Féminicide de Mérignac : l'IGPN pointe les fautes de plusieurs agents

Le policier, qui a enregistré la plainte de Chahinez Daoud contre son mari en mars 2021, a été lui-même reconnu coupable de violence conjugale. Un policier condamné peut-il encore exercer ses fonctions ? Pourquoi était-il affecté au recueil des plaintes ?

POLICES - Le rapport de l'IGPN confirme que plusieurs fautes ou erreurs d'appréciation ont été faites par les agents dans l'affaire du féminicide de Mérignac. Chahinez Daoud avait été assassinée par son mari en mai 2021, après des plaintes restées sans effet, et malgré des violences antérieures avérées.

Une mission d'inspection avait déjà relevé des défaillances, ce qui avait déclenché l'enquête de la police des polices. Alors que Chahinez Daoud avait porté plainte en mars 2021, après de nouvelles violences de Mounir Boutaa contre elle, la jeune femme avait été sauvagement assassinée le 4 mai à Mérignac. L'IGPN confirme ce lundi que des fautes, ou erreurs d'appréciation de plusieurs agents, ont neutralisé les réactions judiciaires ou policières qui auraient pu empêcher ce meurtre.

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L'IGPN a remis son rapport au directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Veaux, qui peut désormais convoquer un Conseil de discipline, lequel devra prendre des sanctions contre les agents concernés.

Des plaintes et pas de réaction

Chahinez Daoud avait été blessée par balles puis immolée par le feu le 4 mai 2021, en pleine rue à Mérignac, par son mari dont elle vivait séparée.  Mounir Boutaa avait déjà écopé d'une peine de 9 mois de prison ferme en juin 2020, à la suite de violences contre son épouse. Alors qu'il avait poursuivi son harcèlement par téléphone depuis la prison, ce qu'une plainte de la jeune femme de 31 ans avait signalé, Boutaa avait été libéré en décembre 2020 à la faveur d'un aménagement de peine, sans qu'elle en soit prévenue. 

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Le 15 mars 2021, Chahinez dépose une nouvelle plainte, alors qu'il l'a frappée et a tenté de l'étrangler. Le mari violent pointe encore deux fois auprès de l'administration pénitentiaire, après ces faits de violence signalés, sans déclencher d'interpellation et alors que sa libération avait été assortie de la condition de ne pas approcher de la jeune femme ou de son domicile. 

Le cas du policier qui avait recueilli la plainte de la jeune femme moins de deux mois avant qu'elle ne soit assassinée, a été examiné en septembre par un conseil de discipline de la police. Deux ans d'exclusion dont un ferme avaient été recommandés, pour les faits de violence conjugale dont le policier s'était rendu coupable lui-même.

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