Mont-Blanc : mort d'un alpiniste après une périlleuse nuit de sauvetage

Le sommet du Mont-Blanc, surnommé le "Toit de l'Europe".

MONTAGNE - Malgré les multiples tentatives de sauvetage des secouristes dans la nuit et en pleine tempête et à 4000 mètres d’altitude, un alpiniste originaire d'Île-de-France est mort vendredi au petit matin sur la face nord du Mont-Blanc.

Jeudi soir à 18h50, les militaires du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix reçoivent un appel au secours. Un quadragénaire est seul près du sommet du Mont-Blanc. Il a perdu son chemin et est coincé vers 4800 mètres d'altitude par "la tempête, le vent, le froid", des conditions météo qui empêchent déjà une autre équipe de secouristes avec un hélicoptère de lui venir en aide.

Les secours retrouvent l'alpiniste dans des conditions difficiles à 4h du matin

Un second aéronef tente alors de monter d'autres gendarmes, mais le vent force le pilote à les déposer bas, à 3200 mètres, les contraignant à s'engager dans une périlleuse ascension nocturne. À 2h du matin, après avoir rejoint le refuge du Gouter et attendu une accalmie, ils s'engagent à la rencontre de l'alpiniste, dans l'obscurité, sur les glaciers, face à un vent de 80 km/h alors qu'ils sont sans nouvelles de l'homme depuis une heure et demie.

Ils le retrouvent vers à 4h10 au Grand plateau, une zone "mortifère" où il avait pu descendre, à 4000 mètres d'altitude, sous des blocs de glaces de grandes tailles qui menacent de se décrocher. Les trois secouristes font alors un "point chaud" autour de l'alpiniste en détresse pour retarder son hypothermie sévère.

Mais "à 5h30, toujours sous un vent terrible, l'alpiniste fait un arrêt cardiaque", raconte le commandant André-Vianney Espinasse, confirmant un récit publié par le quotidien régional Le Dauphiné Libéré.

Cette nuit, on s'est démenés, mais il n'y a pas eu de miracle- André-Vianney Espinasse, commandant du PGHM

Dans le même temps, une nouvelle tentative "d'extraction de l'impossible", visant à simplement emporter par câble la victime avec son harnais, échoue à nouveau en hélicoptère, car il y a trop de vent. "A l'issue de cette tentative avortée, à 6h15, j'ai pris la décision de dire à mes secouristes de quitter cette zone extrêmement dangereuse, en laissant l'alpiniste sur place", poursuit le gradé.

Il faudra finalement attendre l'intervention d'un hélicoptère des secours italiens, venu de l'autre côté du massif, pour "arracher le corps à la montagne" et le confier aux pompes funèbres. "Cette nuit, on s'est démenés, mais il n'y a pas eu de miracle", conclut André-Vianney Espinasse, qui souhaite rappeler que "le solo en haute montagne, c'est vraiment à proscrire, pour tous les dangers objectifs que ça contient."

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Ses hommes étaient déjà intervenus jeudi après-midi pour la chute mortelle, en randonnée, d'un homme de 65 ans près du glacier des Bossons. 

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