Paris : ils organisaient des parties clandestines de poker, cinq interpellations

ILLUSTRATION

FINI DE JOUER - Quatre hommes et une femme qui organisaient des parties clandestines et itinérantes de poker dans la capitale ont été interpellés samedi et dimanche derniers.

Lorsque les enquêteurs pénètrent dans l’appartement, bingo ! Tout y est : dans un nuage de fumée de cigarettes, ils découvrent des tables, des jeux de cartes, des jetons… Il est 21h, trois heures après l'entrée en vigueur du couvre-feu donc, une dizaine de joueurs vient de démarrer une partie de poker en plein Paris. 

Cela faisait deux mois, qu’une quinzaine de policiers du service central des courses et jeux travaillait sur l’affaire. Les organisateurs étaient bien rodés : ils proposaient des parties clandestines sur les réseaux sociaux, comme Snapchat, et louaient chaque semaine un nouvel appartement pour jouer.

"Ce qui est intéressant et inédit, c’est que là on a affaire à une offre de jeux 'airbnb', itinérante, avec un lieu différent tous les week-ends", explique le commissaire divisionnaire Eric Levy-Valensi. "Et cela est très pratique pour eux, car dans ce type de locations, les organisateurs n’ont qu’à donner un code aux participants, pour qu’ils récupèrent discrètement les clés dans un boîtier et accédent à la salle de jeu."

  

Mais samedi soir, les policiers ont mis fin à ce réseau qui agissait dans le sud parisien et sa proche banlieue. Après des semaines de surveillance, ils interviennent dans un appartement du 13e arrondissement loué pour trois jours. Les joueurs venaient de s’acquitter d’un droit d’entrée de quelques dizaines d’euros, et ce sont près de 5000 euros qui ont été retrouvés dans la caisse. Tous les participants ont été auditionnés et deux organisateurs arrêtés ce soir-là.

Jusqu'à sept ans de prison

Le lendemain, la police met la main sur trois autres protagonistes. Ils aidaient à l’organisation : location du bien, transport du matériel, recrutement des joueurs... Au total, ce sont cinq individus qui ont été placés en garde à vue, parmi eux, une croupière d’un établissement officiel. 30.000 euros ont aussi été saisis, une partie en liquide et une partie sur des comptes bancaires.

En raison du Covid, les clubs de jeux sont fermés et cela frustre les joueurs les plus compulsifs. Mais pour l’adjoint au chef du service central des courses et jeux, ce phénomène n’est pas seulement lié aux fermetures sanitaires. "Les tripots clandestins pullulent depuis la fermeture des 'cercles de jeux'. Il y a désormais des clubs officiels, mais la discipline et la rigueur dans la gestion de la clientèle posent problème à un certain nombre de joueurs, notamment à ceux qui ne souhaitent pas donner leur nom. Et puis on constate aussi que les amateurs de cartes aiment bien fumer en jouant, et cela n’est possible que dans les lieux clandestins."

Lire aussi

En tout, quatre personnes ont été déférées hier au tribunal judiciaire de la capitale. Le parquet de Paris indique qu’elles sont convoquées à audience ultérieure devant le tribunal correctionnel pour être jugées. Elles risquent jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende pour tenue illicite d’une maison de jeux de hasard en bande organisée.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid-19 : près de 20.000 nouveaux cas ce dimanche

Marthe Villalonga, un amour caché pendant 50 ans

EN DIRECT - États-Unis : "Le voyage est loin d'être terminé", assure Trump à ses supporters

PHOTO - La Nasa publie une vue panoramique de Mars prise par Perseverance

Désormais autorisé dans les cabinets médicaux, le vaccin AstraZeneca est en forte progression

Lire et commenter