Policiers brûlés à Viry-Châtillon : des peines de 6 à 18 ans de prison, huit acquittements

Policiers brûlés à Viry-Châtillon : des peines de 6 à 18 ans de prison, huit acquittements

VERDICT - La cour d'assises des mineurs de Paris a condamné, dans la nuit de samedi à dimanche, cinq des treize jeunes jugés en appel à de la prison pour l'attaque au cocktail Molotov de policiers à Viry-Châtillon en 2016. Une bagarre a éclaté lors de la lecture des peines.

Un verdict sous haute tension. Dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 avril, une bagarre a éclaté dans le box des accusés, puis dans la salle d'audience, pendant la lecture des peines du procès en appel des violences contre des policiers à Viry-Châtillon en 2016. Les forces de l'ordre sont intervenues en nombre pour rétablir le calme. L'audience a été suspendue, mais la salle n'a pas été évacuée. Au bout d'une dizaine de minutes, la sentence a pu être rendue après 14 heures de délibérations. 

La cour d'assises des mineurs de Paris a condamné en appel cinq jeunes à des peines de réclusion. Jugés à huis clos depuis le 2 mars, les condamnés ont été reconnus coupables de tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique.  Trois d'entre eux ont été condamnés à 18 ans de prison, un à 8 ans de prison et le dernier à 6 ans. Ils encouraient la réclusion criminelle à perpétuité. Les huit autres accusés ont été acquittés, provoquant la colère des avocats des victimes.

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Un "naufrage judiciaire", un "démenti total de l'enquête"

"Nous venons d'assister à un naufrage judiciaire (...) alors que l'on sait qu'il y avait 16 assaillants, on se retrouve avec cinq condamnations", a dénoncé Me Thibault de Montbrial, avocat de l'une des victimes, "effondrée", selon lui, par ce verdict. "C'est un naufrage, car au moment du verdict, le naturel a repris le dessus, une bagarre générale a éclaté, des accusés se sont pris à partie", a-t-il ajouté, expliquant n'avoir "jamais vu ça en 25 ans de cour d'assises". Au contraire des parties civiles, l'une des avocates de la défense, Me Mauger-Poliak, a salué "un soulagement", et un "démenti total de l'enquête". "C'est la fin du cauchemar judiciaire pour mon client", déjà acquitté en première instance, a pour sa part déclaré Me Arnaud Simonard.

En première instance, huit de ces jeunes avaient été reconnus coupables et condamnés à des peines allant de 10 à 20 ans de prison. Cinq autres avaient été acquittés. Le parquet général de Paris avait fait appel du verdict alors que les avocats des parties civiles avaient dénoncé des peines "qui ne tiraient pas les conclusions" de la "gravité du crime" commis sur des policiers. La cour n'a pas suivi les réquisitions de l'avocat général qui avait demandé, mardi 13 avril, un acquittement et des peines de 12 à 25 ans de réclusion criminelle pour les 12 autres accusés, âgés aujourd'hui de 21 à 26 ans.

On leur crache à la figure après les avoir brûlés- Me Laurent Franck Lienard, avocat de deux des policiers

Les 13 jeunes, âgés de 16 à 21 ans au moment des faits, étaient accusés d'avoir fait partie de la vingtaine de personnes encagoulées qui, le 8 octobre 2016, avaient pris d'assaut en pleine journée deux voitures de police stationnées à proximité du quartier de la Grande Borne, une vaste cité d'habitat social considérée comme l'une des plus sensibles d'Île-de-France. Selon l'enquête, les accusés, membres d'une bande, avaient planifié quelques jours auparavant de "niquer des keufs".

En quelques secondes, ils avaient brisé les vitres et jeté des cocktails Molotov dans les habitacles. Dans une première voiture, un adjoint de sécurité de 28 ans et une gardienne de la paix de 39 ans avaient pris feu. Le pronostic vital de l'adjoint avait été un temps engagé et il avait été plongé dans le coma pendant plusieurs semaines. Plus de quatre ans après les faits, il porte encore les marques de l'agression sur son visage. "Ces policiers qui étaient dans les voitures, on leur crache à la figure après les avoir brûlés une première fois", a dénoncé dimanche Me Laurent-Franck Lienard, avocat de deux policiers. 

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ARCHIVE - Viry-Châtillon : un an après, le désarroi des policiers

Sa collègue avait été touchée par des pierres une fois sortie de la voiture transformée en torche, alors qu'elle avait le haut du corps en flammes. "J'ai des enfants, aidez-moi !", l'avait entendu dire un de ses agresseurs présumés, qui avait confié plus tard à une amie que ça lui avait fait "un pincement au cœur". Deux agents étaient parvenus à s'extirper de l'autre voiture, alors qu'un cocktail Molotov était tombé sur la banquette arrière. Ils avaient été blessés plus légèrement.

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Disparitions inquiétantes, crimes passionnels,  ou machinations diaboliques… Découvrez les secrets des faits-divers les plus marquants. Tueurs en série, amants démoniaques, tous pensaient avoir commis le crime parfait. Mais tous, sont aujourd’hui derrière les barreaux. Qui sont ces meurtriers ? Et comment les policiers sont-ils parvenus à les confondre ? La découverte de la vérité ne tient parfois qu’à un fil… Grâce aux témoignages de tous les protagonistes, des enquêteurs aux familles des victimes, Jacques Pradel vous fait revivre ces enquêtes incroyables, riches en rebondissements et en émotions…

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