Procès de la Bac Nord de Marseille : 7 policiers relaxés, du sursis pour les 11 autres

Procès de la Bac Nord de Marseille : 7 policiers relaxés, du sursis pour les 11 autres

JUSTICE - Sept des 18 policiers de la brigade anticriminalité des quartiers Nord de Marseille poursuivis pour des vols de drogue ou d'argent ont été relaxés ce jeudi. Les onze autres ont écopé de peines de deux mois à un an de prison avec sursis.

Neuf ans après les faits, le verdict est tombé ce jeudi dans le procès contre des dix-huit ex-policiers de la brigade anticriminalité (BAC) Nord de Marseille, poursuivis pour des vols de drogue ou d'argent : des peines allant jusqu'à un an de prison avec sursis ont été infligées par le tribunal correctionnel à l'encontre de onze d'entre eux. 

En revanche, sept de leurs anciens coéquipiers ont été relaxés "faute d’éléments suffisamment caractérisés". Avant de rendre son jugement, la présidente du tribunal a toutefois tenu à préciser avoir "constaté d’importants et graves dysfonctionnements dans ce service de police".

La peine la plus lourde - un an de prison avec sursis - a été infligée à Bruno Carrasco, l'un des trois chefs de groupe au sein de la Bac Nord à l'époque des faits, en 2012. Révoqué suite à cette affaire, comme deux autres prévenus, il est aujourd'hui employé au centre de vidéosurveillance de la ville d'Aubagne, près de Marseille. Après avoir écrit un livre, Sacrifié de la Bac Nord, il avait été recruté comme conseiller sur Bac Nord, le film de Cédric Jimenez consacré à cette affaire qui doit sortir sur les écrans dans les semaines à venir.

Quatre des anciens collègues de Bruno Carrasco ont été condamnés à deux mois de prison avec sursis, trois à trois mois de prison avec sursis, les trois derniers écopant respectivement de quatre, six et dix mois de prison avec sursis.

"Gangrène"

Lundi, le parquet avait requis des peines beaucoup plus sévères, allant d'un an de prison avec sursis à trois ans de prison dont six mois ferme. Au total le procureur André Ribes avait requis de la prison ferme contre dix des prévenus. 

Au cours des deux semaines du procès, ouvert le 12 avril, les 18 prévenus, accusés d'avoir volé de l'argent, mais aussi des stupéfiants et des cigarettes de contrebande aux dealers et autres revendeurs de cigarettes qu'ils contrôlaient dans les cités, ont été notamment confrontés à des heures de "sonorisations", alors qu'ils étaient écoutés à leur insu par les enquêteurs de l'IGPN, dans leurs voitures et leurs bureaux.

Dans ces sonorisations qualifiées de "sidérantes" par André Ribes, les fonctionnaires semblaient se vanter d'avoir profité d'interpellations, la plupart non-consignées par écrit, pour récupérer de l'argent ou de la drogue. A l'audience, les prévenus se sont défendus, évoquant des "gros délires".

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A l'époque des faits, le procureur de Marseille Jacques Dallest avait parlé de "gangrène", accusant les membres de la Bac Nord de se "servir sur la bête". Invités à prendre la parole après les plaidoiries de leurs avocats, les policiers s'étaient défendus une dernière fois d'être des "ripoux" mercredi, déplorant d'avoir été "traînés dans la boue".

A l'issue du verdict, les prévenus, dont 15 sont toujours policiers, ont quitté le tribunal sous les applaudissements de nombreux de leurs collègues, mais aussi du sénateur RN des Bouches-du-Rhône Stéphane Ravier.

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