Procès de Nordahl Lelandais : "Tu leur dois la vérité", lance à l'accusé une de ses amies

Procès de Nordahl Lelandais : "Tu leur dois la vérité", lance à l'accusé une de ses amies

JUSTICE - Alexandra, 44 ans, a témoigné ce mercredi après-midi au procès de Nordahl Lelandais pour le meurtre en 2017 d'Arthur Noyer. Cette amie du maître-chien lui a demandé de dire la "vérité" à la famille du caporal décédé dans la nuit du 11 au 12 avril, il y a quatre ans.

C'est un témoin sans doute clé qui est venu déposer ce mercredi à la barre devant la cour d'assises de Savoie à Chambéry. Alexandra, 44 ans, est une amie de l'accusé, Nordahl Lelandais. Ils se sont rencontrés à l'automne 2016 et sont sortis parfois le soir ensemble, avec d'autres comparses de nuit. 

La quadragénaire dit avoir fait la fête avec le maître chien quelques heures après la disparition du caporal Arthur Noyer, qui s'est volatilisé dans la nuit du 11 au 12 avril 2017. "Nordahl nous a rejoints dans un bar, on a passé une excellente soirée très festive",  raconte-t-elle à la barre glissant au passage qu'il y avait eu un peu de séduction entre eux deux. Pour elle, Nordahl Lelandais était quelqu'un de "de très sympathique", "très prévenant". Elle ajoute gênée : "C’est affreux à dire mais c'est un super gars, très agréable, très à l’écoute (...)  j’avais plaisir à le voir". 

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Le 13 avril au soir donc, Alexandra a passé la soirée avec l'ancien maître-chien et d'autres amis. A-t-elle relevé quelque chose de spécial dans le comportement de son ami. "Il était bien, il était festif, il était beau, normal, bien habillé. Il était comme toujours..." assure-t-elle à la barre. 

Le président lui demande si elle a remarqué une blessure sur le visage de son ami, qui affirme encore aujourd'hui avoir été frappé le 12 avril par le caporal Arthur Noyer qu'il avait pris en stop avant de lui asséner, selon lui, un coup - involontairement - mortel. Le témoin répond par la négative puis craque.  "Moi j’ai rien perdu dans l'histoire, j’ai juste perdu un ami". Puis elle se tourne vers l'accusé, "Ça a été assez compliqué de voir ce que tu as fait, tu leur dois la vérité Nordhal". 

L'accusé ému aux larmes

Dans le box, l'accusé âgé de 38 ans ne reste pas impassible en écoutant sa camarade de comptoirs laissant, semble-t-il, une larme perler sur sa joue.  "Alex, tu as une très bonne mémoire et tu as tout à fait raison dans tous tes propos", lance Nordahl Lelandais à son amie. "C'est pas moi qu'il faut que tu regardes", tacle Alexandra. Dans le box, l'accusé lâche  :"La vérité, je la donnerai. Mais c'est tout au long de l'instruction que je l'ai donnée. Avec les évolutions que j'ai données par la suite."

Alexandra supplie son ami : "Dis-leur ce qui s'est passé ! Tu le sais. Tes amis le savent ! Dis-leur ! Dis-leur ! Tu peux pas dire que c'était un accident. C'est pas possible, Nordahl. Pas possible ! T'étais beau, t'étais festif. Je t'ai vu quelques heures après et j'ai vu comment tu étais. Pour être aussi normal, c'est plus une carapace. Et tu le sais". 

Le Président reprend le dessus dans cet échange intense qui pourrait bien finir sur la retranscription du scénario funeste de cette nuit de printemps et lui demande de s'expliquer sur cette "carapace" . L'accusé répond :"C'est une carapace. Au fond de moi, j'étais pas heureux. J'ai essayé de montrer un comportement très lâche". 

"Vous étiez un comédien ?", interroge le président de la cour d'assises. "Non, c'était pas de la comédie, se justifie l'accusé. C'est comme l'histoire de la cocaïne, je l'ai toujours cachée. C'est pas une histoire de bien cacher les choses". 

Puis Nordahl Lelandais finit par confier que depuis cet événement tragique, depuis la mort du caporal,  ses "jours" et "ses nuits" "n'ont plus jamais été les mêmes". "Je suis désolé de dire ça, M. et Mme Noyer, parce que c'est bien pire pour vous. J'étais dans un état de sidération. La meilleure chose à faire, ça aurait été de prévenir les secours, les gendarmes. Mais à ce moment-là, je ne savais pas quoi faire. Je ne savais plus quoi faire. Je voulais pas montrer à mes amis que j'allais pas bien", continue-t-il. 

Me Jakubowicz, avocat de Nordahl Lelandais lui demande alors pourquoi être allé à ce dîner, s'il était si bouleversé,  "36 heures après les faits" ? "J'avais besoin de mes amis, de reprendre une vie normale", répète plusieurs fois l'homme debout dans le box. 

"Je n'arrive pas à le voir comme un monstre"

Bouleversée par l'acte irréversible de son ami, Alexandra intervient à nouveau au milieu de cet échange entre la robe noire et son client. Elle s'excuse  auprès de la cour et des parties civiles avant de partager ses sentiments à l'égard du trentenaire dans le box. "Mon cerveau n'arrive pas à le voir comme il est réellement (elle se tourne vers la famille Noyer). Pardon pour mes propos mais je n'arrive pas à le voir comme un monstre. Quand je parle de lui, je n'arrive pas à le voir comme un monstre.  Mon cerveau, il est bloqué sur le Nordahl qui n'est pas un monstre". 

Me Jakubowicz lui demande ce qu'elle ressentirait s'il "en était pas un?" "Ça, c'est à vous de le prouver, pas à moi", estime la quadragénaire. 

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L'avocat de la défense la relance : "Vous avez dit : 'Dis la vérité, nous on la connaît'. Quelle est-elle ?"  Le témoin : "Je me mets à sa place. Une dispute, les coups pleuvent, je tue (thèse de l'homicide involontaire). Dans ce cas, je suis pas sûre qu'on peut passer à autre chose 36 heures après." Me Jakubowicz continue : "Et le fait qu'il se rende à cette soirée, ce n'est pas un message. Le 'j'ai besoin d'eux !'?

"Je n'y crois pas une seconde", affirme le témoin. Puis tournée vers l'accusée, Alexandra lui lance : "Tu avais besoin de lumière. Tu avais besoin de briller. Et tu as choisi une bien drôle façon de le faire." Ces derniers mots seront ceux-là. Elle quitte la salle d'audience. 

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