Mort du père Olivier Maire : "Il avait une culture, une connaissance, une façon d’être universelles"

Mort du père Olivier Maire : "Il avait une culture, une connaissance, une façon d’être universelles"

PORTRAIT - Le prêtre montfortain, Olivier Maire, tué ce lundi à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée) était une figure locale appréciée de tous. Ses proches décrivent un homme généreux doté d'une grande intelligence.

Une barbe blanche fournie et une monture de lunettes camouflent sa tête arrondie. "Il portait jusque dans les traits de son visage la générosité et l’amour de l’autre", a écrit le président de la République Emmanuel Macron sur Twitter. Des mots répétés à l'envi pour décrire le père Olivier Maire, tué ce lundi 9 août en Vendée par le présumé incendiaire de la cathédrale de Nantes en juillet 2020, qu'il hébergeait. 

Depuis plusieurs mois, le prêtre âgé de 60 ans accueillait à son domicile son assassin présumé dans le cadre du contrôle judiciaire auquel il était astreint. Selon l’évêque de Vendée, Mgr François Jacolin, le prêtre était un homme généreux et apprécié de tous. "Il a été victime de sa générosité", estime l'ecclésiastique sur LCI.

"On ignorait qu’il avait reçu cet homme"

Le père Olivier Maire faisait partie des missionnaires montfortains, une congrégation religieuse présente dans une trentaine de pays. Elle compte moins de mille prêtres et frères. Son altruisme aurait poussé l'homme d'Église à recueillir discrètement le réfugié rwandais - un fervent catholique - auteur présumé de son homicide. "On ignorait qu’il avait reçu cet homme. Je ne pensais pas qu’il faisait générosité à ce point", indique le père Paul Lemarié, membre de la congrégation des Montfortains. Dimanche soir, il avait longuement parlé avec Olivier Maire sans se douter que cela serait la dernière fois. "Il avait 60 ans, il pouvait encore beaucoup travailler", reprend-il. Sa vie entière, le père Olivier Maire l'aura consacrée à la religion et aux autres. 

Né à Besançon, où il avait effectué l'essentiel de sa scolarité, l'homme de foi a ensuite vécu plusieurs années en Haïti avant d’être ordonné prêtre en 1990. C'est ce que raconte son frère, Jérôme Maire, qui habite toujours dans la capitale comtoise. Quand il parle d'Olivier Maire, il dépeint "quelqu’un de très réservé sur ce qu’il faisait.". Son diplôme de psychologie et de spiritualité obtenu à Rome, Olivier Maire décide de partir en Ouganda pour devenir maître des novices de sa congrégation. "À cette époque déjà, il était très ouvert aux souffrances des autres. Il se rendait souvent en prison et organisait des matchs de football avec les prisonniers ", rembobine, dans La Croix, le père René Paul, prêtre montfortain de Pontchâteau (Loire-Atlantique).  Il restera en Afrique pendant huit ans avant de revenir en France "pour être plus proche des gens", confie son frère. 

Une façon d’être qui était universelle- Frère Claude Marsaud, provincial de l’institut des Frères de Saint-Gabriel

En plus de sa générosité, le père Olivier Maire se distinguait par sa culture religieuse. Celui qui était le supérieur provincial des missionnaires montfortains depuis dix ans faisait office de spécialiste lorsqu'il s'agissait des écrits de Louis-Marie Grignion de Monfort, le fondateur de sa communauté. Si le religieux connaissait tout de la vie de son Saint,  ce n'était pas pour garder ce savoir jalousement. Non, le père Olivier Maire voulait transmettre ses connaissances avec le plus de personnes possible. Au micro de LCI, le père Paul Lemarié, membre de la congrégation des Montfortains, évoque une personne "d’une grande intelligence, diplômée dans bien des choses (...) Et il n'avait pas l'orgueil de son savoir. On n’en trouvera pas un autre comme lui". 

Le père Olivier Maire s'était hissé au rang des principaux représentants de la congrégation des Montfortains. "C’est une perte incommensurable au niveau de la congrégation. Il avait une culture, une connaissance, une façon d’être qui étaient universelles", s'émeut Frère Claude Marsaud, provincial de l’institut des Frères de Saint-Gabriel. Pour le qualifier, le religieux use d'une anaphore : "C’est un missionnaire, c’est un prêcheur, c'est un prédicateur." Un membre de la communauté religieuse, le père Jean-Baptiste Dombélé, déclare à propos de la victime : "C’était un homme plein d’humanité". 

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Au-delà de sa communauté religieuse, c'est tout le village de Saint-Laurent-sur-Sèvre qui lui rend hommage. "Il était tellement proche de nous, c'est comme si j'avais perdu un papa", décrit une habitante les larmes aux yeux. À quelques mètres, un homme dresse en quelques mots un nouveau portrait élogieux : "Il accordait crédit à chaque personne et je pense que chaque rencontre était une occasion de faire grandir la dignité." Enfin, il y a ceux qui restent stupéfaits, encore marqués par la brutalité de sa mort : "Hier il donnait un concert d’orgue et aujourd'hui il n'est plus là." La règle de trois de père Olivier Maire pourrait se résumer ainsi : un grand musicien, un érudit et un homme tourné vers les autres. 

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