Incidents à la Commanderie : des peines de 3 mois ferme à 6 mois avec sursis pour des supporters de l'OM

La Commanderie, le centre d'entraînement de l'Olympique de Marseille.

INTRUSION - Trois semaines après les incidents à la Commanderie, un supporter de l'OM a écopé, mercredi 24 février, de trois mois ferme aménageables. Onze fans ont été condamnés à six mois avec sursis et deux autres ont été relaxés.

Une peine pour l'exemple. Un supporter de l'OM a été condamné, mercredi 24 février, à 3 mois de prison ferme et 11 autres à 6 mois de prison avec sursis pour les violents incidents survenus à la Commanderie par le tribunal correctionnel de Marseille, qui a relaxé deux prévenus. Le 30 janvier dernier, 300 supporters survoltés s'étaient rassemblés devant le centre d'entraînement Robert Louis-Dreyfus pour crier leur colère. Une partie avait fait réussi à s'introduire dans l'enceinte du centre sportif.

"Quand vous faites ça, vous n'êtes plus des supporters", avait fustigé le magistrat André Ribes pendant ses réquisitions. Selon lui, l'arrivée "concertée" des manifestants à la Commanderie "laissent penser que la manifestation ne (pouvait) que dégénérer". Reconnaissant toutefois une certaine forme d'"empathie" à l'égard des prévenus, qui ne sont pas à ses yeux des "voyous" mais des fans pris dans un effet de groupe, il avait requis 13 peines de 8 mois avec sursis, et une peine de 4 mois ferme sans mandat de dépôt pour un 14e qui avait déjà été condamné pour vol. C'est ce dernier qui a écopé de la peine la plus lourde.

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Huit avaient déjà fait de la détention préventive, et quatre comparaissaient encore détenus mercredi dans ce dossier dans lequel ils encouraient 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende. Âgés de 19 à 37 ans, les 14 supporters originaires de toute la France, et pas seulement de Marseille, ont tenté de se justifier dans une série de dialogues de sourds avec la présidente.

 "Je ne pensais pas que ça allait dégénérer autant, j'ai suivi bêtement, comme un âne", a assuré Mehdy, un chômeur de 25 ans qui a reconnu avoir pris part à la manifestation, mais a nié toute dégradation. Denis, 37 ans, intérimaire venu, était venu spécialement ce samedi-là de Montceau-les-Mines. Il était incarcéré depuis les graves incidents. "Pourquoi avoir porté des lunettes, une capuche et avoir été vêtu de noir ?", lui a demandé la présidente du tribunal. "Je n'étais pas un des leaders, j'ai vu la possibilité d'un début de dialogue avec les dirigeants", a rétorqué cet "amoureux" de l'Olympique de Marseille. 

87.000 euros de dégâts selon l'OM

Difficile de savoir qui a fait quoi. L'un a été vu par des policiers jeter des pierres, mais a assuré n'avoir "rien lancé". Un autre, interpellé seulement 10 minutes après le début des faits, assure s'être "barré" dès que la situation a dégénéré. Ce directeur adjoint d'une épicerie, membre des Ultras marseillais, a convaincu le tribunal, qui l'a relaxé. Un seul, le plus jeune, Romain, âgé de 19 ans seulement, habitant un quartier chic de Marseille, reconnaît les faits, notamment la dégradation d'un véhicule banalisé de police. "J'étais débordé par ma passion", a expliqué le garçon, cheveux mi-longs, chemise blanche.

Les avocats de la défense avaient réclamé des relaxes, faute de preuves matérielles contre leurs clients. "J'ai plus devant moi la photo de classe d'imbéciles que de voyous", avait argumenté Me Ludovic Para, estimant qu'il manquait aujourd'hui "les gros poissons". Cinq autres supporters, interpellés une dizaine de jours après les faits, doivent d'ailleurs être jugés le 22 mars.

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Graves incidents à la Commanderie : le centre d'entraînement de l'OM envahi

Au cours de cette intrusion par la force au sein de la Commanderie, des bureaux ont été dégradés, comme des véhicules, des portails ou des clôtures. Le club a chiffré le coût des dégradations à au moins 87.000 euros, selon un de ses avocats. La question des 140.000 euros de préjudice moral réclamé par l'OM a été renvoyée au 25 juin par la présidente du tribunal.

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