gendarmes tués lors d'une intervention pour violences conjugales : que s'est-il passé ?

INTERVENTION - Trois gendarmes ont été tués dans une intervention pour violence conjugale dans la nuit de mardi à mercredi dans un hameau proche de Saint-Just (Puy-de-Dôme). L'homme suspecté d'avoir ouvert le feu a été retrouvé mort. Voici ce que l'on sait.

Il était un peu plus de minuit dans ce hameau tranquille du Puy-de-Dôme, près de Saint-Just, quand les tirs ont commencé. Alors qu'ils tentaient de porter secours à une femme, réfugiée sur le toit de sa maison après avoir été menacée par son conjoint, trois gendarmes ont été blessés mortellement par le forcené Frédérik L., dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 décembre. Lors d'une conférence de presse mercredi après-midi, le procureur de la République de Clermont-Ferrand Éric Maillaud a décrit "une véritable scène de guerre" découverte à l'issue de la frénésie meurtrière de Frédérik L. "Des centaines et des centaines de douilles. Une maison incendiée, un individu surarmé. C'est véritablement une scène atypique", a affirmé le procureur. Frédérik L. était "extrêmement déterminé à faire un carnage".

Le déroulé des faits

Alertés pour des faits de violence sur conjoint vers 20h50 mardi, deux gendarmes de la compagnie d'Ambert se rendent d'abord sur place. "C'est une dénommée Mme Schultz, qui a déclenché les secours par l’intermédiaire d'une amie à qui elle a fait état de violences conjugales qu'elle viendrait de subir et de coups notamment au visage par son nouveau compagnon" Frédérik L., a affirmé le procureur de Clermont-Ferrand mercredi après-midi.

Selon les premiers éléments recueillis auprès d’un voisin, l’homme est armé d’un fusil et d’une arme de poing. En contact avec les gendarmes par SMS, la femme, réfugiée sur le toit, confirme qu'il est armé. Alors que des négociations sont engagées avec lui, l'homme tente de quitter les lieux à bord d’un véhicule après avoir mis le feu à son habitation. A 22h40, l'homme fait finalement feu sur les gendarmes, qui ripostent. L’un d’eux, le brigadier Arno Mavel, 21 ans, est mortellement touché. Un adjuvant de 49 ans, Bertrand Boyon, est pour sa part blessé à la cuisse. Il est transporté par les pompiers vers le centre hospitalier d’Ambert. Ses jours ne sont pas en danger.

Cinq minutes plus tard, l'homme tente à nouveau de fuir en voiture, mais perd le contrôle du véhicule. Il regagne alors son domicile et tire à nouveau sur deux gendarmes qui effectuaient une reconnaissance aux abords de l’habitation. Le lieutenant Cyrille Morel, 45 ans, et l’adjudant Rémi Dupuis, 37 ans, sont tués.

Après avoir incendié sa maison, laissé trois gendarmes au sol et blessé un quatrième, Frédérik L. a pris la fuite au volant de son 4x4 dont il a perdu le contrôle environ un kilomètre et demi plus loin, et versé sur le côté gauche à flanc de colline, a affirmé le procureur de la République de Clermont-Ferrand lors d'une conférence de presse.

Le suspect s'est suicidé

De nombreux renforts de gendarmerie convergent rapidement vers Saint-Just, afin de boucler la zone. Le GIGN est dépêché sur place vers 2h30 du matin. "Au moins 7 membres du GIGN sont sur place. Les plus grandes précautions sont prises au regard de la dangerosité de l’individu", indique à l’AFP une source proche de l’enquête. En début de matinée, la préfecture du Puy-de-Dôme confirme que l'opération de gendarmerie "s’inscrit dans un cadre de violence intra-familiale".

Selon nos informations, environ 300 militaires ont été mobilisés pour tenter d'interpeller l'auteur des coups de feu mortels, qui était alors en fuite. "Tout est mis en œuvre pour interpeller l’individu et protéger les populations alentours", commentait dans un communiqué Gérald Darmanin, qui rendait également hommage aux hommes touchés.

L'homme, âgé de 48 ans, a finalement été retrouvé mort, aux alentours de 9h, a appris LCI en même temps que Gérald Darmanin délivrait l'information. Mercredi après-midi, le procureur de la République de Clermont-Ferrand Éric Maillaud a affirmé qu'au "regard des premiers éléments de l'autopsie, on a toutes les raisons de penser" le forcené "s'est suicidé" à l'issue de sa cavale. Protégé par un gilet pare-balles, son corps a été retrouvé à proximité de son véhicule. Le père de famille, qui avait suivi une formation militaire, avait à ses côtés tout un arsenal : un pistolet Glock à la main, un fusil d'assaut équipé d'un silencieux, d'une torche et d'un système de visée laser et quatre couteaux à sa ceinture.

Il était connu pour des faits liés à des problèmes de garde d’enfant et pour des faits de menace de mort réitérées commises sur son ex-femme. Selon sa compagne femme, qui a deux filles d'une précédente union, il ne travaillait plus depuis l’été 2020. D'autres témoignages recueillis par les gendarmes rapportent qu'il était complotiste, "survivaliste", avait des accès de violences réguliers et une dépendance à l’alcool. Inscrit comme tireur sportif, il a enregistré plusieurs armes : deux glocks ainsi qu’une carabine, modèle fusil d’assaut de calibre 5.56mm.

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