Procès de Nordahl Lelandais : "Je n'ai jamais voulu le tuer. Jamais, jamais, jamais"

Procès de Nordahl Lelandais : "Je n'ai jamais voulu le tuer. Jamais, jamais, jamais"

JUSTICE – Au cinquième jour de son procès pour le meurtre d'Arthur Noyer en avril 2017, Nordahl Lelandais a répété ce qu'il affirme depuis qu'il a reconnu être à l'origine de la mort du caporal. S'il reconnait avoir donné de violents coups au jeune homme, il conteste toute intention criminelle.

C'était un moment particulièrement attendu : celui de l'interrogatoire de l'accusé. Pendant ces quelques heures, la cour comme les parties civiles espéraient obtenir des réponses aux nombreuses questions qu'ils se posaient, et pourquoi pas, de nouveaux aveux. En vain. Devant les assises de Chambéry ce vendredi, les questions insistantes se sont pourtant succédé, du président, des parties civiles, de l'accusation et même de son avocat. Mais Nordahl Lelandais, accusé du meurtre d'Arthur Noyer, n'a pas évolué d'un iota sur sa version des faits.

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"Les choses se sont-elles passées comme tu l'as dit, où tu l'as dit, pour les raisons que tu as dites ?", lui a lancé Me Alain Jakubowicz. "Je te repose la question pour la dernière fois : est-ce que tu as autre chose à dire ?" "J'ai dit ce qu'il s'est passé. Il n'y a rien de sexuel", a répondu son client, debout dans le box. "C'est votre dernier mot ?", lui avait auparavant demandé l'accusation. "C'est ce qu'il s'est passé, Madame l'avocate générale." Répondant alors à une question sur la dissimulation du corps du jeune caporal, Nordahl Lelandais avait auparavant insisté : "Je n'ai jamais voulu le tuer. Jamais, jamais, jamais."

"Je cherchais un endroit pour me débarrasser du corps"

Après la mort d’Arthur Noyer, le 12 avril 2017,  Nordahl Lelandais a raconté avoir a pris des routes différentes, des chemins. "Je cherchais un endroit pour ... [il semble hésiter] pour me débarrasser du corps... je voulais pas qu’il reste sur le parking." "Pourquoi ?", a interrogé ce matin le président de la cour d'assises, François-Xavier Manteaux. "Parce qu’il était décédé", a justifié l'accusé. "Votre but, c’était quoi ? Qu’on ne le retrouve pas ? Vous vouliez échapper à vos responsabilités ?", a insisté le président. "Exactement, Monsieur le président." 

Puis Nordahl Lelandais a étayé son propos : "Je savais que là-bas, c’était l’endroit le plus approprié pour déposer une personne... tuée. Pour qu’elle ne soit pas retrouvée. (…) J’étais dans un état de panique, j’avais bu, je venais de tuer un homme. Je n’avais pas la lucidité de faire [ce qui était le mieux]."

Vous qui êtes si maniaque avec votre voiture, prendre un homme qui risque d’y vomir...- Nordahl Lelandais

"Mais vous avez la lucidité de chercher l’endroit où il n’y a personne, la lucidité de rouler 30 km sur des routes de montagne", a relevé le président, qui a également voulu savoir pourquoi l'ancien maître chien avait pris jeune homme "en stop" ce soir-là. "Vous qui êtes si maniaque avec votre voiture, prendre un homme qui risque d’y vomir..." L'accusé lui a donné cette simple réponse : "Monsieur Arthur Noyer faisait du stop, je l’ai pris en stop. Je ne me suis pas posé ce genre de questions."

"Bien sûr que j’ai tout gâché !"

Sur le banc des parties civiles, les parents, le frère et les grands-parents d'Arthur Noyer sont restés calmes, comme depuis le début du procès, prenant des notes. Jeudi soir, ils avaient exhorté l'accusé à dire la vérité.

La vérité de Lelandais, c'est celle d'une rixe qui aurait mal tourné pour un motif futile cette nuit d'avril 2017. Pourquoi alors, dans sa version, après la bagarre, l'accusé prodigue-t-il un message cardiaque, mais n'appelle pas les secours, a demandé le président François-Xavier Manteaux. "À ce moment-là, j'aurais dû avoir un manuel d'émotions pour savoir quoi faire. Mais à ce moment-là, je ne sais plus quoi faire."

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"Le mec bien, il doit composer le numéro des services de secours. Explique !", s'est emporté Me Jakubowicz. "J'ai fait le mauvais choix", a concédé l'accusé. "Tu mets le téléphone en mode avion, comme les voyous", a poursuivi  son conseil. "Oui Nordahl, tu coupes ton téléphone, t'as complétement basculé, t'assumes pas." Ce à quoi Lelandais a rétorqué : "C'est ça."

À l'époque des faits, "tu n'es sans doute pas un homme heureux", a rappelé Me Jakubowicz. "Mais tu avais tous les éléments pour être heureux : une famille aimante, des amis que beaucoup aimeraient avoir, un certain succès avec la gent féminine... Avec aussi un sacré poil dans la main" mais a priori pas de quoi basculer dans le meurtre. "Alors qu'est-ce qui se passe ? Je veux bien l'alcool, la drogue, mais qu'est-ce qui se passe réellement ? Quoi ?"

"J'ai un peu de mal à l'expliquer. C'est un enchaînement d'événements qui fait que je me perds tout seul. Ça ne va pas à ce moment-là, j'y arrivais pas", s'est remémoré l'accusé. "Bien", a froidement répondu l'avocat. "Il faut qu'on se contente de ça ?" Seule réponse de l'ancien militaire, l'acquiescement. 

"Vous avez tout gâché Monsieur Lelandais", a alors commenté le président, obtenant ces quelques mots de l'accusé : "J’aimerais retourner en arrière. Bien sûr que j’ai tout gâché ! J’ai aussi gâché la vie d’Arthur, de ses amis."

Le verdict est attendu autour du 12 mai. 

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