Procès du 13-Novembre : dans ses premiers mots, Abdeslam se revendique "combattant de l'État islamique"

Procès du 13-Novembre : dans ses premiers mots, Abdeslam se revendique "combattant de l'État islamique"

JUSTICE - Salah Adeslam, s'est présenté, comme les treize autres accusés, devant la cour d'assises spéciale. Dès ses premiers mots, le seul survivant du commando des attentats de Paris a revendiqué son opposition au procès et son appartenance à l'État islamique.

Il est arrivé avec les autres accusés qui comparaissaient dans le box des détenus, peu avant l'ouverture de l'audience. Vêtu d'un t-shirt noir, sa barbe noire dépassant de son masque de la même couleur, cheveux sombres mi-longs coiffés en arrière, Salah Abdeslam a discuté quelques instants avec ses avocats, Maîtres Olivia Ronen et Martin Vettes, avant de s'asseoir.

Sa prise de parole était attendue, elle restera marquante en ce premier jour du procès des attentats du 13-Novembre. S'il s'est très peu exprimé lors de l'instruction, il a dès ses premiers mots à la cour, revendiqué sa foi et son appartenance au groupe État islamique, marquant son opposition au procès qui s'est ouvert. 

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Le procès hors norme des attentats du 13-Novembre

Les accusés étant interrogés par ordre alphabétique, Salah Abdeslam est le premier à devoir décliner son identité à la cour. Il se lève alors, retire son masque et déclare : "Tout d'abord, je tiens à témoigner qu'il n'y a pas d'autre divinité qu'Allah, que Mohamed est son serviteur et son messager", paraphrasant la Chahada, la profession de foi islamique. 

Confrontation entre le principal accusé et le président

"Une manière de dire à la cour qu’il ne reconnaît pas la justice, les juges qui allaient le juger, mais aussi la justice des hommes", analyse notre journaliste LCI sur place, William Molinié. "On verra ça plus tard", répond au prévenu le président de la cour, Jean-Louis Pirrès, qui enchaîne ensuite en lui demandant l'âge et la profession de ses parents. Le principal accusé, âgé de 31 ans, refuse à nouveau de répondre : "Le nom de mon père et ma mère n'ont rien à voir dans cette histoire".

Jean-Louis Pirrès finit alors par demander à l'accusé sa profession. Placidement, Salah Abdeslam répond : "J'ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l'État islamique". "J'avais 'intérimaire' moi, comme profession", commente le président de la cour, déclenchant quelques rires parmi l'assistance.

On est traité comme des chiens ici.- Salah Abdeslam

Puis, Salah Abdeslam se met à crier dans le box :  "On est comme des chiens ici. Ça fait plus de 6 heures que je suis traité comme un chien. Ici, c’est beau, il y a des caméras, mais derrière on est traité comme des chiens", lance-t-il. Profitant ensuite du bref malaise d'un de ses co-accusés, Salah Abdeslam s'emporte, pointant du doigt le président.  "Si je ne me suis jamais plaint en 6 ans, c'est qu'après la mort, on sera ressuscité. Vous aussi vous aurez à rendre des comptes", dit-il en haussant la voix.

Pour l'avocate Géraldine Berger-Stenger, qui représente 37 parties civiles, Salah Abdeslam s'est montré "extrêmement virulent et combatif", "je ne suis pas sûre qu'il s'exprime ensuite sur le fond et qu'il apporte des éléments très importants aux victimes", a-t-elle cependant assuré.

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Après lui, les autres accusés déclinent tous leur nom, prénoms, adresse et profession. Le président décide alors de faire un propos introductif, un fait relativement rare dans le cadre d'un procès. "Notre cour d'assises a pour fonction d’examiner les charges et d’en tirer les conséquences au plan pénal, après avoir entendu la parole de chacun", a-t-il rappelé, avant d'ajouter solennellement, d'après les propos rapportés de notre journaliste sur place, Marie Belot : "Nous devons garder à l'esprit cette finalité noble afin de conserver ce cap, dans le respect des droits des uns et des autres, pour maintenir la justice dans sa dignité". 

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