Ligoté à une cible au milieu de tirs de Mirage : un militaire porte plainte après un bizutage traumatisant

Une plainte a été déposée par un jeune militaire. Il y a deux ans, il a été victime d’un bizutage traumatisant sur la base aérienne de Solenzara, en Corse. Pendant 20 minutes, une cagoule sur la tête, il a été attaché à une cible de tirs.

CHOC - En 2019, une recrue de la base aérienne 126 de Solenzara (Haute-Corse) a été attachée à une cible lors de son arrivée avant d'être pris pour cible par des Mirage. Deux ans plus tard, il a porté plainte et une enquête a été ouverte.

Un moment extrêmement traumatisant. D'après les informations rapportées par une enquête de La Provence, un pilote aurait été cruellement bizuté à son arrivée à la base aérienne de Solenzara en 2019. Le quotidien régional rapporte qu'un matin de mars, le jeune trentenaire "bardé de diplômes" a débarqué sur l'île de Beauté en provenance d'Orange (Vaucluse). Quelques minutes plus tard, il est cagoulé et embarqué de force dans un pick-up par ses compagnons d'arme, direction le champ de tir de Diane, plus au nord. Arrivé sur place, il est immobilisé et ligoté à un poteau se trouvant au centre d'un terrain d'entraînement pour les avions de chasse. 

La scène qui va suivre fait froid dans le dos. Dans une séquence filmée par les auteurs des faits et racontée par La Provence, plusieurs avions Mirage vont multiplier les allers-retours au-dessus du militaire, multipliant les tirs de canon sur des cibles alentours. Pendant ces "vingt minutes" d'enfer, il a entendu des "bruits d'obus qui se fracassent, provoquant un bruit effrayant et impressionnant", témoigne-t-il. Il ajoute que, selon ses estimations, ces tirs réels ont été effectués sur des cibles à environ 500 mètres de lui. 

Une plainte pour violences et mise en danger d'autrui

Eprouvé, le pilote a par la suite demandé à plusieurs reprises une réaffectation. Sans succès. Il aura ensuite fallu deux ans à ce soldat pour briser la terrible loi du silence. Selon l'un de ses avocats, il a déposé une plainte  devant le parquet de Marseille pour "violences volontaires aggravées" et "mise en danger délibérée de la vie d'autrui". Maître Silvio Rossi-Arnaud a aussi fustigé "un scandale monstrueux". "Ils ont joué à la roulette russe avec des Mirage. C'est hallucinant, faire subir ça à un militaire, c'est du délire. On dirait un otage de Daech", ajoute-t-il. Invité d'Europe 1, un autre représentant de la victime, Frédéric Berna, dénonce des faits "extrêmement dangereux"  : "On l'a gravement mis en danger. Et on l'a très sévèrement traumatisé".

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L'armée de l'Air a ouvert une enquête et assure que des sanctions ont été prises. Sollicité par France 3 Régions, son porte-parole a indiqué : "Récemment informé d'un événement datant de mars 2019, le Chef d'état-major de l'armée de l'Air et de l'Espace (CEMAAE) a diligenté une enquête de commandement pour faire toute la lumière sur les faits portés à sa connaissance". "Cette enquête a conduit le commandement à engager le processus disciplinaire à l'encontre des responsables identifiés. Des sanctions fermes ont alors été prononcées", a-t-il complété condamnant "toute activité de nature à porter atteinte à l'intégrité physique, comme psychologique" des militaires. 

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