Fête clandestine en Bretagne : pourquoi les forces de l'ordre ne sont pas intervenues plus vite ?

Fête clandestine en Bretagne : pourquoi les forces de l'ordre ne sont pas intervenues plus vite ?

MAINTIEN DE L'ORDRE - Comment 2500 personnes ont-elles pu se rassembler pendant près de 2 jours lors d'une fête clandestine organisée à Lieuron en Ille-et-Vilaine en pleine crise sanitaire ? Pour expliquer le délai d'intervention, le ministère de l'Intérieur évoque une opération complexe.

La rave-party aura duré 36 heures. En pleine crise sanitaire. Quelque 2500 personnes, venues de toute la France et même de l'étranger, se sont rassemblées dans deux hangars désaffectés du village de Lieuron au sud de Rennes pour fêter le Nouvel an. Ce samedi matin, les fêtards quittaient les lieux après que le son a été coupé. " Presque 300 gendarmes et forces de l'ordres sont mobilisés", affirmait ce samedi matin, Camille Chaize, porte-parole du ministère de l'Intérieur sur LCI. 

"Il n'y a pas eu d'intervention des forces de l'ordre", souligne la préfecture, tout en précisant que les gendarmes, qui contrôlent les axes pour accéder sur les lieux, procèdent à des opérations de contrôle et verbalisations. "Ceux qui quittent les lieux sont verbalisés", a déclaré la porte-parole du ministère de l'Intérieur. Ce samedi matin, la préfecture a évoqué une "interruption du son" sans écarter la possibilité d'une reprise de la musique. Les fêtards ont décidé de ranger leur matériel et d'évacuer les lieux à partir de 6 h. " Il y a encore du monde sur place, l'intervention prendra du temps", a affirmé la porte-parole du ministère de l'Intérieur. 

Il aura fallu presque 48 heures aux forces de l'ordre pour mettre fin à cette fête clandestine. Jeudi soir, les gendarmes avaient tenté en vain "d'empêcher cette  installation et ont fait face à la violente hostilité de nombreux teufeurs", selon la Préfecture. Le ministre de l'Intérieur, Gerald Darmanin a ensuite convoqué une réunion vendredi soir afin d'organiser l'évacuation des fêtards, une opération complexe sur plusieurs points. Selon le ministère de l'Intérieur, "plus de 1200 verbalisations" ont été dénombrées, ce samedi matin,  pour non-respect du couvre-feu, non-port du masque et participation illicite à un rassemblement.

Une opération d'ordre public et de sécurité sanitaire- Camille Chaize, porte-parole du ministère de l'Intérieur

Pourquoi les forces de l'ordre ne sont-elles pas intervenues plus tôt ? "Ce n'est pas une intervention simple, où on débranche la sono. C'est plus compliqué et ça doit être organisé", explique la porte-parole  du ministère de l'Intérieur sur LCI.  Le nombre élevé de participants constituait une première difficulté. " Face à 2000 personnes, dont certaines peuvent être très violentes, il faut bien organiser les choses", souligne encore la porte-parole du ministère de l'Intérieur. Des renforts de gendarmes ont été appelés et les accès au site bloqués. 

Le contexte sanitaire a également joué un rôle important. Beaucoup de participants ne respectaient pas les gestes barrières ni le port du masque. "Il faut une double opération, d'ordre public mais aussi de sécurité sanitaire. Elle prend du temps à mettre en œuvre pour que le niveau de violence soit le plus bas possible", ajoute la porte-parole du ministère de l'Intérieur sur LCI. Afin de limiter une éventuelle propagation du virus, des secouristes ont distribué du gel et des masques aux participants mais samedi matin, nombre d'entre eux avaient pu quitter les lieux sans contrôle, d'après plusieurs témoignages.

Ça aurait viré à la casse dans tout le village. - Rose-Line Prévert, maire de Lieuron

Lors d'une première tentative d'intervention jeudi, "un véhicule de la gendarmerie a été incendié, trois autres dégradés et les militaires ont essuyé des jets de bouteilles et de pierres, occasionnant des blessures légères", 

Les forces de l'ordre ont décidé alors de se maintenir à distance et ont opté pour une autre stratégie. Les gendarmes se sont postés aux ronds-points environnants. "Ça aurait viré à la casse dans tout le village. La sagesse a peut-être fait qu'ils se soient repliés", a commenté Rose-Line Prévert, maire de la commune. 

Une enquête a été ouverte par le parquet et confiée à la brigade de recherche de Redon. L'objectif est de déterminer qui sont les organisateurs de cette fête clandestine. Les participants risquent une amende de 135 euros pour avoir pris part à une manifestation interdite. Les organisateurs s'exposent, eux, à une amende allant jusqu'à 1500 euros pour organisation illégale d'un rassemblement. 

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