Procès Bygmalion : un an de prison dont six mois avec sursis requis contre Nicolas Sarkozy

Procès Bygmalion : un an de prison dont six mois avec sursis requis contre Nicolas Sarkozy

CAMPAGNE 2012 - Le procureur de la République a requis un an de prison dont six mois avec sursis contre l'ancien président, poursuivi dans le cadre de l'affaire Bygmalion. Suivez les dernières informations.

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RÉQUISITOIRE

Le procureur a requis la peine maximale contre Nicolas Sarkozy, poursuivi pour financement illégal de campagne électorale :  un an d'emprisonnement dont six mois avec sursis. De surcroît, une amende de 3750 euros a été requise.

Pour la représentante du ministère public, Vanessa Pérée, la responsabilité de l'ancien président ne fait aucun doute. "Il ne peut pas s'en défausser du fait qu'il était président de la République". "Il a parfaitement conscience du coût de sa campagne".

QUELLES AUTRES PEINES REQUISES ?

Contre Jérôme Lavrilleux, directeur adjoint de la campagne, trois ans d'emprisonnement avec sursis et 50.000 euros d'amendes. Contre Guillaume Lambert, directeur de la campagne, quatre ans de prison et 50.000 euros d'amende. Bastien Millot, fondateur de Bygmalion, deux ans de prison dont un an de sursis probatoire. Contre Franck Attal, cadre de la filiale événement de Bygmalion, 18 mois de prison avec sursis et 100.000 euros d'amende. 

RÉQUISITOIRE

Le procureur a requis la peine maximale contre Nicolas Sarkozy, poursuivi pour financement illégal de campagne électorale :  un an d'emprisonnement dont six mois avec sursis. De surcroît, une amende de 3750 euros a été requise.

Pour la représentante du ministère public, Vanessa Pérée, la responsabilité de l'ancien président ne fait aucun doute. "Il ne peut pas s'en défausser du fait qu'il était président de la République". "Il a parfaitement conscience du coût de sa campagne".

NICOLAS SARKOZY FACE AUX JUGES


"Dans cette affaire, j'ai voulu dire au tribunal du fond du cœur ce qui avait été la vérité. et Mme la présidente, c'est la vérité que j'ai dite." L'audience est terminée pour aujourd'hui, elle doit reprendre demain après-midi avec les plaidoiries des parties civiles. 

NICOLAS SARKOZY FACE AUX JUGES


Pour Nicolas Sarkozy, le fait d'affirmer que ses meetings étaient plus grandioses que ceux de ses adversaires est "une fable pour justifier des fausses factures". Le procureure adjointe conteste ensuite que la musique pour sa campagne ait été offerte par l'ami de son épouse : "Ça vous a été facturé 72.000 euros". Ce à quoi l'ancien président répond : "Non, c'est l'orchestre qui a coûté ce prix". Laurent Ferlet, le compositeur de l'hymne de campagne et proche de Carla Bruni, avait expliqué en 2016 face aux caméras d'Envoyé Spécial que sa prestation avait été facturée 86.000 euros, 72.000 euros "hors taxes". 

NICOLAS SARKOZY FACE AUX JUGES


"Je conteste que les fausses factures aient servi à financer ma campagne", poursuit l'ancien président, qui se répète un peu plus tard : "Je ne vois pas où peut être le doublement des sommes, personne ne peut le justifier.  Je ne conteste pas les fausses-factures. Je conteste que cet argent ait servi à abonder ma campagne. Ce sont incontestablement des coûts supplémentaires mais c'est le travail de mon équipe de campagne."

NICOLAS SARKOZY FACE AUX JUGES


L'audience reprend avec les questions des parties civiles. "Il n'y a aucun fond public dans ma campagne. Quant au budget interne, j'avoue mon incompétence", assure Nicolas Sarkozy. 


Il explique aux procureurs pourquoi il ne s'est jamais présenté à l'audience depuis quatre semaines : "Je ne vois pas ce que j'aurais pu apporter dans l'affaire d'abus de confiance, de fausses factures alors qu'après trois années d'instruction, on a conclu que je ne savais rien. J'ai mûrement réfléchi. J'étais à la disposition du tribunal comme prévenu pour les faits pour lesquels je suis renvoyé : le dépassement des comptes de campagne."

JÉRÔME LAVRILLEUX SUR SARKOZY


"Je n'ai pas trouvé que c'était son meilleur 20H mais Nicolas Sarkozy a toujours du talent", estime Jérôme Lavrilleux pendant la suspension de séance. "Chacun est libre de se défendre comme il veut", poursuit le directeur-adjoint de la campagne présidentielle de 2012 avant de maintenir sa ligne de défense : "De sa part, est-ce qu'il y a une intention de fraude, je n'en sais rien, je ne lui en ai jamais parlé. Nicolas Sarkozy m'a demandé à un moment d'organiser un meeting par jour. On n'a pas totalement rempli la feuille de route parce qu'on n'a pas fait un meeting par jour. Mais on en a fait beaucoup."

