Procès des attentats du 13-Novembre : "Vous allez finir en prison... et après en enfer"

Procès des attentats du 13-Novembre : "Vous allez finir en prison... et après en enfer"

JUSTICE – Les auditions des victimes directes ou indirect de l'attentat du Bataclan se poursuivent devant la cour d'assises spéciale de Paris. Parmi elle, celle de Lahssen, dont le frère Djalal est mort le 13-Novembre 2015 dans le 11e arrondissement.

Contrairement à ce qui était annoncé, il n'a pas eu besoin d'un interprète pour déposer. Et c'est dans un français presque parfait, teinté d'un accent, qu'il s'est exprimé ce mercredi. 

Lahssen a perdu son frère Djalal, 31 ans, le 13 novembre 2015. Les deux hommes s'étaient installés en France "après avoir fait des démarches pour obtenir des papiers et travailler". "Le 13 novembre 2015, vers 20h30, on était ensemble, on a mangé  chez mes parents. Djalal part de chez mes parents à Gagny pour aller travailler dans le 95 avant de se faire tuer par ces terroristes !" lâche la partie civile  alors qu'une photo de Djalal est projetée sur l'écran géant de la salle d'audience. 

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Le procès hors norme des attentats du 13-Novembre

"Djalal ne me répond plus au téléphone"

Lahssen précise que lui et son frère étaient boulangers-pâtissiers. Ce vendredi 13 novembre 2015, après ce dîner en famille, Djalal a pris le RER E pour se balader à Paris. Il devait prendre ensuite un autre train à la gare du Nord direction le Val-d’Oise où il vit et pour se rendre à la boulangerie le lendemain. "Depuis ce jour-là on n’a rien compris", explique le jeune homme vêtu de noir, barbe, moustache et cheveux courts et brun foncé. 

Le samedi 14 novembre, quand il rentre du travail, Lahssen raconte qu'il trouve sa "maman pas bien". "Elle arrivait pas à joindre mon frère, elle m'a dit que je devais partir le chercher. Djalal ne me répond plus au téléphone. Je suis parti au commissariat, j'ai expliqué. Mon père qui a 83 ans était déjà parti chercher mon frère dans le 95 tout seul". Mais Djalal n'est pas chez lui. Lahssen et sa famille apprendront par la suite que Djalal est mort.

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" Mon islam est une religion d'amour"

Depuis la perte de son frère qu'il considérait aussi comme "un ami", Lahssen est "dégouté". Pour lui, mais aussi "pour ses parents aussi qui ne vont pas bien". "Depuis la mort de Djalal, notre mère n'est plus la même, elle croit le voir quand elle regarde la télé, elle ne sort plus beaucoup".  "J'aimerais bien savoir si les gens-là dans le box, ils ont des contacts avec leurs amis décédés. Ils sont paradis ? Je ne crois pas", s'exclame-t-il.  

Puis il ajoute : "Comme a dit une autre partie civile ici, vous n'êtes rien sans vos armes. Quelqu'un qui prend une mitraillette et qui tue les gens n'importe comment, je comprends pas. Moi, je suis musulman, je ne suis pas pratiquant. Mais l'islam c'est l'amour." 

Pendant que Lahssen parle, les écrans de la salle d'audience montrent le box ds accusés. Ils semblent indifférents. Aucun d'eux ne regarde le témoin.

Lahssen répète que quand il est arrivé en France avec son frère, ils ont fait "toutes les démarches" pour avoir des papiers, travailler, faire un métier, boulanger-pâtissier. Il précise qu'en arrivant lui et son frère ne parlaient "pas un mot de français". 

"Pour moi c'est pas des êtres humains "

"Je suis musulman, l'islam c'est pas ça chez nous. Vous avez grandi en Europe, bien habillés. Vous êtes allés en boite de nuit, vous avez bu de l'alcool. Ils font n'importe quoi et après ils viennent nous dire qu'ils sont musulmans !" s'agace-t-il 

"Moi je viens d'Algérie. Je préfère ma situation que votre situation. Vous allez finir votre vie en prison et après en enfer.

Vous, vous avez eu de la chance. Vous avez eu de l’argent et tout et après vous faites des conneries", poursuit Lahssen. "Tout à l'heure, une maman racontait qu'elle était triste d'avoir perdu son fils. Et les accusés  pendant ce temps buvaient de l'eau. Boire de l’eau devant des gens qui souffrent, qui pleurent ? Pour moi, c'est pas des êtres humains, comme l'a soutenu une partie civile, c'est des animaux. Voilà, je m'arrête là sinon je ne m'arrête jamais", conclut la partie civile. Sous le coup de l'émotion, sans doute, Lahssen a oublié de préciser comment Djalal était mort.

"Votre frère est a été tué alors qu'il passait devant le Bataclan", rappelle le président alors que tout le monde s'interroge sur les circonstances du décès du trentenaire. "Oui "répond simplement Lahssen, la voix pleine de tristesse. 

Le corps de Djalal a été rapatrié en Algérie puis enterré au cimetière d' Aïn Touila,  sa ville natale.

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