Paris : un homme jugé vendredi après les tirs de mortier sur des toxicomanes au jardin d'Éole

Paris : un homme jugé vendredi après les tirs de mortier sur des toxicomanes au jardin d'Éole

JUSTICE – Un jeune homme âgé de 22 ans doit comparaître vendredi 9 juillet devant la 13e chambre du tribunal correctionnel de Paris après les tirs de mortiers survenus le samedi 26 juin au jardin d'Éole, où étaient rassemblés des toxicomanes.

Il a 22 ans, il est livreur dans un grand groupe, il aime le sport et est un riverain du Jardin d'Éole où ont été regroupés les toxicomanes, du 17 mai dernier au 30 juin, avant d'être évacués et laissés sur le trottoir sur le pont Riquet notamment. Comme beaucoup dans le quartier, Rina*, ne supporte plus la présence des "crackeux" et des dealers au pied de son immeuble et l'attitude des autorités qui les laissent là, en errance. 

Le 25 juin dernier, il voit un message sur Snapchat appelant a tiré aux mortiers d'artifice le lendemain sur les "tox et les maudou", les maudou désignant les dealers de galettes de crack. "Mon neveu a acheté un mortier ce jour-là mais c'était pour la fin du match de foot qui avait lieu plus tard. Il voulait le tirer en cas de victoire, après l'avoir vu dans un bar ou une fan zone", soutient Taous, la tante du jeune homme, ce dernier ne souhaitant pas s'exprimer pour le moment.  

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Le samedi 26 juin, Rina va au foot, puis rentre chez lui en début d'après-midi. Un peu avant 16 heures, il entend les tirs dans le parc, à l'encontre des toxicomanes et de leurs fournisseurs, et décide de rejoindre les tireurs avec son accessoire. "Les policiers l'ont vu à l'entrée du parc, il a rebroussé chemin. Il a jeté son mortier dans la rue du Département, puis a été interpellé rue de l'Aqueduc. Puis il a été placé en garde à vue, pendant près de 48 heures. C'est le seul qui a été interpellé ce jour-là alors qu'une vingtaine de personnes tiraient au mortier dans le parc. C'est incompréhensible. Il a été pris, parce qu'ils n'ont pris personne d'autre", souligne Taous. 

Ce vendredi 9 juillet, Rina doit comparaitre à 13h30 devant la 13e chambre du tribunal correctionnel  pour "participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou dégradation de bien en récidive" et  "manipulation d'article pyrotechnique de catégorie F4 T2 ou P2 sans certificat de formation ou habilitation à récidive".

"Il ne s'est même pas servi du mortier"

Joint par LCI ce jeudi, Me Calvin Job, avocat de Rina, ironise sur la situation. "On a interpellé ce jeune homme après des tirs de mortier alors que lui n'a même pas utilisé le sien ! C'est écrit sur le procès-verbal, le mortier n'a pas été utilisé, nous dit-il. Par ailleurs, on parle de 'participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou dégradation de bien en récidive' mais il était seul !".

"Rina reconnaît bien avoir acheté un mortier, comme il l'avait déjà fait par le passé, mais pour la fin du match de foot un peu plus tard en cas de qualification de la France, assure l'avocat comme l'a fait la tante du prévenu. S'il est descendu le samedi 26 juin avec son mortier, c'est parce qu'il est concerné par le problème des toxicomanes. Ses grands-parents et sa tante ont été agressés, son frère a eu son véhicule cassé, les boîtes aux lettres de l'immeuble sont fouillées systématiquement. Il y a une action certes illégale des tireurs de mortier mais qui est légitime, car ils subissent sans intervention des pouvoirs publics la présence des toxicomanes. C'est pour ça que mon client y va finalement ce jour-là, c'est par solidarité".

Avant que son client ne soit jugé, l'avocat va soulever l'incompétence du tribunal sur l'infraction de "manipulation d'article pyrotechnique" qui est "sanctionné d'une contravention de 5e classe". "A priori, c'est le tribunal de police qui serait compétent", nous confie l'avocat. Le tribunal pourrait donc n'avoir à juger que la "participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou dégradation de bien en récidive". "Pour cela, je plaiderai la relaxe car cette infraction n'est pas constituée", pointe l'avocat.

* Le prénom a été modifié

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