Génocide rwandais : pourquoi un procès pour complicité de crime contre l’humanité se tient-il en France ?

Procès Claude Muhayimana

JUSTICE - Un troisième procès s'ouvre à Paris pour déterminer le rôle d'un ex-chauffeur dans l'organisation du génocide qui a fait près d'un million de victimes en 1994.

Vingt-sept ans après, un nouveau procès s'ouvre en France afin de faire la lumière sur le génocide rwandais, qui a causé plus de 800 000 morts, en majorité des Tutsis, dans des circonstances encore floues. Claude Muhayimana, un ancien chauffeur de l’établissement Guest House de Kibuye, dans l'ouest du pays, doit comparaître ce lundi devant la cour d’assises de Paris pour "complicité" de génocide et de crimes contre l’humanité.

Ce "citoyen lambda", comme le décrit son dossier judicaire, est accusé d'avoir aidé "sciemment" les tueurs et encourt la prison à perpétuité. S'il a bénéficié d'un non-lieu partiel concernant sa participation directe aux massacres, Claude Muhayimana est accusé par des dizaines de témoins d'avoir transporté les auteurs des tueries sur certains lieux, ce qu'il nie, affirmant avoir été absent de Kibuye à ces dates.

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En vertu de la compétence universelle

Ce procès est le troisième lié au génocide à se dérouler en France. En 2014 et 2016, la justice a déjà condamné un officier militaire, Pascal Simbikangwa, puis deux bourgmestres de l'époque pour leur responsabilité dans les massacres. Il s'agissait alors de responsables directs et d'autorités locales. Le nouveau procès qui s'ouvre lundi à Paris juge pour la première fois un "ordinaire" pour son rôle supposé dans les tueries.

Le travail des juges est loin d'être terminé. Vingt-neuf informations judiciaires et 5 enquêtes préliminaires, visant des personnes soupçonnées d'avoir organisé ou d'avoir été complices du génocide, sont actuellement ouvertes au pôle crimes contre l'humanité du tribunal judiciaire de Paris. La justice française peut en effet être saisie sur ces dossiers rwandais en vertu de sa compétence universelle, nécessitant que l'accusé soit arrêté sur le territoire français ou y réside, sur certains faits, dont le génocide et le crime contre l'humanité font partie. 

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