NICOLAS SARKOZY FACE AUX JUGES


"Est-ce que j’ai une responsabilité politique ? Oui et j'ai remboursé avec le sarkothon. Est-ce que j’ai une responsabilité pénale ? Non. Cela supposerait une volonté frauduleuse", conclut Nicolas Sarkozy. L'audience est suspendue 30 minutes. 

NICOLAS SARKOZY FACE AUX JUGES


Nicolas Sarkozy est interrogé sur les notes envoyés par l'expert-comptable Pierre Godet, qui a validé les comptes de campagne et qui l'aurait mis en garde contre des risques de dépassement des dépenses. "Le 26 avril, mon souci, ce n'est pas la note de Godet, c'est de préparer mon débat avec Hollande !", rétorque-t-il. "J'ai des derniers meetings, des discours à faire et un débat télévisé avec 24 millions de téléspectateurs. (...) Il reste une semaine, j'ai autre chose à faire que de voir Godet." En 2012, le second tour de l'élection s'est déroulé le 6 mai.

NICOLAS SARKOZY FACE AUX JUGES


Niant toute implication dans l'affaire Bygmalion, Nicolas Sarkozy profite de cette audience pour régler ses comptes avec d'anciens adversaires. Retrouvez notre journaliste au tribunal correctionnel de Paris.

NICOLAS SARKOZY FACE AUX JUGES


"On ne me présente jamais les factures !", martèle l'ancien président qui affirme ne pas avoir "de dossier 'campagne'". Pour rappel, la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de 2012 a coûté 42,8 millions d'euros, dépassant de 22,5 millions d'euros le plafond légal autorisé.

NICOLAS SARKOZY FACE AUX JUGES


Nicolas Sarkozy s'interroge : "Comment se fait-il qu'il n'y ait pas un article avant 2014 sur le coût de ma campagne ou sur le côté pharaonique des mes meetings ?" L'ancien président, candidat à sa réélection en 2012, nie une quelconque responsabilité dans la gestion du budget de sa campagne. "Devant le tribunal correctionnel, il faut une intention, hein ? Est-ce que j'ai eu l'intention de trafiquer des fausses factures ou des fausses conventions ? Est-ce que j'ai été imprudent ou négligeant ? Je réponds non fermement à tout ça !"

NICOLAS SARKOZY FACE AUX JUGES


"Je ne vérifie pas les factures. Parce que si j'en vérifie une, je les vérifie toutes", explique encore l'ancien président à la barre. Il se défend de toute complicité dans cette affaire de surfacturation liée à sa campagne de 2012 et pour laquelle il est jugé pour "financement illégal de campagne" : "Je n'ai pas la mémoire de tous les meetings, j'en ai fait une quantité. Ma campagne de 2012, je n'en ai pas fait plus qu'en 2007 (sa première campagne présidentielle, ndlr). Si j'ai fait autant de meetings qu'en 2007, il n'y a pas de raison que cela coûte le double !" 

NICOLAS SARKOZY FACE AUX JUGES


Entendu depuis un peu plus d'une heure maintenant sur les dépenses excessives de sa campagne présidentielle en 2012, l'ancien chef de l'État se montre à l'offensive. "Je vais vous dire les choses plus clairement : je n'ai jamais entendu parler de Bygmalion", assure Nicolas Sarkozy, qui explique ne pas pouvoir "décrire un système [qu'il n'a] pas connu".

Urgent

NICOLAS SARKOZY AU TRIBUNAL 


Accompagné de son avocat, Me Thierry Herzog, l'ancien président de la République est arrivé au tribunal correctionnel de Paris pour son interrogatoire dans le cadre du procès de l'affaire Bygmalion. 

JUSTICE


L'ancien président de la République revient devant le tribunal ce mardi aux côtés de 13 autres prévenus pour "financement illégal de campagne" en 2012. Que risque-t-il ? On fait le point. 

Affaire Bygmalion : qu'encourt Nicolas Sarkozy lors de ce nouveau procès ?

BIENVENUE 


Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce live consacré à l'audition de Nicolas Sarkozy dans le cadre du procès de l'affaire Bygmalion. L'ancien chef de l'État est attendu à 13h30 au tribunal correctionnel de Paris, pour son interrogatoire sur les dépenses excessives de sa campagne 2012.

