"Même infraction, même sanction" : après la gifle d'Emmanuel Macron, les policiers montent au créneau

Plusieurs milliers de policiers ont manifesté devant l'Assemblée mercredi 19 mai.

JUSTICE - Au lendemain de la condamnation de Damien T. à quatre mois de prison ferme pour avoir giflé Emmanuel Macron, plusieurs syndicats de policiers interpellent le gouvernement. Et réclament la même sévérité pour les agresseurs des forces de l'ordre.

La peine est sévère, ils veulent qu'elle soit exemplaire. Alors que Damien T. a passé sa première nuit en prison après avoir giflé Emmanuel Macron mercredi à Tain-l'Hermitage (Drôme), plusieurs syndicats de policiers montent au créneau. Par communiqué, l'Unsa Police et Alliance interpellent le gouvernement pour que la même fermeté soit adoptée à l'encontre des agresseurs de forces de l'ordre. 

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Emmanuel Macron giflé lors d'un déplacement dans la Drôme

Leur argument : Damien T. a écopé d'une peine de quatre mois de prison ferme avec mandat dépôt, pour "violences volontaires sans incapacité, sur personne dépositaire de l'autorité publique", la même infraction que celle des agresseurs de forces de l'ordre. 

Des agressions comme ça, nos collègues en vivent tous les jours- Thierry Clair, secrétaire général adjoint du syndicat Unsa Police

"Des agressions comme ça, nos collègues en vivent tous les jours sur le terrain", déplore Thierry Clair, secrétaire général d'Unsa Police. "Mais en général, la peine infligée est de la prison avec sursis, ou un simple rappel à la loi." Sans forcément parler de prison ferme avec mandat de dépôt, il réclame une peine qui soit "palpable", dès le départ. 

La symbolique présidentielle

Dans son réquisitoire, le procureur de Valence s'est inquiété d'un possible risque de récidive, disant percevoir "une sorte de détermination froide", chez Damien T. Une personnalité qui a compté dans la décision du tribunal, ce que reconnaît Thierry Clair, relevant malgré tout que "dans le cas du Président, la réponse a été ferme. On veut qu'il en soit de même pour tous, et notamment pour les policiers".

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Prison ferme pour l’homme qui a giflé Macron : le récit de l’audience

Un symbole qui, justement, expliquerait aussi la sévérité de la peine. Pour Evelyne Sire-Marin, membre du syndicat de la magistrature, "ce n'est pas la même chose de viser le Président de la République, qu'un policier lambda, ou même un magistrat lambda. La portée symbolique est très forte, le chef de l'État représente l'ensemble du corps républicain"

Quant aux revendications des policiers, le ministère de la Justice indique que le taux de réponse pénale pour les violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique s'élève à 95%, contre 84,5% pour les autres violences. "Les peines pour agressions contre les forces de l'ordre ont doublé en dix ans. Désormais, tout est poursuivi", précise Evelyne Sire-Marin. 

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L'affaire alimente en tout cas les débats sur les procès en laxisme à l'encontre de la justice. Le 19 mai dernier, plusieurs milliers de policiers manifestaient devant l'Assemblée nationale, en présence du ministre de l'Intérieur, sous le mot d'ordre "Le problème de la police, c'est la justice"

Le 25 mai, le projet de loi pour la "confiance dans la justice", porté par Éric Dupond-Moretti, était voté, avec un amendement prévoyant de durcir les peines pour les agresseurs des forces de l'ordre. 

Trois jours plus tard, dans une circulaire adressée aux magistrats, le garde des Sceaux enjoignait ses troupes à ce que "les faits les plus graves, dont notamment les violences, commis à l'encontre des forces de sécurité intérieure", fassent "systématiquement" l'objet d'un défèrement au tribunal. 

Le rappel à la loi, mesure alternative aux poursuites, qui représente 21% de la réponse pénale choisie par les procureurs de la République, a quant à lui été supprimé. Mais le gouvernement ne sait pas encore par quoi le remplacer. 

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