Meurtre de Sarah Halimi : sa sœur va porter plainte en Israël

Meurtre de Sarah Halimi : sa sœur va porter plainte en Israël

JUSTICE - Cette décision répond à l'arrêt de la Cour de cassation qui a confirmé, en avril, le caractère antisémite du meurtre de la sexagénaire mais aussi l'irresponsabilité pénale de Kobili Traoré. La soeur de la victime espère ainsi obtenir la tenue d'un procès.

"Non au déni de justice" : c’est par ces termes que les avocats de la sœur de Sarah Halimi ont annoncé l’intention de leur cliente de porter plainte en Israël contre le meurtrier de cette femme juive, tuée à Paris en 2017. Une décision qui fait suite à un "arrêt consternant écartant toute sanction pénale" en France, a appuyé Me Gilles-William Goldnadel, l’un des avocats d’Esther Lekover.

La loi israélienne s'applique aux crimes antisémites commis hors de ses frontières

La démarche d’Esther Lekover est rendue possible par la nationalité israélienne de cette dernière. La loi pénale du pays peut effectivement s’appliquer à des crimes antisémites commis hors de ses frontières et dénoncés par l’un de ses citoyens. La France n’extrade toutefois pas ses ressortissants.

Le 14 avril dernier, la Cour de cassation a entériné le caractère antisémite du crime, mais également confirmé l’impossibilité de traduire en justice Kobili Traoré en raison d’une abolition de son discernement au moment des faits. Selon les sept experts psychiatriques qui ont examiné l’homme, 27 ans à l’époque, celui-ci était en proie à une "bouffée délirante" lorsqu’il a fait irruption chez sa voisine de 65 ans. Il l’a ensuite rouée de coups avant de la jeter par-dessus le balcon du HLM de Belleville, tout en criant "Allah Akbar" et récitant des versets du Coran. Les analyses menées par la suite ont montré qu'il avait consommé du cannabis.

Deux ans plus tard, la cour d’appel de Paris déclarait Kobili Traoré irresponsable pénalement et ordonnait son hospitalisation, assortie de mesures de sûreté pour 20 ans. Saisie d’un recours, la Cour de cassation a donc confirmé cette décision, estimant la loi "ne distingue pas l’origine du trouble mental qui a fait perdre à l’auteur la conscience de ses actes". Pour la défense, le jeune homme vivait ce soir-là sa première crise psychiatrique, imprévisible malgré les effets habituels de l’ivresse cannabique ou alcoolique.

Cet arrêt a suscité une très forte émotion. "On ne peut pas supporter cette injustice", déclarait mardi William Attal, frère de la victime, en réaction à une décision "tellement immorale". Trois jours plus tôt, le président de la République réclamait une évolution de la loi. "Décider de prendre des stupéfiants et devenir alors "comme fou" ne devrait pas à mes yeux supprimer votre responsabilité pénale", commentait Emmanuel Macron. Des appels à manifester ont également été relayés pour ce dimanche à travers toute la France.

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