Les viols et violences intra-familiales en hausse pour la troisième année consécutive

Manifestation contre le viol à Paris en novembre 2020.

DÉCRYPTAGE - Le premier bilan de l'année de la délinquance publié par le ministère de l'Intérieur ce jeudi atteste d'une nette augmentation des viols (+11%) et des violences intra-familiales (+9%) en 2020. Il s'agit de la troisième année consécutive qu'une telle tendance est observée.

"Les indicateurs qui enregistraient une forte hausse en 2019 augmentent de nouveau en 2020, dans le contexte de la crise sanitaire, mais de manière plus modérée". Selon le rapport* publié ce mercredi par le ministère de l'Intérieur, le nombre de viols (+11%) et de violences intra-familiales (+9%) a augmenté pour la troisième année consécutive. La tendance de ces dernières années se poursuit donc dans le cadre d'un contexte sanitaire et social des plus inhabituels, alors que la plupart des autres indicateurs de la délinquance ont, eux, chuté. 

Les chiffres dévoilés révèlent que les autorités ont enregistré 24.800 viols sur l'année écoulée (contre 22.300 en 2019). Les autres types de violences sexuelles reculent, de leur côté, très légèrement (30.100 contre 30.900 lors de l'exercice précédent). L'ensemble des violences ou agressions sexuelles (y compris les viols donc) ont donc légèrement augmenté à l'échelle nationale (+3%) et particulièrement en Corse (+22,6%), Bretagne (+16,1%), en Nouvelle-Aquitaine (+10,2%) et en Normandie (+8,1%). En revanche, une décrue a été observée  en Île-de-France (-5,8%) et dans les Hauts-de-France (-1,4%). À noter que lors du premier confinement, ces mêmes faits semblent avoir largement diminué par rapport à la même période en 2019 (-56%). Cette tendance s'est toutefois inversée lors du reconfinement d'octobre (+5%). 

Le confinement, un "terreau favorable aux violences"

Pour ce qui est des violences intra-familiales dans l'Hexagone, la tendance reste également à la hausse (+9%) par rapport à 2019. 131.200 faits de cette nature ont été recensés en 2020 contre 119.800 lors de l'année précédente**. La part des victimes de violences intra-familiales représente désormais plus de la moitié des victimes de coups et blessures volontaires. Cette évolution n'est pas vraiment une surprise. Annie Guilberteau, directrice générale du Centre national d'information sur les droits des femmes et des familles (CNIDFF) annonçait en mars dernier sur France Culture que le confinement constituait "un terreau favorable aux violences psychologiques et physiques. Les instants d’intimité se font rares, surtout quand on habite un petit appartement". "On se prépare à la découverte de situations extrêmement difficiles", prévenait t-elle encore.  

Ces deux franches augmentations contrastent avec la forte baisse de la plupart des autres indicateurs de la délinquance en cette année de pandémie, selon l'analyse de la délinquance 2020 du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). Vols, cambriolages, dégradations de biens et homicides ont ainsi nettement diminué, parfois même drastiquement (-20%) pour les cambriolages de logements par exemple.

*Le rapport du ministère de l'Intérieur se base sur les faits constatés par les autorités. Les chiffres communiqués sont donc certainement sous-évalués puisque de nombreux viols ou violences ne sont pas signalés. 

**Ces statistiques ne concernent que les violences faites sur des personnes de plus de 15 ans. 

Si vous êtes victimes ou témoin de violences intrafamiliales, un numéro existe : le 3919

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