Mort de Zineb Redouane : sa fille porte plainte contre Castaner

Mort de Zineb Redouane : sa fille porte plainte contre Castaner

PLAINTE - Zineb Redouane, une octogénaire qui résidait à Marseille, est décédée en 2018 peu après avoir été touchée par une grenade lacrymogène.

La fille de Zineb Redouane, morte fin 2018 à Marseille après avoir été touchée au visage par une grenade lacrymogène, a porté plainte contre Christophe Castaner devant la Cour de justice de la République (CJR), selon son avocat. "La plainte a été envoyée ce jour", a dit mardi 1er décembre Me Yassine Bouzrou. Elle vise l'ancien ministre de l'Intérieur pour "altération et soustraction de preuves" et  met en cause des déclarations de Christophe Castaner sur l'affaire, qui auraient été un moyen d'"entraver la manifestation de la vérité", selon la plaignante.

"En aucun cas, je n'ai cherché à étouffer l'affaire"- Christophe Castaner, ancien ministre de l'Intérieur

Son avocat reproche notamment à Christophe Castaner d'avoir parlé à plusieurs reprises de "choc opératoire" pour expliquer le décès de la victime, et disculper ainsi d'emblée le tir de grenade lacrymogène par un policier. Il soupçonne aussi l'ex-ministre de l'Intérieur de s'être concerté en ce sens avec le procureur de Marseille à l'époque, Xavier Tarabeux. La plaignante accuse également Christophe Castaner d'avoir "donné directement l'ordre de ne pas saisir le lance-grenades" utilisé par le policier ce jour-là.

"Je n'ai jamais eu aucun échange avec le procureur" de Marseille, "tout ça est un pur fantasme d'avocat", a réagi l'ancien ministre mardi soir sur la radio RTL. "En aucun cas ces accusations ne sont fondées. En aucun cas, je n'ai cherché à étouffer l'affaire, en aucun cas je n'ai donné aucune instruction, ni en amont, ni au moment des faits, ni après." 

"L'expertise médicale a parlé de choc opératoire", "je n'ai pas beaucoup d'inquiétude" par rapport à la plainte. "Tout ça relève de la pure invention mais je regrette car je pense à cette dame", a poursuivi Christophe Castaner.

Une contre-expertise met en cause la police

L'octogénaire est décédée le 2 décembre 2018 à l'hôpital, 24 heures après avoir été touchée de plein fouet par une grenade lacrymogène tirée par la police, tandis qu'elle fermait une fenêtre de son appartement dans le centre-ville, où des manifestations se déroulaient.

Un rapport d'expertise remis dans le cadre de l'information judiciaire, dépaysée à Lyon et qui n'a donné lieu à aucune mise en cause pour l'instant, a conclu que le tir policier avait été effectué dans les règles - en cloche - et avait atteint la victime accidentellement. 

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Une contre-expertise indépendante, publiée cette semaine, conclut au contraire à un tir tendu, pratique interdite face à un immeuble d'habitation.

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