Fausses attestations de vaccination : une femme mise en examen à Grenoble

À Grenoble, une jeune femme de 30 ans a été mise en examen ce samedi. Employée dans un centre de vaccination, elle est soupçonnée d'avoir monnayé de fausses attestations. Ces derniers jours, plusieurs affaires de ce type ont été révélées.

PASS SANITAIRE - Une femme de 30 ans a été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire pour avoir fabriqué des certificats de vaccination factices, moyennant jusqu’à 250 euros par document.

De fausses attestations glissées dans le sac à main, une liste de plusieurs numéros de sécurité sociale barrés au fur et à mesure, une récompense perçue en liquide : le trafic bien rodé d’une employée de centre de vaccination a été démantelé par la police. Interpellée mercredi 21 juillet au principal centre de vaccination de Grenoble, la femme de 30 ans soupçonnée d’établir de fausses attestations de vaccination a été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire, a indiqué vendredi 23 juillet le parquet de la ville.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Déférée à l'issue de sa garde à vue devant un juge d’instruction, elle est poursuivie pour "réalisation de faux documents administratifs par personne chargée d’une mission de service public, détention et fourniture de faux". Conséquence : elle risque sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende.

L’accusée a d’abord "nié les faits devant les policiers" avant de reconnaître devant le magistrat instructeur "avoir réalisé une douzaine de fausses attestations et s’être fait parfois rémunérer", a indiqué dans un communiqué le procureur Eric Vaillant.

Bénévole au vaccinodrome, installé dans le centre d'exposition Alpexpo, elle avait pour mission d’enregistrer le patient à son arrivée au centre et de valider les attestations. Mais l’employée en profitait pour tamponner également de faux documents, pour permettre à des personnes non vaccinées d’obtenir tout de même leur QR code. 

Jusqu'à 250 euros pour un faux certificat

La trentenaire avait été interpellée mercredi par la police, après que le superviseur du centre de vaccination ait signalé que "plusieurs certificats de vaccination avaient été aperçus dans son sac à main". Un témoin a dit également avoir vu sur le téléphone de la trentenaire "des photos de cartes vitales". Parallèlement, deux certificats de vaccination ainsi qu'une feuille avec, "inscrits à la main, des numéros de sécurité sociale et des noms, barrés, à la manière d’une liste" ont été retrouvées lors de la garde à vue dans son sac. 

Une perquisition de son domicile a permis de découvrir également "la somme de 720 euros en liquide", a ajouté le magistrat. Selon Le Parisien, la jeune femme travaillait pour son propre compte mais aussi pour des intermédiaires, et avait fixé un tarif précis pour chaque document falsifié : 250 euros pour ses propres clients et 100 euros en cas d’intercesseur. 

Toujours selon le quotidien, la police a découvert a réseau d’ampleur : dans le téléphone portable de l’escroc présumée, on trouve beaucoup de photos de cartes Vitale reçues et de nombreux contacts liés à ce trafic. "L’enquête se poursuit pour identifier les co-auteurs, complices et destinataires des fausses attestations", a conclu le procureur. 

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Un trafic qui n'est pas isolé

La jeune femme a désormais plusieurs obligations à respecter : ne plus se rendre dans le centre d’exposition, pointer chaque semaine au commissariat, assurer une activité sociale ou professionnelle dans le secteur médical et rentrer en contact avec ses collègues de travail. 

La semaine passée, six personnes avaient été mises en examen, dont deux incarcérées, dans une enquête sur un trafic de faux certificats de vaccination menée par le parquet de Paris. 

Sur les réseaux sociaux, le trafic avait pris il y a plusieurs mois déjà : fin mai, la police a repéré sur Snapchat des "ventes flash" de vrais-faux certificats de vaccination contre 350 euros par document par un jeune faussaire de 21 ans se faisant appeler "Médecin formidable", selon Le Parisien. Son trafic a été démantelé au début du mois de juillet : le jeune homme et ses complices ont été placés en détention.

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