Violée par un ami de ses parents dès ses 5 ans, une femme attaque l'État pour "faute lourde"

Violée par un ami de ses parents dès ses 5 ans, une femme attaque l'État pour "faute lourde"

JUSTICE – Karine Jambu, 23 ans aujourd'hui, attaque l’État pour "faute lourde" ce mercredi devant la cour d’appel de Paris pour ne pas l'avoir protégée malgré des signalements quand elle était enfant. Celle-ci a été violée de 2005 à 2007.

L'enfer a commencé pour la fillette quand elle n'avait que 5 ans et s'est poursuivi pendant plus de deux ans. Dix-huit ans après ces faits, Karine Jambu a décidé d'attaquer l'État pour faute lourde et le dossier sera plaidé ce mercredi après-midi devant la cour d'appel de Paris. Cette jeune femme âgée de 23 ans a été violée à de multiples reprises, de 2002 à 2005, par un ami de ses parents, un certain Roland B. 

Une dizaine de signalements ont été faits à l'époque mais le parquet de Rennes n'avait pas pris en compte les plaintes. 

De nombreux signalements.. et pourtant

À partir de 2002, les parents de K. avaient hébergé Roland B., connaissant pourtant ses antécédents d'attentats à la pudeur sur mineurs. Il restera quelques années au domicile, aux côtés de sa victime en la violant à maintes reprises. Les personnels de l'école de la fillette, des médecins, les services sociaux, et même des voisins, inquiétés par certains événements ou par le comportement anormalement sexualisé de l'enfant, vont effectuer une dizaine de signalements. 

Le parquet de Rennes les classe finalement sans suite. Et ce ne sera que des années plus tard qu'une enquête préliminaire sera ouverte et un juge d'instruction nommé.

Karine Jambu est, elle, placée chez son oncle et sa tante en 2010 après une dizaine de signalements. Elle aurait également subi des pressions et des menaces de la part de ses parents en 2009 et 2011. Ils lui auraient demandé de ne pas raconter ce que Roland B. lui avait fait subir. 

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30 ans de réclusion criminelle

En 2018, Roland B., 65 ans, a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine pour des agressions sexuelles et des viols sur Karine Jambu. Ce dernier, qui jusqu'alors avait toujours nié les faits, a reconnu à l'audience il y a trois ans, avoir agressé sexuellement et violé entre 2002 et 2005 Karine, alors âgée de cinq à sept ans, au domicile de ses parents. Roland B. a déjà été condamné en 2007 pour viols de mineurs, dont sa propre fille, une condamnation pour laquelle il purge une peine de 18 ans de réclusion criminelle. 

Anne-Marie Jambu, mère de la victime, a été condamnée à ce même procès pour subornation de témoin à deux ans de prison avec sursis, assortie d'une obligation de soins, et le père, René Jambu, à trois ans de prison dont six mois ferme. Le couple a nié les faits durant le procès. Le père et la mère ont tout de même exprimé leurs regrets et se sont excusés de ne pas avoir assez protégé leur fille. "Je l'aime même si on ne se parle plus", avait expliqué le père. Anne-Marie Jambu avait déjà été condamnée dans les années 80 pour avoir tué de plus d'une centaine de coups de couteau son premier enfant, issu d'un viol, à la naissance.

L'avocat de la jeune femme, Me Grégory Thuan, espère obtenir de la cour d'appel de Paris "une condamnation de l’État avec des réparations à la hauteur des préjudices subis". Car si la jeune femme s'est reconstruite, le traumatisme reste présent et les manquements indélébiles.

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