L'accueil des mineurs étrangers isolés génère un "appel d'air", assure une responsable du ministère de la Justice

L'accueil des mineurs étrangers isolés génère un "appel d'air", assure une responsable du ministère de la Justice

PAVÉ DANS LA MARE - La "générosité" de l'accueil des mineurs étrangers isolés en France créerait un "appel d'air" migratoire, a assuré devant les députés une représentante du ministère de la Justice.

En pleine amorce de la campagne présidentielle de 2022, le sujet a de quoi susciter la polémique. Mercredi, une responsable du ministère de la Justice auditionnée par la commission d'enquête parlementaire sur les migrations a assuré que la "générosité" de la prise en charge des mineurs isolés étrangers génère un "appel d'air" des flux migratoires vers la France.

"Le ministère de l'Intérieur a raison d'être vigilant sur l'appel d'air que constitue notre dispositif de protection de l'enfance, à la fois dans une logique de flux, mais surtout parce qu'il faut mesurer le parcours migratoire de ces enfants, qui sont envoyés parce qu'on sait que l'Europe protège les enfants", et qui arrivent "fracassés", a déclaré Charlotte Caubel, directrice de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) du ministère de la Justice.

Problématique des faux mineurs

"Il est de notre responsabilité de faire attention à cet appel d'air spécifique qui met les mineurs en danger", "de ne pas être naïfs dans notre générosité et donc de ne pas dire que toute personne arrivant et se prétendant mineure doit être protégée, entrer dans les dispositifs" réservés aux enfants, a-t-elle ajouté.

L'enjeu, a-t-elle expliqué, est "que des majeurs ne bénéficient pas de cette protection, sauf à noyer nos dispositifs". "Quand mes éducateurs passent deux ans à prendre en charge des personnes qui vont finir par donner leur identité et qu'ils ont 25 ou 28 ans, c'est de l'énergie qu'ils ne mettent pas pour les vrais mineurs", a déploré Charlotte Caubel, appelant de ses vœux à la création d'un "document provisoire d'identité" pour faciliter la prise en charge des jeunes.

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Environ 9500 mineurs non accompagnés (MNA) ont été placés en 2020, soit quasiment deux fois moins qu'en 2019 (16.760, -43%), en raison notamment de la chute des flux migratoires liée au Covid, selon les chiffres de la DPJJ. 

Lancée en mai à l'initiative du groupe composite Libertés et Territoires (LT), la commission d'enquête parlementaire sur les migrations doit rendre ses travaux en novembre.

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