Procès des attentats du 13-Novembre : deux vidéos projetées à la demande d'enquêteurs de la DGSI sèment l'effroi

Procès des attentats du 13-Novembre : deux vidéos projetées à la demande d'enquêteurs de la DGSI sèment l'effroi

JUSTICE – Deux enquêteurs de la DGSI ont évoqué ce jeudi l'activité en zone irako-syrienne des terroristes et de certains accusés. Pour illustrer leur propos, ils ont fait projeter deux vidéos "insoutenables".

Ils se sont succédé, non pas à la barre ce jeudi, mais derrière un écran, en ombres chinoises floutées. Au procès des attentats du 13 novembre 2015, les enquêteurs anonymisés "948SI" et "1310SI" sont revenus sur l'activité en zone irako-syrienne des accusés présents ou sous mandat d'arrêt et sur celle de plusieurs terroristes du commando du 13-11-15. 

Ces policiers de la DGSI, exhaustifs dans leur exposé, ont souhaité, avec l'accord du président, illustrer leur propos par deux vidéos ayant tétanisé la salle. 

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Le procès hors norme des attentats du 13-Novembre

L'enquêteur "948SI" détaille le parcours de l'accusé Osama Krayem, qui aurait rencontré Oussama Atar et Mohamed Al-Adnani. "L'enquête montre qu'en janvier 2015, Krayem est présent lors de l'exécution du pilote jordanien Maaz al Kassasbeh capturé par l’État Islamique et brûlé vif, le 3 janvier 2015. Dans des conversations Facebook de Krayem dit à son frère et sa sœur sur Facebook qu'il est, aux côtés de combattant de l'EI, sur la vidéo où "un homme est grillé". Et demande que soient projetées ces terribles images.

Le président fait un avertissement, plusieurs personnes quittent la salle. "Bien sûr, on ne voit pas la longue agonie du pilote", précise l'enquêteur. La vidéo est lancée, l'enquêteur "948SI" décrit les images : "Le pilote prend connaissance des dégâts qu'il a causés. On voit derrière le pilote des combattants de l'État islamique. Parmi eux, Osama Krayem". 

Depuis le box, l'accusé dont le nom vient d'être prononcé par l'enquêteur fixe les images. "Le pilote Maaz al-Kassasbeh apparait dans une cage, est aspergé d'un liquide. Un combattant arrive avec une torche. Le feu est allumé", continue l'enquêteur "948SI" dans une salle glacée par l'effroi. Le corps du pilote est carbonisé. La cage dans laquelle il se trouvait est écrasée par un engin. La scène de l'exécution est insoutenable.

"Krayem reconnait qu'il était présent lors de cette exécution. Il apparait en tant que garde qui encadre l'exécution. Cela laisse sous-entendre qu'il faisait partie de la Liwa As Saadiq" insiste l'enquêteur. Ce dernier avait expliqué plus tôt que la "Liwa as Saddiq", était une brigade de "soldats d'élite" fondée début 2014 par le numéro 2 de l'État islamique de l'époque, Abou Mohammad Al-Adnani, et chargée de la gestion des otages étrangers et d'autres "missions sensibles". L'accusé dans le box a toujours contesté avoir fait partie de cette unité d'élite.

Abaaoud dans son pick-up trainant des cadavres

L'enquêtrice "1310SI" prend, à son tour, la parole pour aborder notamment  la "montée en puissance" d'Abdelhamid Abaaoud en Syrie.  Elle évoque notamment plusieurs vidéos et photos saisies dans son téléphone. "Les images illustrent le quotidien barbare du groupe. Plusieurs fichiers du 12-02-2014 témoignent des massacres perpétrés à Hraytan", commente-t-elle. "J'en viens à la tristement célèbre vidéo du pick-up, retrouvé dans le portable d'Abaaoud et tourné à Hraytan le 12 février 2014, le jour du massacre", poursuit-elle demandant, elle aussi, une projection sur grand écran. Cette fois, personne ne quitte la salle d'audience, mais l'effroi reste le même. 

Sur les images Abdelhamid Abaaoud, alors combattant de l'Etat islamique et qui deviendra le chef opérationnel présumé des attentats du 13-Novembre, lance tout sourire, au volant du véhicule  : "Avant, on tractait (…) des grosses remorques remplies de bagages (…) pour aller en vacances (…) Maintenant, on tracte (…) les kouffars". Le pick-up se met à. rouler, derrière lui, trainés au sol, une dizaine de cadavres. Ses comparses hilares l'encouragent dans son macabre geste : "tire, mon frère, tire ces kouffars, regarde celui-là avec sa tête de Schtroumpf. Les corps sans vie seront débarqués dans un champ, quelques minutes plus tard.

Après l'audience, nous avons interrogé plusieurs parties civiles sur la nécessité de voir de telles images ont des avis divergents. "Montrer cela, c'est faire plaisir aux accusés, comme lorsqu'il a été question de montrer les images du Bataclan avec des cadavres au sol", confie l'une d'elle. Une autre n'est pas de cet avis : "Si on ne montre pas de quoi sont capables ces monstres, alors, ce procès n'a pas de sens. Et si l'on connaît pour la plupart ces images, jamais les extraits de ces vidéos n'avaient été visionnés aussi longuement. Aujourd'hui, on a vu l'horreur".

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