Mila mise à l'écart de son lycée militaire : "On est à ses côtés pour trouver une autre solution", assure Gabriel Attal

Mila mise à l'écart de son nouveau lycée

MENACES - Le père de la jeune fille a accusé son internat militaire de l'avoir mise à l'écart à cause de son activité sur les réseaux sociaux. L'école dément et invoque un enseignement à distance. Le porte-parole du gouvernement assure que la situation n'est que temporaire.

Mila, l’adolescente menacée de mort pour avoir critiqué l’islam, est de nouveau au cœur d’une confrontation qui l’opposerait, cette fois-ci, aux institutions militaires. Dans une lettre incendiaire, le père de la jeune iséroise accuse l’école militaire, dans laquelle sa fille est scolarisée dans le plus grand secret pour assurer sa protection, de l’avoir exclue.

"Je suis effondré par autant de démission et de lâcheté. Après l'Éducation nationale, c'est l'armée qui renonce à scolariser une gamine de 17 ans", fustige-t-il dans sa "Lettre à ces lâches". Il accuse l’établissement d’avoir renvoyé sa fille au prétexte que, au cours d’une vidéo en direct sur les réseaux sociaux visionnée par "une vingtaine de personnes", elle aurait révélé le nom de son lieu de scolarisation, brisant le secret.

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Richard Malka, l’avocat de Mila, a précisé cette accusation : "En réalité, Mila s'est adressée à un garçon [...] en lui demandant s'il était toujours dans ce lycée, sans même mentionner qu'elle y était elle-même scolarisée. Sur ce fondement-là, il a été décidé qu'elle avait été imprudente et qu'elle devait être exclue".

Le père de la jeune fille poursuit sa critique d’une "conduite impossible à tenir" que lui imposait l’internat : les rappels à l'ordre de la direction "à chaque publication de Mila sur les réseaux, même insignifiante", son activité sur les réseaux sociaux "épiée par des militaires", la "pression incroyable" qu’elle subissait.

Un "enseignement à distance" plus sûr

Le ministère des Armées a formellement démenti ces accusations et explique que "Mila n'a pas été exclue", mais qu'il a été proposé à ses parents qu'elle "poursuive, pour un temps, son enseignement à distance dans un lieu sûr, le temps d'un apaisement de la situation sécuritaire".

L’institution a, en revanche, reconnu que cette décision intervient en réaction à son activité sur les réseaux sociaux. "Elle reste une élève de l'établissement", mais en raison "d'un certain nombre d'informations dévoilées, (...) sur les réseaux sociaux et dans la presse, (...) son maintien au sein de l'établissement lui fait courir un risque que l'on ne peut pas accepter, ni pour elle, ni pour les 750 élèves de l'école", a détaillé le ministère. 

"Nous pensons à elle et sommes à ses côtés dans l’épreuve qu’elle traverse. Mila a d’ailleurs exprimé toute sa reconnaissance auprès de l’institution militaire qui lui a tendu la main. Son encadrement, militaire et civil, a constamment été attentif à sa situation", a tenu à rassurer le communiqué.

Sur LCI, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal s'est dit "ému" de la situation : "C'est notre responsabilité, celle de la République, de la protéger". Indiquant également qu'elle n'avait pas été exclue mais qu'il "lui avait été proposé de suivre ses cours à distance", temporairement : "On est à ses côtés pour trouver une autre solution."

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En janvier dernier, la jeune Mila s’était retrouvée au cœur d’une violente polémique après avoir critiqué l’islam sur les réseaux sociaux. Cela lui avait valu une vague de critiques, allant jusqu’aux menaces de mort qui l’ont forcée à quitter son lycée. Deux personnes ont déjà été condamnées à des peines de prison pour des menaces de mort envers elle. D'autres sont encore mises en examen dans l'enquête sur des nouvelles menaces de mort proférées en janvier et la diffusion de ses coordonnées.

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