Quelques mois après avoir été le premier ex-président de la Ve République à être condamné à de la prison ferme pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dites "des écoutes", Nicolas Sarkozy comparaît à nouveau devant le tribunal correctionnel de Paris ce mardi.

L'ancien chef de l'État est cette fois mis en cause dans l'affaire Bygmalion, après les dépenses jugées excessives de sa campagne présidentielle de 2012. Représenté depuis le début du procès, l'ancien chef de l'État est attendu ce mardi 15 juin au tribunal, pour son interrogatoire.

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L'affaire Bygmalion

Un an d'emprisonnement et 3750 d'amende encourus

Les treize autres prévenus - anciens cadres de Bygmalion et de l'UMP, directeur de campagne, experts-comptables - qui ont défilé à la barre, sont tous soupçonnés d'être impliqués à des degrés divers dans le système de double facturation imaginé pour masquer l'explosion des dépenses autorisées pendant la campagne du président candidat à sa réélection.

Le prix réel des quelque 40 meetings organisés par l'agence événementielle Bygmalion avait été drastiquement réduit, et le reste - 80% des factures - réglé par l'UMP (devenu LR), au nom de conventions fictives du parti.

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Jérôme Lavrilleux : "Je n'ai jamais mis en cause Nicolas Sarkozy"

Contrairement aux autres, renvoyés notamment pour escroquerie ou usage de faux, Nicolas Sarkozy n'est pas mis en cause pour ce système, et comparaît pour "financement illégal de campagne" uniquement. Il encourt un an d'emprisonnement et 3750 euros d'amende.

Dans le dossier Bygmalion, "l'enquête n'a pas établi" selon l'accusation que Nicolas Sarkozy aurait pu "ordonner", "participer", voir même être informé du système. 

42,8 millions, le double du plafond légal

Mais le président-candidat, loin d'être "déconnecté de sa campagne", a fait le choix avec son équipe de "meetings spectaculaires et dispendieux", et demandé d'accélérer le rythme - jusqu'à un meeting par jour. Une campagne "d'une rare densité", marquée par une "totale improvisation" des donneurs d'ordre, avait décrit l'accusation. Pour les organisateurs, une consigne : "faut que ça pète", a résumé au début du procès le responsable des meetings chez Bygmalion, Franck Attal. 

L'accusation estime que Nicolas Sarkozy a laissé filer les dépenses, malgré plusieurs alertes claires sur les risques de dépassement, et ainsi "incontestablement" bénéficié de la fraude, qui lui a permis de disposer de "moyens bien supérieurs" à ce qu'autorisait la loi : au moins 42,8 millions au total, soit près du double du plafond légal à l'époque.

En vidéo

VIDEO. Deux minutes pour comprendre l'affaire Bygmalion

Pour lui éviter de devoir reconnaître publiquement que ses dépenses avaient dérivé "de manière spectaculaire", "avec les conséquences politiques et financières" qui s'en seraient suivies, dit l'accusation, il a été décidé de "purger" le compte de campagne.

Une thèse à laquelle ne croit pas Nicolas Sarkozy : le prix de ses meetings était "parfaitement en ligne" avec ceux de son opposant François Hollande, avait-il dit aux enquêteurs. Alors, "où est passé cet argent ?"

Il faut toujours se demander à qui cela profite- Jean-François Copé

L'ex-secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, blanchi dans cette affaire et entendu comme simple témoin la semaine dernière, a bien une idée. "Il faut toujours se demander à qui cela profite", avait-il répondu au tribunal alors qu'on lui demandait son "hypothèse" sur la question du procès : qui a ordonné la fraude ? Les sarkozystes et copéistes se sont toujours rejeté la responsabilité de ce scandale qui a causé des déflagrations en série à droite. Quand l'affaire avait été révélée dans la presse en 2014, Jean-François Copé avait d'abord été accusé d'être derrière un système créé pour constituer une "caisse noire" dédiée à son avenir politique. 

Jérôme Lavrilleux, à l'époque directeur de cabinet de Jean-François Copé et directeur adjoint de la campagne, et seul à l'UMP à avoir reconnu la fraude, assure que ni son patron, ni Nicolas Sarkozy, n'avaient été mis au courant.

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Les autres anciens cadres de l'UMP et de la campagne ont de leur côté évité de parler de l'ex-chef de l'État. "Les décisions se prenaient à l'Élysée", a-t-on tout au plus entendu. En marge de l'interrogatoire du directeur de campagne Guillaume Lambert la semaine dernière, un avocat de la défense s'en était étonné : "quelqu'un va poser une question sur Sarkozy à un moment ?"

Ce nouveau procès dans lequel est impliqué l'ancien président de la République est prévu jusqu'au 22 juin prochain.  

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