"Mayotte n'est pas une île de guerre" : après la mort de deux lycéens, la jeunesse mahoraise en colère

"Mayotte n'est pas une île de guerre" : après la mort de deux lycéens, la jeunesse mahoraise en colère

VIOLENCES - À une semaine d'intervalle, deux lycéens ont été tués, victimes de violences récurrentes entre jeunes de différents quartiers.

Des centaines de lycéens se sont réunis tôt, lundi 19 avril à Mamoudzou, pour battre le pavé après la mort de l'un des leurs, le jeudi précédent, une semaine après l'attaque fatale d'un autre lycéen dans le nord de Mayotte.

"Justice ! Justice ! Justice !", a entonné la foule d'environ 500 personnes, selon la police, en agitant le poing ou des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Mayotte n'est pas une île de guerre", "On veut la paix", ou encore "Bassi ivo" ("ça suffit", en mahorais). D'autres arboraient un t-shirt où ils ont griffonné "Justice pour Momix", le surnom de leur camarade de 17 ans, Ambdoullah, élève en seconde, décédé des suites d'une agression à un kilomètre de son établissement.

Cinq jeunes élèves du lycée Bamana ont été mis en examen dimanche 18 avril pour assassinat et sont détenus au centre pénitentiaire, a indiqué le procureur. "Les suspects ne sont pas connus de la justice et sont parfaitement insérés", a-t-il ajouté.

"Momix, c'était un camarade de classe, on sortait d'EPS et il s'est fait tuer. En plus, on l'avait déjà frappé une fois avant ça et voilà, maintenant, il est mort", raconte Saida Ousseni, une élève de 16 ans présente dans ce cortège. "Quoi qu'il arrive, on est perdant : on va à l'école, on se fait tuer, on ne va pas à l'école, on n'est rien du tout !"

Un autre lycéen tué une semaine plus tôt

Les élèves demandent plus de sécurité, alors que les intrusions sont fréquentes selon eux dans leur lycée. Une semaine avant l'agression de "Momix", des échauffourées devant l'établissement avaient conduit le proviseur et le rectorat à confiner les élèves, dans la crainte d'intrusions. Selon les premiers éléments de l’enquête, ce meurtre s'inscrit dans le cadre de violences récurrentes entre jeunes des quartiers de Cavani et Doujani à Mtsapéré, localité de la commune de Mamoudzou.

Une semaine avant la mort de Momix, Miki, un autre lycéen de 17 ans était tué sur le chemin entre son lycée et le bus scolaire, dans une autre localité de l'île.

En réaction aux récentes violences aux abords et sur le trajet des établissements scolaires, le maire de Mamoudzou a pris un arrêté pour rendre obligatoire l'accompagnement des mineurs jusqu'à leur école, un dispositif qui doit s'étendre également aux collèges du territoire communal. Mais l'annonce n'a pas été bien accueillie chez les élèves comme les parents d'élèves, dont certains sont venus soutenir leurs enfants ce lundi. 

"C'est impossible d'accompagner nos enfants jusqu'aux portes, on en a à l'école maternelle, au lycée, dans différents établissements", soulignent Rasmia et Fatima, toutes deux mères d'élèves scolarisés au lycée Younoussa Bamana. "Quand on amène nos enfants à l'école, on les place sous la responsabilité de l'établissement", ajoutent-elles en demandant des mesures pour sécuriser les abords des structures, comme le renfort de gendarmes et de policiers, voire en prêtant elles-mêmes main forte s'il le faut.

La mort de deux lycéens en l'espace d'une semaine fait craindre de nouveaux blocages dans ce département en proie à des violences urbaines qui touchent souvent les abords des établissements scolaires. Au lendemain de la mort d'Ambdoullah, une dizaine de voitures a été incendiée à Doujani, quartier dont seraient issus les suspects. En 2018, une grève générale qui avait paralysé l'île pendant trois mois avait débuté avec un droit de retrait dans un lycée du centre, après des caillassages et bagarres entre bandes rivales.

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