Mort d'Alisha : en toile de fond, les réseaux sociaux et le harcèlement

Selon le sondage 2020, réalisé pour le site Diplomeo, près de 17% des 16-25 ans dit avoir déjà été la cible de harcèlement sur les réseaux sociaux.

FAIT DIVERS - L'adolescente de 14 ans, dont le corps a été retrouvé lundi dans la Seine, aurait subi du cyberharcèlement de la part des du garçon et de la fille qui ont, ce mercredi, été déférés pour assassinat.

Toute innovation technologique peut avoir de merveilleuses applications, comme les plus funestes. Deux jours après le terrible drame qui a coûté la vie à une adolescente de 14 ans d'un lycée professionnel d'Argenteuil, retrouvée morte noyée dans la Seine, après un différend avec un couple d'adolescents, de nouveaux éléments ont fait jour. Et précisent l'enchainement des faits qui a mené à un telle tragédie.

D'après le récit des événements fait ce mercredi après-midi par le procureur de la République, les réseaux sociaux ont joué un rôle dans l'engrenage macabre ayant conduit au décès d'Alisha. Au moins une photo intime de la victime en sous-vêtements a été diffusée auprès d'élèves sur un groupe via l'application Snapchat. Un piratage réalisé sur le compte de l'adolescente qui aurait oublié de se déconnecter sur un portable. 

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Alisha, 14 ans, morte noyée après une altercation à Argenteuil

Un vol d'image qui fait dégénérer la situation

S'en serait alors suivi une véritable campagne de harcèlement. Selon la direction du lycée professionnel Cognacq-Jay, depuis le 5 février, l'établissement avait d'ailleurs mis en œuvre une "procédure disciplinaire pour répondre à la situation de tension entre ces trois élèves, suite au piratage du téléphone de la victime et à la diffusion de photos à caractère compromettant par ses deux camarades". 

Sous couvert de l'anonymat, une élève de Terminale raconte également à l'AFP comment la situation s'est envenimée encore un peu plus. La jeune fille interpellée"a tourné dans les réseaux sociaux que (la victime, ndlr) était une pute. Cela n'a pas plu à la victime et ça a dégénéré". Alisha "m'a parlé, elle m'a dit qu'elle se faisait harceler. Je l'ai vue se battre avec celle qui la harcelait devant les toilettes" la semaine dernière, a poursuivi cette élève, en pleurs.

L'équipe pédagogique conseille alors à Alisha et à sa mère de porter plainte à la police. Les deux élèves incriminés se voyaient, eux, interdits de se rendre dans l’établissement et étaient convoqués en conseil de discipline. Une réunion finalement décalée au mardi 9 mars.

"Ce qui est arrivé à cette jeune fille est absolument terrible et ignoble. Elle a été emportée par  le harcèlement, par une spirale infernale qui a conduit à ce drame", a souligné Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, évoquant un "phénomène nouveau qui se prolonge après les cours et après la classe".

Un usage toujours croissant des réseaux sociaux

Si le harcèlement via les réseaux sociaux ne semble pas être la cause première du décès d'Alisha, il paraît avoir été un catalyseur de la situation, radicalisant les intentions des deux mis en cause. Selon une étude, réalisée pour Diplomeo entre décembre 2020 et janvier 2021, près de 17% des jeunes de 16 à 25 ans disent avoir été victimes de cyberharcèlement. 

Un phénomène loin d'être négligeable à l'école, avec presque un jeune sur cinq victimes à un moment de sa vie de harcèlement numérique. Une majorité des jeunes de 16 à 25 ans, 52%, déclare d'ailleurs passer plus de trois heures par jour sur les réseaux sociaux.

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Un usage massif qui appelle sans doute, encore et toujours, davantage d'éducation et de sensibilisation des élèves sur les mésusages et les risques liés aux campagnes de dénigrement par Internet.

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