VIDÉO - Nouvelle requête pour Omar Raddad : retour sur une affaire vieille de 30 ans

VIDÉO - Nouvelle requête pour Omar Raddad : retour sur une affaire vieille de 30 ans

ÉNIGME JUDICIAIRE - Trente ans presque jour pour jour après le meurtre de Ghislaine Marchal, la défense d'Omar Raddad, va déposer, ce jeudi, une nouvelle requête en révision de son procès.

Depuis trois décennies désormais, le dossier judiciaire Omar Raddad fait partie des plus mystérieux de France. Une affaire débutée par un meurtre il y a trente ans, puis une condamnation trois ans plus tard et, finalement, une grâce partielle au bout de sept ans d'emprisonnement. Mais le jardinier marocain est toujours considéré coupable par la justice française. C'est d'ailleurs l'objet de la nouvelle requête en révision de son procès que déposera sa défense, jeudi 24 juin.

"Omar m'a tuer"

Tout commence le 23 juin 1991, lorsqu'une femme de 65 ans, Ghislaine Marchal, riche veuve d'un équipementier automobile, est tuée de plusieurs coups de couteau dans la chaufferie de sa villa de Mougins (Alpes-Maritimes). Sur deux portes, sont retrouvées les inscriptions, écrites avec le sang de la victime : "Omar m'a tuer" (sic) et "Omar m'a t". Quatre jours plus tard, Omar Raddad, le jardinier de Ghislaine Marchal, est inculpé d'homicide volontaire et écroué à Grasse. 

En août de la même année, des expertises graphologiques concluent que la victime a écrit de sa main le désormais célèbre "Omar m'a tuer". C'est notamment ce qui amènera la condamnation d'Omar Raddad par la Cour d'assises des Alpes-Maritimes, le 2 février 1994, à 18 ans de réclusion criminelle, sans possibilité de faire appel à l'époque.  

Omar Raddad a multiplié les recours

Le 10 mai 1996, le président Jacques Chirac accorde une grâce partielle à Omar Raddad. Ce dernier bénéficie donc, le 4 septembre 1998, d'une libération conditionnelle après avoir passé plus de sept ans en prison. Néanmoins, cette grâce ne vaut pas annulation de la condamnation et ne l'innocente pas. 

Le jardinier marocain, qui a toujours clamé son innocence, a multiplié les recours pour, dit-il, faire éclater la vérité. Le 27 janvier 1999, sa défense dépose une requête en révision auprès de la Cour de cassation. L'année suivante, une expertise ôte toute certitude sur l'identité de l'auteur de l'inscription "Omar m'a tuer".

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En 2001, de nouveaux travaux concluent que du sang masculin retrouvé dans une trace de main n'est pas celui d'Omar Raddad. Malgré ces éléments, la Cour de révision rejette, l'année suivante, la requête de celui qui a été reconnu coupable sept ans plus tôt.

En 2008, Omar Raddad change d'avocat. Jacques Vergès, qui le défend depuis le début de l'affaire, laisse la place à Me Sylvie Noachovitch. Cette année-là, elle dépose une deuxième demande de révision du procès. C'est elle aussi qui déposera, au palais de justice de Paris, ce jeudi, une nouvelle requête en révision.

Des traces ADN retrouvées

Le 5 novembre 2015, les investigations sont relancées et des traces d'ADN "exploitables" sont retrouvées, selon le parquet de Nice. C'est à lui que Me Noachovitch a demandé de nouveaux prélèvements, en s'appuyant sur la loi du 20 juin 2014 qui assouplit les critères pour obtenir la révision d'un procès. 

Ces quatre empreintes génétiques - deux empreintes parfaitement exploitables et deux autres partiellement - correspondant à quatre hommes non identifiés. Elles avaient été trouvées sur deux portes et un chevron qui se trouvaient sur la scène du crime. C'est sur ces deux portes qu'avait été écrit "Omar m'a tuer", en lettres de sang.

En 2019, un expert rend un rapport, que Le Monde a dévoilé ce lundi. Le document conclut à la présence d'une trentaine de traces d'un ADN complet masculin n'appartenant pas au jardinier et trouvées dans l'une des inscriptions. D'après l'avocate d'Omar Raddad, l'expert évoque des "hypothèses de transfert primaire direct ou indirect au moment des faits", ce qui signifie que l'ADN aurait été déposé potentiellement par l'auteur du message.

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