EN DIRECT - Assassinat de Xavier Jugelé : "Karim Cheurfi disait déjà en 2009 qu'il aimerait mourir en martyr"

EN DIRECT - Assassinat de Xavier Jugelé : "Karim Cheurfi disait déjà en 2009 qu'il aimerait mourir en martyr"

JUSTICE - Quatre hommes comparaissent depuis le lundi 7 juin devant la cour d'assises spéciale de Paris pour leur rôle dans la fourniture d'un fusil d'assaut au djihadiste Karim Cheurfi, auteur de l’attentat perpétré le 20 avril 2017 sur les Champs-Élysées, à Paris. Une attaque qui avait coûté la vie au policier Xavier Jugelé. Suivez le procès en direct.

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Un mort et deux blessés parmi les policiers, une passante atteinte d'une balle perdue, un tireur neutralisé. L'attentat du 20 avril 2017 a marqué les esprits parce que les forces de l'ordre étaient directement visées, parce que la tragédie s'est tenue en présence de nombreux témoins sur l'avenue des Champs-Élysées, et parce que le drame s'est produit à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle.

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Attentat des Champs-Élysées

Un peu plus de quatre ans après cet attentat terroriste, quatre hommes, âgés de 27 à 31 ans sont jugés à partir de ce lundi. L'auteur de l'attentat, Karim Cheurfi, Français de 39 ans au lourd passé judiciaire et déjà condamné en 2005 pour tentatives d'assassinat sur des policiers, avait été neutralisé peu de temps après l'assassinat du policier Xavier Jugelé, 37 ans, dans l'exercice de ses fonctions et les tentatives d'assassinat de ses collègues. 

Dans le box à partir de ce lundi 7 juin et jusqu'au 18 juin, se trouveront Nourredine A., 31 ans, qui comparait pour  "association de malfaiteurs terroriste" et Yanis A., 29 ans, et Mohamed B., 28 ans,  qui comparaissent pour "infraction à la législation sur les armes" (détention ou cession), sans que la circonstance aggravante de terrorisme soit toutefois retenue à leur encontre. Jugé pour la même infraction que Yanis A. et Mohamed B., M.M., 27 ans, comparait libre.  Ils sont soupçonnés d'avoir joué un rôle à des degrés divers la fourniture du fusil d'assaut utilisé par le terroriste. L'ADN de deux d'entre eux avait notamment été retrouvé sur l'arme du terroriste. 

"Il voulait se faire du policier"

Ce jeudi 20 avril 2017, Xavier Jugelé et ses collègues étaient mobilisés devant le numéro 102 de l'avenue des Champs-Élysées pour prévenir d'éventuels troubles en marge d'une manifestation qui devait se tenir à cet endroit. Xavier Jugelé et son collègue Cédric L. restent dans le fourgon tandis que les quatre autres policiers de l'équipage de la 32e compagnie d'intervention de la Direction de l'Ordre Public et de la Circulation (DOPC) se positionnent sur la voirie.

Assis dans le véhicule, le policier Cédric L. se souvient avoir vu alors "un truc arriver sur la gauche", "un fusil d'assaut, une grosse arme"  puis avoir "entendu des coups de feu". Xavier Jugelé est mortellement touché de deux balles dans la tête. Blessé à la fesse droite, le policier Cédric L. parvient à s'extraire du véhicule.  

Sur le trottoir à 25 mètres du fourgon avec les autres fonctionnaires, Victor Q. aperçoit, après avoir entendu les coups de feu "un individu courir" vers eux, armé d'une kalachnikov dont il fera usage. Ludovic T. Victor Q. et Nicolas C. ripostent et parviennent à neutraliser l'assaillant et à isoler son arme. 

Ludovic T., qui se souvient avoir vu le terroriste mimer le déclenchement d'une ceinture explosive, est touché d'un impact superficiel au niveau des côtes.  Une touriste allemande, Rebecca K. présente sur la plus belle avenue du monde au moment du drame a, elle, été atteinte par une balle perdue, mais s'en est sortie. 

Entendu par les enquêteurs, le fonctionnaire de police Cédric L. avait déclaré que l'auteur, au moment des faits, était "calme et déterminé à tuer". "Il aurait pu tuer un passant sans problème. Mon ressenti est qu'il voulait s'en prendre à nous, il voulait se faire du policier. Il était comme missionné, aucune panique, vraiment calme. Il n'a rien dit du tout", avait détaillé le fonctionnaire de police. 

Un attentat revendiqué par l'Etat islamique

L'attaque avait été revendiquée peu après par l'organisation État islamique (EI). À l'époque des faits, François Molins, alors procureur de la République de Paris, avait expliqué que Karim Cheurfi n'avait pas présenté de "signes de radicalisation" islamiste en prison. Un message manuscrit défendant la cause de l'EI avait nonobstant été retrouvé sur un papier près de son corps.  

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Par ailleurs, au cours des perquisitions à son domicile de Chelles en Seine-et-Marne, les enquêteurs avaient notamment découvert une crosse sciée, une boite vide de cartouche, un document manuscrit comprenant des sourates prescrivant la mort des mécréants et divers ouvrages islamistes, une vidéo islamiste ou encore des consultations Internet sur Daech. 

"Les attaques contre les forces de l'ordre ont été théorisées avec force par les islamistes de l'EI ou d'Al-Qaïda, et les incitations sur les réseaux sociaux à s'en prendre aux policiers et gendarmes se multiplient depuis 2014", relève auprès de l'AFP Me Thibault de Montbrial, avocat entre autres des parents et du compagnon de Xavier Jugelé, Etienne Cardiles. Pour lui, l'enjeu pénal du procès, jusqu'au 18 juin, "est que la cour reconnaisse la complicité" de Nourredine Allam, qu'il conteste.

Selon l'accusation, ce dernier, dont "toute radicalisation religieuse" est exclue, a vendu une kalachnikov à Karim Cheurfi "tout en sachant (...) que ce dernier avait une volonté résolue et affichée d'attenter à la vie de fonctionnaires de police".

Nourredine Allam, condamné à 19 reprises entre 2004 et 2013, parfois à de la prison ferme, pour des délits de droit commun, aurait par ailleurs dit au lendemain de l'attentat à son cousin, selon ce dernier, "avoir fait une 'énorme bourde'". 

Lui nie avoir acheté la kalachnikov pour la revendre à Karim Cheurfi. Aucune trace de ses empreintes n'a été retrouvée dessus.

Confronté aux déclarations en ce sens de deux autres accusés, il "évoque une sorte de complot monté contre lui".

"Nous contestons la qualification terroriste, a déclaré à l'AFP son avocate, Me Clarisse Serre. Il n'a rien à voir de près ou de loin (avec les terroristes islamistes), n'a pas le profil". "Même le motif terroriste islamiste de l'assaillant est sujet à caution", affirme Me Clarisse Serre.

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