La free-party de Redon, emblème "des dérives du maintien de l’ordre", dénonce Amnesty

La free-party de Redon, emblème "des dérives du maintien de l’ordre", dénonce Amnesty

RAPPORT - Des participants à une fête non autorisée à Redon, en juin dernier, avaient été violemment délogés par les forces de l’ordre. Au cours de l’intervention, que dénonce aujourd’hui Amnesty International, un jeune homme avait eu la main arrachée.

Dans un rapport intitulé "Redon : Freeparty de la répression", Amnesty International revient ce mardi 14 septembre sur les circonstances dans lesquelles une fête de plusieurs centaines de personnes a été évacuée par les forces de l’ordre en juin dernier dans l'Ille-et-Vilaine.

Une jeune fille a eu la joue trouée et plusieurs dents cassées par un éclat de grenade, alors qu’elle dormait.- Amnesty International

C’était le vendredi 18 juin dernier, peu avant minuit. Dans l’obscurité la plus totale et le brouillard des gaz lacrymogènes, une free-party organisée à Redon, en Ille-et-Vilaine, tentait d’être interrompue par les gendarmes. Sans autorisation de la préfecture et en pleine pandémie, le rassemblement s’était tout de même poursuivi pour rendre hommage à Steve Caniço -mort en 2019 pendant une intervention policière à Nantes- avant d’être stoppé samedi dans la matinée. Mais non sans violence, puisqu’un jeune homme de 22 ans avait eu la main arrachée au cours de l’opération et plusieurs personnes avaient été blessées, du côté des participants comme des gendarmes. "Une jeune fille a eu la joue trouée et plusieurs dents cassées par un éclat de grenade, alors qu’elle dormait. Un organisateur a eu des côtes cassées après avoir reçu un coup de matraque dans le dos", décrit Amnesty à partir des témoignages reçus.

Et l’ONG accable la politique du maintien de l’ordre décidée cette nuit-là, qu’elle considère comme une "dérive". Au terme de son enquête qui a donné lieu aux témoignages de douze personnes présentes à Redon, Amnesty estime que "l’usage de la force (…) n’était ni nécessaire, ni proportionné au regard du droit international". Parmi les critiques qu’elle dresse : un usage de la force "en premiers recours" sans de médiation préalable et des sommations "peu audibles". 

Un contrôle indépendant des forces de l'ordre

"Le cas de Redon se place dans un contexte de répétition des cas d’usage excessif de la force dans des opérations de maintien de l’ordre", pour l’association. Dans ce contexte, Amnesty demande la création d’un "organe indépendant chargé d’enquêter sur les plaintes déposées contre les agents de la force publique", alors qu’Emmanuel Macron a justement annoncé un contrôle de ce type dans le cadre de la fin du Beauvau de la sécurité. Deux enquêtes ont été ouvertes par la justice après les événements de Redon ; l’une pour "blessures involontaires" et l’autre pour "organisation illicite d’un rassemblement festif à caractère musical". 

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Depuis, le jeune homme ayant perdu sa main pendant l’intervention a porté plainte pour "violences volontaires" et pour "non-assistance à personne en danger". Après avoir été blessé vers 3h cette nuit-là, ce dernier avait été évacué en voiture par une jeune femme participant à la free-party puis déposé à l’hôpital de Redon, selon le parquet de Rennes.

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