Violences conjugales : lancement d'un film en réalité virtuelle pour sensibiliser les détenus

La réalité virtuelle pour lutter contre les violences conjugales. C'est le pari du nouveau dispositif présenté vendredi par le ministre de la Justice. Les hommes violents peuvent-ils comprendre en se mettant à la place de leurs victimes ?

INNOVATION - Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti annoncera ce vendredi le lancement d'un film en réalité virtuelle, destiné à placer les détenus condamnés pour violences conjugales dans la peau de la victime.

La réalité virtuelle pour lutter contre les violences conjugales. En visite à Poitiers pour le premier anniversaire du bracelet anti-rapprochement, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti va annoncer, ce vendredi 24 septembre, le lancement d'une nouvelle mesure destinée à éviter la récidive des violences conjugales. Celle-ci consiste à munir les individus condamnés pour ces actes d'un casque de réalité virtuelle afin de les mettre à la place de leur victime.

Objectif : "déconstruire le cycle de la violence"

Cette technologie, de plus en plus utilisée dans les jeux vidéo, permet une totale immersion grâce à la 3D. Le film, d'une douzaine de minutes, comporte trois parties. Dans un premier temps, le condamné est placé dans la peau de l'auteur des violences, puis à la place de la victime, et enfin à la place d'un enfant assistant à la scène.

"L'objectif est de se mettre à la place de l'autre sans effort et de donner accès aux émotions de la victime", explique le ministère de la Justice. "Les auteurs de violences conjugales sont souvent dans le déni. Dans le casque, il est impossible de fuir. Ce n'est pas juste un gadget, mais plutôt un outil coup de pouce pour les accompagnateurs pour déconstruire le cycle de la violence."

En vidéo

VIDÉO LCI PLAY - La réalité virtuelle pour lutter contre les violences conjugales

Vers un déploiement à grande échelle ?

Cette nouveauté est expérimentée à Villepinte (Seine-Saint-Denis) chez six personnes, des détenus condamnés ou des prévenus reconnaissant les faits ; et à Meaux (Seine-et-Marne) et Lyon (Rhône) chez, respectivement, douze et dix personnes libres exécutant leur peine en milieu ouvert. Ces 28 détenus ont tous reconnus les faits, et présentent des risques de récidive.

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L'expérimentation, qui a débuté le 15 septembre et doit durer trois mois, a été inspirée d'un projet similaire en Espagne. Dans la prison de Tarragone (Catalogne), les résultats ont été encourageants. "Chez certains, cela crée un vrai choc émotionnel", note la Chancellerie.

Le scénario du film français, dont le projet a débuté il y a près d'un an, a été travaillé avec des experts psychiatriques, des neuropsychologues ou encore des conseillers d'insertion. Si les résultats sont prometteurs, cette innovation pourra être déployée sur d'autres sites.

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