Féminicide à Hayange : la victime avait porté plainte pour "menaces de mort" contre son conjoint

Féminicide à Hayange : la victime avait porté plainte pour "menaces de mort" contre son conjoint

DÉFAILLANCES ? - Une jeune femme de 22 ans a été poignardée à mort en pleine rue à Hayange (Moselle) dans la nuit de dimanche à lundi et son compagnon a été interpellé. Selon nos informations, la victime avait porté plainte contre son conjoint.

Après le drame, des interrogations. Dans la nuit de dimanche à nuit, une jeune femme de 22 ans a été mortellement poignardée de plusieurs coups de couteaux en pleine rue, à Hayange, en Moselle. Soupçonné du meurtre, son compagnon, âgé de 23 ans, a été interpellé ce lundi 24 mai, après avoir pris la fuite, et mis en examen pour homicide sur conjoint. 

Appelés par les riverains, les pompiers arrivent sur les lieux vers 0h40, mais la "victime était déjà en arrêt cardiaque", a précisé Fabien Engelmann, maire RN de la ville à nos confrères de l'Agence France-Presse (AFP). Selon l'édile, les faits se sont produits "en face" du commissariat. 

Plainte déposée pour menaces de mort

D'après nos informations, la victime avait porté plainte, il y a quelques mois, pour menaces de mort à l'encontre de son conjoint, au commissariat local. "C'était une jeune femme très gentille, je la voyais très souvent. Mais lui, il était très violent. On avait dû appeler plusieurs fois la police parce qu'il lui tapait dessus, il faisait du trafic. Quand elle était seule, elle était enjouée, souriante, mais quand il était là, elle était morose", a confié une voisine, sous couvert d'anonymat, à l'AFP.

Selon Christian Mercuri, le procureur de la République de Metz, la plainte a bien été traitée et la victime aurait été contactée par un intervenant social de la police. Toujours d'après le procureur, la victime n'aurait pas donné suite aux démarches. Par ailleurs, la justice n'aurait pas eu connaissance de ce dépôt de plainte. 

On avait dû appeler plusieurs fois la police parce qu'il lui tapait dessus- Une voisine du couple

Parallèlement, selon nos informations, le suspect avait été condamné en comparution immédiate à l'automne 2020 à un an de prison ferme pour une série d'infractions au code de la route. Sa première demande d'aménagement de peine, refusée en première instance par le juge d'application des peines, a été accordée par la Cour d'appel de Metz. L'homme, de nationalité serbe, était donc sorti de prison le 12 mai dernier, soit une dizaine de jours avant les faits, et faisait l'objet d'une détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE). Le suspect était logé au domicile de la victime, son bracelet électronique y a été retrouvé.

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La jeune femme aurait signé une attestation, dans laquelle elle donne son accord pour le retour au domicile de son conjoint, nous a par ailleurs indiqué le procureur de la République. Dans le cas d'une mise en place du dispositif de surveillance électronique, une enquête est obligatoire pour voir si les conditions sont réunies. Mais reste désormais à savoir si cette dernière a bien été menée. 

Rassemblement en hommage à la victime mercredi

Le procureur de Metz doit tenir en fin de matinée une conférence de presse pour permettre d'apporter des éléments supplémentaires. Un rassemblement en hommage à la jeune femme est prévu mercredi 26 mai, en fin d'après-midi à l'Hôtel de ville d'Hayange.

Si l'enquête détermine que le conjoint de la victime est bien l'auteur du meurtre, il s'agira du 43e féminicide depuis le début de l'année 2021, d'après le collectif "Féminicides par compagnons ou ex". En 2020, 90 féminicides ont été recensés par le ministère de l'Intérieur, contre 146 l'année précédente. 

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