Affaire Mila : "La peur change de camp", lance la jeune femme à la sortie de l'audience

Affaire Mila : "La peur change de camp", lance la jeune femme à la sortie de l'audience

PROCÈS – Dix hommes et trois femmes âgés de 18 à 30 ans ont comparu ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris pour harcèlement en ligne et menaces de mort à l'encontre de la jeune Mila, qui avait tenu des propos polémiques sur l'islam. Une audience de renvoi est prévue le 21 juin prochain.

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DÉCISION 


Le fond devrait être abordé les 21 et 22 juin, après que de questions prioritaires de constitutionnalité notamment ont été déposées.

Procès Mila : "Plus nombreux on sera, plus on sera puissants face à la menace et au harcèlement", déclare la victime

MILA À LA SORTIE DE L'AUDIENCE


"La peur change de camp, plus nombreux on sera à le faire,  plus on sera fort et puissant face à la menace et au harcèlement qui ne fera qu’empirer si on ne fait rien."

Infos précédentes

Ils ne seront pas les premiers à être jugés dans cette affaire. En janvier dernier, la cour d'appel d'Agen a condamné un jeune homme de 23 ans, de nationalité Algérienne et domicilié dans le Gers, à trois ans de prison dont 18 mois ferme pour avoir menacé de mort la jeune Mila sur Facebook. 

Ce jeudi 3 juin, treize autres personnes doivent être jugées par le tribunal correctionnel de Paris pour "harcèlement" en ligne, ainsi que, pour huit d'entre eux, "menace de mort" et pour un autre "menace de crime". En cause : des messages envoyés en novembre 2020 à l'encontre de l'adolescente iséroise qui avait publié une vidéo polémique sur l'islam. Les images, vues des milliers de fois, ont été commentées de tous bords. 

Les prévenus, dix hommes et trois femmes âgés de 18 à 30 ans domiciliés à Nantes, Metz, Lisieux ou Marseille et qui ont pour la plupart un casier vierge devraient être interrogés sur les propos qu'ils ont tenu à l'encontre de la jeune femme sur Facebook, Instagram, Snapchat ou Twitter.  Les treize prévenus sont renvoyés en majorité pour un seul message parmi les milliers d'insultes et menaces reçues par Mila à l'automne via les réseaux sociaux. 

"Ça va venir chez toi, ça va te ligoter et te torturer "

Contrainte en janvier 2020 de quitter son établissement suite à des menaces après une première vidéo où elle critiquait l'islam et le Coran, la lycéenne de l'Isère, sous protection policière, avait à nouveau fait le "buzz" mi-novembre. Sur le réseau social TikTok, elle avait lancé à ses détracteurs : "Et dernière chose, surveillez votre pote Allah, s'il vous plaît. Parce que mes doigts dans son trou du cul, je les ai toujours pas sortis." 

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Les menaces se sont alors multipliées sur les réseaux : "Que quelqu’un lui broie le crâne, par pitié", "qu'elle crève", "Tu mérites de te faire égorger sale grosse p***", "Je vais te faire une Samuel Paty", "Ça va venir chez toi, ça va te ligoter et te torturer petite pute de raciste de mort"...

"Une réaction à chaud"

Les prévenus avaient été placés en garde à vue en février, mars ou avril, dans le cadre d'une enquête menée par nouveau pôle national de lutte contre la haine en ligne.  Athées, catholiques ou musulmans, ces jeunes gens très actifs sur les réseaux sociaux et pour la plupart sans antécédent judiciaire ont en majorité reconnu être les auteurs des messages et dit les "regretter"

Devant les enquêteurs, ils ont expliqué avoir agi "à chaud" sous le coup de la "colère" ou "choqués" par les propos virulents de Mila. L'un d'eux a déclaré que "derrière un écran, ce n'est pas plus facile, mais tu as plus confiance. Tu te dis que tu ne vas rien avoir, mais vous voyez, c’est faux, je suis là. Toute bêtise se paye". 

"Ce lynchage médiatique doit être sanctionné"

"Ce procès est celui de la terreur numérique qui déchaîne des meutes sexistes, homophobes, intolérantes contre une adolescente", estime Richard Malka, l'avocat de Mila selon qui sa cliente, qui vient de fêter ses 18 ans, sera présente à l'audience. 

 

Pour la robe noire, qui rappelle que Mila n'a fait "qu'exercer un droit", celui de blasphémer, le procès est aussi "celui de treize personnes, sans histoire, qui, cachées derrière leur écran et leur pseudonyme, ont souhaité broyer le crâne et lacérer le corps d'une mineure devenue leur bouc émissaire". Et Me Malka de souligner : "Ce lynchage numérique doit être sanctionné."

Un "coup de projecteur sur une nouvelle infraction"

"Sur plusieurs milliers de tweets, on a identifié quelques-uns des auteurs. Ce sont eux qui sont poursuivis aujourd'hui (...) On fait assumer à celui qui a fait un tweet la totalité des menaces des autres", s'inquiète pour sa part Me Gérard Chemla, l'avocat de l'un des prévenus. Selon lui, son client est "complètement dépassé par cette affaire-là". "Il a eu une réaction assez sotte et épidermique, comme il y en a tous les jours sur Twitter." 

Me Marc Bailly, autre avocat de la défense dénonce, lui, "la violence de la procédure", destinée selon lui à mettre "un coup de projecteur" sur l'infraction de cyberharcèlement, "qui est nouvelle". Pour rappel, depuis 2018, ce délit peut être constitué dès lors que plusieurs personnes s'en prenant à une même victime savent que leurs propos ou comportements caractérisent une répétition, sans que chacune de ces personnes ait agi de façon répétée ou concertée. 

De lourdes peines encourues

Les prévenus encourent deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende pour le harcèlement en ligne, trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende pour les menaces de mort. Le procès a toutefois de grande chance d'être reporté. Selon nos informations, outre les demandes de renvoi formulées par les avocats, le président de la 10e chambre a estimé qu'une seule journée d'audience serait insuffisante pour aborder le fond du dossier. 

D'autres internautes, mineurs au moment des faits, et qui avaient, eux-aussi, menacé la jeune femme en ligne, seront par ailleurs jugés à une date ultérieure. 

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