Évacuation de migrants place de la République : un commissaire épinglé après un croche-pied

Évacuation de migrants place de la République : un commissaire épinglé après un croche-pied

POLICE – Après l’évacuation controversée de migrants de la place de la République lundi, un commissaire divisionnaire, auteur d’un croche-pied sur l’un d’eux, a commis un "manquement par un usage disproportionné de la force", selon la police des polices.

Une évacuation controversée, un geste déplacé et bientôt des sanctions. Le commissaire divisionnaire auteur d'un croche-pied à un migrant en marge de l'évacuation controversée de la place de la République, à Paris, lundi (voir vidéo en tête de cet article), a été épinglé trois jours plus tard par l'inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", dans un rapport rendu public jeudi par le ministère de l'Intérieur.

"L'action qui consistait à ralentir la progression d'un usager en prenant le risque de le blesser gravement par un croche-pied dans sa course, et alors que cet usager ne menaçait à ce moment ni les biens, ni les personnes, constitue un usage de la force qui ne pouvait se révéler conforme aux exigences de nécessité et de proportionnalité", écrit l’IGPN dans son rapport. "Ainsi, en ayant fait, sans doute en une fraction de seconde, le choix de ce geste, il a commis un manquement par un usage disproportionné de la force." 

"Je prendrai des sanctions contre lui", affirme Darmanin

Le ministre de l’Intérieur lui-même est monté au créneau contre ce geste. "Ce commissaire qui fait ce croche-patte totalement injustifié, je prendrai des sanctions contre lui, je demande la réunion du conseil de discipline", a déclaré Gérald Darmanin sur France 2, jeudi. Deux jours plus tôt, il avait demandé à l’IGPN de lui remettre un rapport sous 48 heures sur les violences observées lors de l’évacuation, parmi lesquelles ce croche-pied.

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Pour l'heure, aucun autre geste réalisé lors de l'évacuation n'a retenu l'attention de l'IGPN. S'agissant de l'enquête sur les coups qu'auraient reçus le journaliste du média en ligne Brut, Rémy Buisine, le rapport n'apporte pas de conclusion, les investigations n'étant pas terminées. "Des actes d'enquêtes restent à accomplir, des auditions, mais également la recherche et l'exploitation d'autres supports vidéos, notamment antérieurs à la scène afin de se prononcer sur d'éventuels manquements", écrit l'IGPN dans son rapport de synthèse.

Elle note que "le déroulé de l'action et sa chronologie tels qu'ils ressortent de ses (premières) auditions, ne sont ni corroborés ni infirmés par un témoin directement présent sur la scène ou par l'usager victime (le journaliste) qui n'a pas répondu aux sollicitations de l'IGPN". Une dernière phrase qui n’a pas manqué de faire réagir le journaliste. "C'est évidemment faux, je reste à disposition des enquêteurs dans les plus brefs délais", a répondu Rémy Buisine, dans un tweet. 

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