"Je ne sais pas comment l'expliquer", déclare l'ancien commissaire qui filmait sous les jupes des filles

"Je ne sais pas comment l'expliquer", déclare l'ancien commissaire qui filmait sous les jupes des filles

JUSTICE – Considérant que le prévenu avait "mis en place l'ensemble des mesures qui permettent d'éviter la réitération", le tribunal a dispensé de peine l'ex-numéro 2 de la police du Val-de-Marne qui était poursuivi pour voyeurisme pour des faits commis à l'été 2020 notamment au BHV Marais à Paris.

Il est venu à l'audience accompagné de son épouse. Cheveux poivre et sel, visage émacié, veste et chaussures en cuir, pantalon sombre, l'ancien directeur territorial adjoint de la sécurité de proximité du Val-de-Marne, aujourd'hui âgé de 61 ans, a reconnu à la barre, d'une voix à peine audible, les faits qui lui sont reprochés. "Je ne sais pas comment l'expliquer. Quand j'ai été interpellé, ça a été comme un électrochoc. J'étais complètement à côté de la réalité des choses", a déclaré l'ex-numéro 2 de la police du Val-de-Marne, parti à la retraite en 2020, avec un mois d'avance et après 37 ans de carrière. 

En août dernier, cet ancien commissaire général, qui dirigeait dans les années 90 le Service d'enquêtes sur les fraudes aux technologies de l'information (Sefti) spécialisé dans la cybercriminalité, s'est fait prendre dans les allées du BHV Marais alors qu'il filmait avec des caméras fixées sur ses chaussures sous les jupes des filles. C'est un agent de sécurité qui a prévenu la police. "Des vidéos de 5 minutes environ tournées au BHV ont été retrouvées. D'autres ont aussi été faites un peu plus tôt en juin dans une grande surface", a précisé ce mardi12 janvier à l'audience la procureure.

"Vous êtes déclaré coupable des faits qui vous sont reprochés. J'ai prononcé une dispense de peine car j'estime que vous avez mis en place l'ensemble des mesures qui permettent d'éviter la réitération", a indiqué la présidente de la 28e chambre au prévenu après s'être retirée pour délibérer. 

"La reconnaissance des faits, c'est déjà un pas"

À l'audience, la procureure avait rappelé que depuis la loi du 3 août 2018, le voyeurisme était désormais considéré comme un délit puni d'un an de prison et de 15.000 euros d'amende avant de prononcer un réquisitoire beaucoup moins sévère que la peine encourue. "Je ne me rapporterai pas à la chanson d'Alain Souchon car on n'est pas dans un jeu d'adolescents. Les victimes le vivraient comme une atteinte sérieuse à leur intimité si elles étaient au courant, a-t-elle insisté. Alors, comment expliquer ce passage à l'acte chez quelqu'un qui a eu un parcours exemplaire ? Les faits sont établis et reconnus. Monsieur a dans son audition, parlé d'une pulsion, d'un mal être profond lié à sa retraite, le 30 juin 2020. Un événement qui a pu  créer un effondrement. Une impression de se sentir inutile. Puis l'enquête sociale a été  éclairante mettant en avant des  épisodes dépressifs liés à plusieurs événements". 

Pour la magistrate, "la prise en compte et la reconnaissance des faits, c'est déjà un pas". "L'audience est une épreuve pour lui, on le voit. Je vous demande de le déclarer coupable des faits reprochés. Le souci premier est d'éviter la réitération des faits. Monsieur a entamé auprès d'une psychiatre clinicienne un suivi régulier qui est très investi. Il a une activité bénévole. Je serai assez favorable à une mesure d'ajournement du prononcé de la peine à septembre, une façon de garantir la poursuite des soins", avait-elle expliqué. 

Décès, maladie, et fin d'une longue carrière

L'avocat de l'ancien directeur adjoint territorial de la sécurité du Val-de-Marne médaillé d'honneur de la police nationale et chevalier de l'Ordre national du mérite, a confirmé que les actes de son client "sont l'expression d'un mal être". "Ce mal être trouve son explication dans les années maudites avec des décès en série -au nombre de sept sur deux ans- , la maladie qui a frappé sa femme -qui a eu un cancer-, la retraite, et un déménagement en province, a égrainé Me de Montbrial.  On a eu une sorte de mini pétage de plombs. Tout ça a abouti à un passage à l'acte, ça a pris cette forme-là, c'était quasiment voué à l'échec tout de suite, il ne pouvait le faire sans se faire prendre par les vigiles rapidement". 

Selon Me de Montbrial, son client "a pu prendre conscience et analyser certains éléments de sa vie privée", a "un sentiment de culpabilité" et s'inflige une sorte "d'autopunition".  L'ancien policier, discret, n'a rien voulu ajouter  pour sa défense avant que le tribunal ne se retire pour délibérer. Il n'aura finalement qu'à "régler les frais de procédure : 127 euros moins 20 % s'ils sont payés dans le mois", comme lui a rappelé la présidente.

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