Nicolas Sarkozy condamné : l'audience racontée de l'intérieur

Nicolas Sarkozy condamné : l'audience racontée de l'intérieur

JUSTICE – L'ancien président de la République a pris acte de sa condamnation ce lundi à trois ans d'emprisonnement, dont un ferme, pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite "des écoutes". Une audience à l'issue de laquelle il est reparti impassible et sans dire un mot.

Photographes, cameraman, rédacteurs, chroniqueurs, près de cent journalistes l'attendaient ce lundi. Certains étaient présents dès 9h du matin devant la salle d'audience, la 2.01, pour s'assurer d'avoir une "bonne place" pour immortaliser l'arrivée de l'ancien chef de l'État.   

À 13h17, souriant et détendu, Nicolas Sarkozy, devancé par son avocate Me Laffont, fait son apparition dans les crépitements des appareils photos. Comme il l'avait déjà fait tout au long de son procès qui s'est tenu fin novembre - début décembre, il salue la presse d'un geste de la main. Comme à chaque fois qu'il s'est rendu au tribunal, certains fonctionnaires de police lui adressent un salut républicain. 

Une fois dans le prétoire, vêtu d'un costume et cravate bleu marine, barrette rouge épinglée au revers, l'homme politique de 66 ans, ne laisse rien deviner derrière le masque qu'il porte.

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Affaire des "écoutes" : Nicolas Sarkozy condamné en première instance

Apartés dans la salle d'audience

En attendant le début de l'audience au cours de laquelle le tribunal va rendre son jugement, Nicolas Sarkozy déambule dans la salle, discute avec plusieurs personnes qui s'y trouvent. Quelques mots sont ainsi échangés avec le ténor du barreau Me Hervé Temime - qui défend dans le dossier Thierry Herzog -, ou encore avec Michel Gaudin, fidèle ami du prévenu qui fut aussi préfet de police de Paris à l'époque. 

Il n'est pas encore 13h30, l'heure à laquelle doit débuter l'audience quand l'ancien chef de l'État s'assoit sur le banc qui lui est réservé, aux côtés des autres prévenus, son avocat Thierry Herzog  et le haut magistrat Gilbert Azibert. Jugé pour "corruption active sur personne dépositaire de l’autorité" et "trafic d’influence actif sur personne de l’autorité publique", l'ancien président de la République sait qu'il risque gros. Le Parquet national financier avait en effet requis quatre ans de prison dont deux ferme le 8 décembre à l'encontre de Nicolas Sarkozy encourt la peine maximale de 10 ans d’emprisonnement et de 1 000 000 euros d’amende.

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La condamnation tombe, les visages se ferment

Il ne faut que quelques minutes, après que Christine Mée, la présidente de la 32e chambre du tribunal judiciaire de Paris, débute la lecture de son jugement pour que tout le monde comprenne que la relaxe ne sera pas prononcée, comme l'avaient plaidée les avocats de la défense. Sur leur banc, les prévenus demeurent immobiles, impassibles, écoutant attentivement le délibéré : "La preuve du pacte de corruption ressort d'un faisceau d'indices graves" souligne notamment la présidente. "Nicolas Sarkozy était le garant de l’indépendance de la justice. Il s’est servi de son statut d’ancien président pour gratifier un magistrat ayant servi son intérêt personnel. De surcroît, Nicolas Sarkozy est avocat", ajoute-t-elle. Pour le tribunal, les trois là sont coupables...

Les prévenus sont ensuite appelés à la barre. La présidente prononce les condamnations une à une. Pour tous, ce sera "trois ans d'emprisonnement dont deux avec sursis" avec une interdiction d'exercer la profession d'avocat pendant cinq ans pour Me Herzog. Les visages se ferment. Plusieurs avocats expriment leur contestation par des mouvements de la tête. La magistrate précise que la partie ferme de la peine pourra être aménagée à domicile avec bracelet électronique. En moins d'une petite heure, l'audience est levée. 

Nicolas Sarkozy échange quelques mots avec son avocate. Plus vite encore qu'il n'y est entré,  il quitte ensuite la salle, là encore sans faire de commentaire. Tous feront de même. Aucune déclaration des prévenus, aucune réaction de leurs avocats n'ont été prononcées à l'issue de ce jugement. À 14h15, l'ex-président de la République s'est déjà engouffré dans une berline noire qui, moins de dix minutes plus tard, devait le conduire à son bureau de la rue de Miromesnil dans le VIIIe arrondissement de la capitale.

Il fera appel... ou pas

Peu après, Thierry Herzog, avocat historique de Nicolas Sarkozy a fait appel, ont annoncé ses avocats. "L'appel est suspensif sur toutes ces dispositions. Nous sommes plus déterminés que jamais à obtenir la relaxe de Me Herzog qui est présumé innocent", ont déclaré Hervé Temime et Paul-Albert Iweins.

À 16h, Me Dominique Allegrini annonçait à LCI que son client Gilbert Azibert interjetait lui aussi appel du jugement. Moins d'une heure après, Me Jacqueline Laffont, l'avocate de Nicolas Sarkozy a annoncé que son client avait pris la même décision. 

En attendant le procès en appel, l'ancien chef de l'État retrouvera dans quelques jours le banc des prévenus. Cette première condamnation intervient en effet alors qu'il doit faire face à nouveau à des juges, dès le 17 mars, au procès de l'affaire "Bygmalion", portant sur les frais de sa campagne présidentielle de 2012.

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