Procès des attentats du 13-Novembre : "M. Abdeslam, vous avez eu 5 ans pour vous expliquer"

Procès des attentats du 13-Novembre : "M. Abdeslam, vous avez eu 5 ans pour vous expliquer"

JUSTICE - Au deuxième jour du procès des attentats du 13-Novembre, Salah Abdeslam s'est de nouveau fait remarquer par des propos peu appropriés au regard de ce sur quoi se penchait la cour ce jeudi. Le président Jean-Louis Périès a fini par le stopper.

Il est tout d'un coup sorti de ses gonds, se levant dans le box et est parti dans une logorrhée bien à l'encontre de son mutisme affiché au cours de son procès à Bruxelles en 2018. Ce jeudi, comme il l'avait fait mercredi à l'ouverture du procès, Salah Abdeslam s'est fait remarquer en tenant des propos bien loin des sujets qui préoccupait la cour ce jour. 

Ainsi, alors que la cour d'assises spéciale se penchait sur la question de la recevabilité de partie civile de personnes morales et sur le moment où celle-ci devrait être abordé, l'accusé a pris la parole, visiblement excédé d'entendre parler de ce qu'il considère sans doute au regard de son comportement comme de prétendu victime. 

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Le procès hors norme des attentats du 13-Novembre

"Et les victimes qu'il y eu en Syrie et en Irak, est-ce qu'ils pourront eux (sic) prendre la parole. La sagesse veut qu'on donne une punition à un homme après l'avoir jugé et pas avant", lance l'accusé derrière son masque duquel dépasse une barbe fournie. Et de poursuivre : "En principe, on est présumé innocent avant d'être jugé. Pourquoi subit-on une sanction alors qu'on n'a pas été jugé. Même si je cautionne pas votre justice. Il y a d'autres victimes. À Molenbeek..." Le président tente de le stopper. En vain...  

"Ils ne savaient rien du tout"

Vêtu d'un sweat noir et blanc et d'un pantalon noir, Salah Abdeslam continue, bien décidé se faire entendre. "Ne soyez pas égoïste M. le président. Il y a d'autres personnes ici qui veulent m'écouter. À Molenbeek, il y a beaucoup de générosité. Parmi ces gens-là, il y a Mohammed Amri, Ali Oulkadi et Hamza Attou, qui m'ont rendu service et ils ne savaient rien du tout." Il enchaîne : "Ils m'ont déposé à tel endroit par générosité sans rien demander, aujourd'hui ils sont en prison , depuis six ans(Les deux derniers sont sous contrôle judiciaire et comparaissent libres ndlr), ils  n'ont rien fait." Le franco-Marocain veut ainsi mettre hors de cause trois des co-accusés à ce procès, dont deux, sous contrôle judiciaire, comparaissent libres. 

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"M. Abdeslam nous verrons ça ultérieurement", interrompt à nouveau le président qui coupe le micro de l'accusé pour mettre fin à ces outrances. "Je vous rappelle que vous avez eu cinq ans pour vous expliquer et vous n'avez pas voulu le faire. J'entends aujourd'hui que vous allez parler mais ça n'est pas le moment. Là nous sommes dans un débat technique et juridique." Jean-Louis Périès fait finalement le choix de suspendre l'audience. Celle-ci a repris une vingtaine de minutes plus tard, dans le calme. 

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